Benzema libère le numéro 10

Publié le 14 avril 2016, mis à jour le 15 avril 2016

On ne sait pas encore qui sera dans la liste des 23 pour l’Euro, mais une chose est sûre : Karim Benzema n’y sera pas. En attendant un éventuel retour à l’automne, flash-back sur neuf ans de carrière en Bleu avec un peu plus de bas que de hauts.

C’est donc sans son joueur le plus capé (81 sélections) et sans son meilleur buteur (27 buts) que l’équipe de France partira à l’Euro. Sans son numéro 10 aussi, numéro que pourraient récupérer Paul Pogba (qui le porte à la Juventus) ou Dimitri Payet. Le cas Benzema évoque bien entendu ceux d’Eric Cantona et de David Ginola, non retenus par Aimé Jacquet pour l’Euro 1996 alors qu’ils brillaient en club avec Manchester United et Newcastle. Ou de Patrick Vieira, qui a longtemps espéré participer à la coupe du monde 2010 alors qu’il était le joueur français le plus expérimenté après Thierry Henry.

Plus anecdotiquement, on remarque que l’attaquant du Real Madrid plafonne exactement au même niveau que Franck Ribéry dont la carrière internationale s’est achevée, il y a deux ans, après sa 81ème sélection. Manuel Amoros et Youri Djorkaeff ont-ils pratiqué le vaudou pour ne pas être rejoints au classement ? En attendant, et sans préjuger de quoi l’avenir sera fait (la suspension ne concerne que l’Euro, elle n’est pas définitive et le suspendu n’a que 28 ans), on peut déjà esquisser les contours de l’apport de Karim Benzema à l’équipe de France.

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Génération précoce

Appelé en sélection à 19 ans et 3 mois en mars 2007 face à l’Autriche, Benzema a longtemps été remarquable par sa précocité. Ils ne sont guère plus d’une quarantaine de joueurs à avoir débuté avant leur vingtième anniversaire [1], et lui a même signé ses débuts par un but.

S’il a été retenu par Raymond Domenech à l’Euro 2008 en Suisse aux côtés de Samir Nasri, il n’y brille pas : il joue 78 minutes contre la Roumanie (0-0), ne sera pas appelé contre les Pays-Bas et ne touchera pas beaucoup le ballon contre l’Italie (0-2). En 2010, il ne fait pas partie du voyage en Afrique du Sud alors que le sélectionneur n’a plus fait appel à lui depuis octobre 2009.

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En décembre 2010, il affiche pourtant des temps de passage si élevés qu’il est alors le plus précoce de l’Histoire des Bleus à son âge, avec 32 sélections et 11 buts marqués, loin devant Nicolas Anelka (27 capes, 6 buts), Manuel Amoros (26 sélections), David Trezeguet (25 apparitions, 11 buts) et Thierry Henry (22 capes, 8 buts). [2]

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Passage à vide

Laurent Blanc le titularise en pointe à l’Euro 2012, mais que ce soit contre l’Angleterre, l’Ukraine, la Suède ou l’Espagne, Benzema ne trouve toujours pas le chemin des filets. Alors qu’il trouve ses marques en club au Real, il traverse une phase très difficile en sélection [3] avec aucun but inscrit en 15 matches entre juin 2012 et octobre 2013. Tout semble s’arranger au printemps 2014 avec la conquête de la Ligue des Champions [4] et la coupe du monde 2014, où il marque trois buts en deux matches (Honduras et Suisse) alors que qu’il manque un pénalty, voit un quatrième but attribué au gardien hondurien et un cinquième annulé parce que l’arbitre avait sifflé avant le tir. Mais son rendement va à nouveau caler lors des trois matches suivants, alors que d’autres solutions auraient pu être retenues par Didier Deschamps.

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Depuis, son apport en sélection est anecdotique : trois buts en treize matches, contre le Portugal en octobre 2014 et l’Arménie (doublé) un an plus tard, en octobre 2015, et deux passes décisives lors des mêmes rencontres. Sans oublier un deuxième pénalty manqué, contre la Suède en novembre 2014. Sans lui, les Bleus ont battu le Danemark (2-1), l’Allemagne (2-0), les Pays-Bas (3-2) et la Russie (4-2), avec des prestations abouties d’Olivier Giroud (4 buts), André-Pierre Gignac (2 buts), Antoine Griezmann et Dimitri Payet (un but, une passe décisive), Anthony Martial (2 passes décisives) et Kingsley Coman (1 but).

Les Bleus se sont-ils affaiblis en se passant de leur meilleur buteur ? On ne le saura qu’au terme de l’Euro. En choisissant de privilégier la cohésion du groupe plutôt que le talent individuel, Noël Le Graët et Didier Deschamps se sont mis dans les pas d’Aimé Jacquet il y a vingt ans, lors d’un Euro sans Ginola et Cantona où l’équipe de France aura brillé par sa solidité défensive et sa stérilité en attaque.

A paraître le 8 novembre

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