Au-delà des mers lointaines

Publié le 28 mai 2013, mis à jour le 29 mai 2013

Hors d’Europe, les Bleus n’ont visité que dix-neuf pays sur quatre continents depuis 1904. Avant la tournée sud-américaine, tour d’horizon des destinations exotiques. Embarquement immédiat.

Longtemps les Bleus n’ont pas été voyageurs. Et pour cause : au début du siècle dernier, un Paris-Bruxelles était déjà une expédition : lors du premier match de l’histoire, le 1er mai 1904, il fallait pas moins de dix heures de train pour rallier la Belgique depuis la gare du Nord. Soit un peu moins de la moitié du temps de trajet pour aller en Australie en 2001...

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Autant dire que les premières décennies, les matches à l’extérieur se limitaient aux pays limitrophes (Belgique, Suisse, Italie, Angleterre). Et encore : le déplacement à Milan en mai 1910 avait duré seize heures, avec une arrivée en Lombardie à 5 heures du matin le jour du match (disputé sur terre battue, avec logiquement un score de tennis, 6-2 pour l’Italie). Quatre ans plus tard, à quelques mois du premier conflit mondial, les Bleus s’offraient une tournée... en Europe centrale, à Budapest.

Il faudra attendre la coupe du monde 1930 pour voir enfin l’équipe de France quitter le continent européen. Ce premier voyage transatlantique, dans l’hémisphère sud qui plus est, fait désormais partie de la légende tricolore : quinze jours de bateau (aller) en direction de Montevidéo avec les équipes de Belgique et de Roumanie. Au programme, gymnastique sur le pont du Conte Verde. La compétition n’a duré que six jours, le voyage deux mois (avec trois matches amicaux non officiels contre le Nacional de Montevideo, Santos et le Brésil). Mais les voyages forment la jeunesse, et Lucien Laurent en a profité pour entrer dans l’histoire en tant que premier buteur de la coupe du monde (face au Mexique, sous la neige !).

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En juin 1930 à bord du Conte Verde : quinze jours de navigation entre la France et l’Uruguay.

Après cette aventure sud-américaine, les Bleus ne mettront plus un orteil hors d’Europe pendant quarante ans. Forfaits pour le Mondial 1950 au Brésil, non qualifiés pour le Chili en 1962 et le Mexique en 1970, les Français participeront à une tournée en Argentine en janvier 1971 et à la coupe de l’Indépendance au Brésil à l’été 1972. Les seventies seront décidément américaines avec une autre tournée en juin 1977 (Argentine et Brésil), le Mundial argentin en juin 1978 [1] et un déplacement à New York en mai 1979.

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Le 24 mai 1978, les Bleus prennent le Concorde, direction Buenos Aires.

A côté de cette frénésie de voyages, les années 80 marqueront un retour à la maison. Il y a eu bien sûr le Mundial 1986 au Mexique, mais à part ça, il faut bien chercher dans les coins un amical à Tel-Aviv contre Israël (intégré à la zone Europe, mais joué au Proche-Orient) à l’hiver 1988.

Les années 90 ne seront guère plus prolifiques, avec cependant la découverte du Japon en juin 1994 et plusieurs déplacements au Moyen-Orient (Koweït en janvier 1990), en Israël encore (1993 et 1995), en Turquie (1994) ou en Arménie (1999). A noter aussi le premier (court) voyage en Afrique, au Maroc pour préparer la coupe du monde 1998.

Les 19 destinations hors de l'Europe
Les 19 destinations hors de l’Europe
L’épaisseur du trait est proportionnelle au nombre de matches disputés dans chaque pays.
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Ce n’est que dans les années 2000 que les Bleus ont explosé le bilan carbone. Une fois champions du monde (puis d’Europe), les coéquipiers de Zidane sillonnent soudain la planète : Maroc et Afrique du Sud en 2000, Corée du Sud, Japon, Australie et Chili en 2001, Corée du sud et Tunisie en 2002, le tout en à peine deux ans. Les Bleus testent le concept de voyage-éclair : que ce soit à Johannesbourg, à Melbourne ou à Santiago, ils passent à peine plus de temps sur place que dans l’avion, parfois même, comme en novembre 2001, entre deux tours de Ligue des Champions. Ce voyage à Melbourne crée d’ailleurs une polémique, pas uniquement en raison des attentats du 11 septembre qui ont lourdement perturbé le traffic aérien mondial deux mois plus tôt. La FFF a affrété un Boeing 747 spécialement aménagé pour six millions de francs (environ un million d’euros). Une délégation d’une trentaine de personnes accompagnent les vingt joueurs qui bénéficient d’une salle de massage et d’une autre de jeux. Il faut bien ça pour cinquante heures d’avion en quatre jours !

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En novembre 2001, le déplacement de tous les records à Melbourne (16 800 kilomètres).

La perte du titre mondial entraîne la fin de la folie des grandeurs et une certaine relocalisation : jusqu’au mondial sud-africain, l’équipe de France ne sort plus que deux fois d’Europe, pour aller jouer en Israël et en Guadeloupe en 2005, premier déplacement dans les DOM-TOM. La bougeotte reprend en 2010 avec un amical en Tunisie, un autre à la Réunion et la funeste coupe du monde en Afrique du Sud. Et depuis, plus rien, jusqu’à cette tournée sud-américaine de juin, prélude on l’espère à un autre traversée de l’Atlantique sud, l’an prochain.

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Fin juin 2010, avant le dernier match contre l’Afrique du Sud, les Bleus sont dans l’avion. Les vacances sont toutes proches.

[1les Bleus voyagent en Concorde, en service depuis deux ans. Avec une escale à Dakar, le vol dure un peu plus de sept heures. Quarante-huit ans après le Mondial en Uruguay, la durée du voyage a donc été divisée par quarante-cinq !

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