Histoire des France-Espagne (2) : le bilan s’équilibre

Publié le 8 avril 2013

Renforcés par Kopa, Fontaine, Vincent et Piantoni, les Bleus font des misères aux Espagnols, avant de disparaître dans le néant des sixties et de reprendre pied avec Hidalgo. La saga continue (1955-1983).

Après une première partie calamiteuse, le rapport de forces s’équilibre entre Français qui s’appuient sur la grande équipe de Reims et Espagnols issus du légendaire Real. En onze rencontres, toutes amicales, disputées entre 1955 et 1983, les Bleus gagnent trois fois, les Rouges aussi, et font cinq fois match nul.

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Quand Kopa fait son numéro à Chamartin

Le premier match de Kopa contre l’Espagne marque le début d’une ère nouvelle. Le 17 mars 1955 à Madrid au stade Chamartin, l’équipe de France entraînée par Albert Batteux, par ailleurs coach du Stade de Reims, réalise un véritable exploit en s’imposant 2-1 face à une sélection marquée par le grand Real Madrid qui allait dominer l’Europe. Et encore, le score reflète mal la domination française après un but précoce de Gainza (11e). Kopa égalise sur un service de Mahjoub, marque un deuxième but refusé pour hors-jeu alors que Jean Vincent avait centré sur la ligne de sortie de but, et lance Glovacki qui centre sur Vincent pour le but de la victoire (73e, 2-1). A la 88e, Mahjoub aurait dû bénéficier d’un pénalty que l’arbitre italien, M. Orlandini, n’accorde pas. Un an plus tard, Kopa était recruté par le Real Madrid où il passera trois saisons. Pour l’anecdote, l’ancien sélectionneur Gabriel Hanot avait écrit le jour du match dans l’Equipe qu’une défaite par quatre buts d’écart serait normale, et qu’une victoire était impossible. Bien vu...

Fontaine en direct à la télé

Le 13 mars 1958, les Bleus retrouvent l’Espagne en match amical au Parc des Princes pour préparer la coupe du monde 1958. L’Espagne n’est pas qualifiée, battue par l’Ecosse en phase éliminatoire. Le match est télévisé en direct, et les Bleus privés de Kopa (le Real ne le libérant pas pour les matches amicaux) font bonne figure face à une Roja renforcée par le Tchèque Ladislao Kubala et l’Argentin Alfredo Di Stefano. Just Fontaine ne fait pas bonne impression en attaque, mais c’est pourtant lui qui égalise après la pause alors que l’Espagne mène 1-0. Il est probable que sans ce but, Fontaine n’aurait pas été retenu dans le groupe pour la Suède. Piantoni égalise à nouveau après le but de Luis Suarez, et les deux équipes se quittent pour la première fois sur un match nul (2-2).

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Alfredo Di Stefano, argentin naturalisé espagnol, aura joué quatre fois contre la France entre 1958 et 1961.

L’apogée des géants de 58

C’est une équipe française en grande forme qui accueille l’Espagne le 17 décembre 1959 : elle vient de passer dix buts en deux matches face au Portugal (5-3) et à l’Autriche (5-2), dont six de Just Fontaine. Le match est organisé au profit des sinistrés de Fréjus, où la rupture du barrage de Malpasset a provoqué près de cinq cents morts et disparus au début du mois. Cette fois-ci, Raymond Kopa joue car il a rejoint le Stade de Reims cinq mois plus tôt. C’est aussi le dernier match international de Roger Marche, 35 ans et 63 sélections. Alors que les Bleus mènent 3-1 (trois passes décisives de Kopa au profit de Lucien Muller, Just Fontaine et Jean Vincent), Marche réussit un lob victorieux de près et marque son premier but en sélection. Les Espagnols reviennent en fin de rencontre, mais l’équipe de France remporte un beau succès (4-3). C’est l’apothéose de la génération 58, qui va se déliter dans les mois suivants avec la très grave blessure de Fontaine.

France-Espagne 1959 (4-3), sans le son mais en images

Le début des années sombres

Raymond Kopa est toujours là le 2 avril 1961 à Madrid, mais l’équipe de France n’a plus grand chose à voir avec celle de 59. Il ne joue d’ailleurs qu’une demi-heure, se blesse à la cheville et sort. Avant que son remplaçant, René Ferrier, ne rentre sur la pelouse, les Espagnols profitent de leur supériorité numérique pour ouvrir le score (30e). Même scénario en deuxième mi-temps : les défenseurs Marcel et Bieganski se heurtent de la tête, et pendant qu’on soigne le second sur la touche, Gento double la mise (0-2). Il ne reste plus qu’une année de carrière internationale à Raymond Kopa, dont le départ marque le début du grand tunnel des années 60. Le ballon d’or français sera absent de la revanche disputée le 10 décembre 1961 à Colombes, et conclue sur un nul (1-1) sans relief. Six jours plus tard, les Bleus sont éliminés de la coupe du monde 1962 après avoir perdu un match d’appui à Milan contre la Bulgarie (0-1). Plus dure sera la chute.

Le seul 0-0 de l’histoire

En janvier 1963, alors que l’entraîneur Georges Verriest a écarté Raymond Kopa de la sélection, l’Espagne et la France se séparent sur un triste 0-0 au Camp Nou de Barcelone, le premier match sans but (et le seul pour l’instant) de l’histoire des confrontations franco-espagnoles. Les deux équipes se retrouvent à Lyon le 17 octobre 1968 alors que les Bleus sont au fond du trou (ils seront battus trois semaines plus tard par la Norvège à Strasbourg). Ils ouvrent le score par Blanchet, mais s’effondrent en deuxième période, le futur sélectionneur Luis Aragones inscrivant le dernier but espagnol (1-3).

Revelli-Pirri, deux partout

Les Bleus ne vont guère mieux en mars 1971 quand ils retrouvent la Seleccion à Valence après une tournée sud-américaine. C’est pourtant eux qui ouvrent le score par Hervé Revelli, lequel porte même le score à 2-0 en deuxième mi-temps au plus fort de la domination espagnole. Mais le Madrilène Pirri égalisa en l’espace d’une minute (61 et 62e, 2-2). Il faudra attendre le 8 novembre 1978, quelques mois après le Mundial argentin, pour assister enfin à une victoire française. Pour ce match où Platini est forfait, Michel Hidalgo aligne deux nouveaux, l’attaquant Pierre Pleimelding et le défenseur Léonard Specht. C’est d’ailleurs lui qui marquera le seul but du match, de la tête sur un centre de Rocheteau (1-0).

Quand Trésor fait mieux que Marche

Le 18 février 1981 à Madrid, Hidalgo lance cette fois le jeune gardien stéphanois Jean Castaneda et Daniel Xuereb, avec un milieu blindé (Christophe, Moizan, Larios et Platini). Les Bleus dominent, ne marquent pas, ne sont pas aidés par l’arbitre qui ne voit pas une main du défenseur Zamora sur sa ligne de but et accorde le pénalty tiré par Juanito en deux temps (0-1). L’équipe de France croit bien tenir sa revanche au Parc des Princes le 5 octobre 1983, jour où Marius Trésor bat enfin le vieux record de sélections de Roger Marche, qui datait de 1959. William Ayache et Jean-Louis Zanon font leurs débuts, Dominique Rocheteau ouvre le score mais Senor égalise, une fois de plus sur pénalty (1-1). Après 19 matches joués depuis 1922, Français et Espagnols ne se sont toujours pas affrontés en compétition. La prochaine fois sera la bonne.

France-Espagne 1983 (1-1), quelques mois avant la finale de l’Euro

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