Comment Deschamps utilise les matchs de préparation

Publié le 28 mai 2018, mis à jour le 29 mai 2018

Trois en 2014, deux en 2016, encore trois cette année : les rencontres amicales avant une phase finale ont plusieurs objectifs : mettre en place une tactique, tester les remplaçants, associer des joueurs...

A quoi servent ces matchs amicaux disputés quelques semaines avant une phase finale mondiale ou européenne ? Pas à obtenir des résultats, évidemment. Pas non plus à retenir ou écarter des joueurs, puisque la liste est déjà faite. A tester différentes options tactiques ? A donner du temps de jeu à des éléments qui joueront peu ou pas du tout ? Ou au contraire à rôder l’équipe qui débutera le tournoi, sachant que ce ne sera pas forcément la même que celle qui disputera l’ultime rencontre ?

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Pour le savoir, j’ai regardé comment a varié l’équipe de France lors des trois matchs de préparation à la Coupe du monde 2014 et durant les deux rencontres amicales avant l’Euro 2016. Et ce, en détaillant d’abord la composition de l’équipe au coup d’envoi, puis en la comparant avec celle qui a fini le match, sachant qu’il y a généralement cinq à six changements.

Enfin, l’ensemble de ces rotations seront mises en regard avec la composition au coup d’envoi du premier match du premier tour (contre le Honduras en 2014, la Roumanie en 2016) et du dernier match du tournoi (le quart de finale face à l’Allemagne en 2014, la finale contre le Portugal en 2016).

2014 : beaucoup de changements avant, stabilité ensuite

Contre la Norvège le 27 mai, Deschamps aligne au coup d’envoi ce qui ressemble déjà à son équipe-type, à l’exception de Lloris, remplacé par Ruffier, et de Benzema et Varane, retenus avec le Real Madrid pour la finale de la Ligue des Champions. Giroud et Koscielny les remplacent. En deuxième mi-temps, il change tout son milieu de terrain ainsi que les deux attaquants excentrés et le latéral gauche. Aucun de ceux-là n’aura de temps de jeu significatif au Brésil.

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Le 1er juin à Nice face au Paraguay, toujours pas de Varane et de Benzema. Rémy et Sagna sont alignés au départ à la place de Griezmann et Debuchy. Les cinq changements après la pause sont à peu près les mêmes qu’au match précédent, sauf que Pogba ne sort pas et que c’est Mangala qui supplée Sakho.

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Enfin, le 8 juin à Lille, Deschamps aligne sa défense-type, tente Sissoko en milieu droit à la place de Pogba et associe Benzema et Giroud en pointe. En deuxième mi-temps, il change ses trois joueurs offensifs, fait monter Sissoko d’un cran et teste Scheiderlin aux côtés de Mavuba et Pogba, Sagna suppléant Debuchy dans le couloir droit.

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Le plus étonnant, au Brésil, c’est que la composition des Bleus contre le Honduras est exactement la même que celle, trois semaines plus tard, à Rio face à l’Allemagne. Cette composition n’a jamais été alignée lors des trois matchs de compétition, même si le France-Norvège s’en est le plus approché.

Entre temps, Koscielny a remplacé plusieurs fois Sakho en cours de match, Sissoko a suppléé Pogba, Digne et Schneiderlin ont joué les utilités contre l’Equateur et Giroud a été associé deux fois à Benzema, partageant son temps de jeu avec Griezmann.

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2016 : à la recherche de la bonne formule

Deux amicaux seulement sont organisés au printemps 2016. Le 4 juin face au Cameroun, Deschamps a sa défense de l’Euro, compte tenu du forfait de Varane remplacé par Adil Rami. Au milieu, Lassana Diarra, qui sera bientôt forfait, est titulaire plutôt que N’Golo Kanté alors que Coman profite de la finale de Ligue des Champions qui mobilise Griezmann. Après la pause, quatre changements seulement sont effectués, avec Gignac en pointe, Cabaye et Kanté au milieu et Sissoko à droite.

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Le 10 juin contre l’Ecosse, c’est presque l’équipe du premier tour qui est alignée d’entrée, Coman débutant à la place de Griezmann. L’attaquant de l’Atlético rentre en deuxième période, comme cinq de ceux qui partent comme remplaçants potentiels : Digne à la place d’Evra, Cabaye pour Kanté, Sissoko pour Pogba, Gignac pour Giroud et Martial pour Payet.

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Lorsque l’Euro commence, face à la Roumanie, Adil Rami est associé à Laurent Koscielny en défense centrale, et N’Golo Kanté est placé en sentinelle devant eux. Un mois plus tard contre le Portugal, Samuel Umtiti occupe l’axe gauche de la défense centrale, Rami est retourné sur le banc, où il a rejoint Kanté. Moussa Sissoko est devenu entre temps le troisième homme du milieu de terrain, alors que Antoine Griezmann s’est replacé dans l’axe, derrière Giroud.

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Dans les années 80, des matchs d’entraînement non-officiels

Il y a une trentaine d’années, les Bleus préparaient une Coupe du monde loin des caméras, contre des équipes de club ou non affiliées à la FIFA, pour des matchs d’entraînement qui ne comptaient pas pour une sélection et n’étaient pas répertoriés en tant que rencontre officielle. En 1982, ils avaient ainsi battu (petitement) deux fois le Andorra FC pendant leur stage d’altitude à Font-Romeu, 2-1 et 2-0, avant d’aller affronter la Real Sociedad à Saint-Sébastien (3-1).

En 1984, avant un amical officiel à Marseille contre l’Ecosse (2-0), les Bleus avaient à nouveau battu deux fois le FC Andorra (9-0 et 5-1) à Font Romeu et à Andorre. Enfin, en 1986, ils s’étaient préparés au Mexique, à Tlaxcala, contre le Guatemala (8-1), les U20 du Mexique (1-1) et les Pumas de la UNAM (0-2).

A paraître le 14 novembre

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