Ils ont quitté les Bleus avant trente ans

Publié le 26 juin 2017, mis à jour le 15 août 2017

A l’occasion du trentième anniversaire de Samir Nasri, petit détour sur ces Bleus qui sont entrés dans le top 100 (plus de trente sélections) mais qui ont quitté l’équipe de France avant d’être trentenaires.

Quand les Bleus s’inclinent à Kiev en barrage aller pour la Coupe du monde au Brésil, le 15 novembre 2013, Samir Nasri a 26 ans, 4 mois et 20 jours. Il joue pour la 41e fois en Bleu, et probablement la dernière. Depuis, Didier Deschamps n’a plus jamais fait appel à lui, le poussant à déclarer qu’il renonçait à la sélection.

Des joueurs cadres comme Nasri, c’est-à-dire comptant au moins trente sélections (ce qui correspond, à trois unités près, au top 100 des Bleus) et ayant quitté l’équipe de France avant trente ans, il y en a quelques-uns. Pas beaucoup : vingt-six, en mettant évidemment de côté ceux qui sont encore dans le groupe (comme Moussa Sissoko, Paul Pogba et Raphaël Varane) ou sélectionnables (Karim Benzema).

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On notera qu’une carrière en Bleu qui se termine avant trente ans est forcément tronquée : Didier Six, qui a quitté la sélection quelques semaines avant son trentième anniversaire, en juin 1984, ne compte que 52 capes. Ce qui le place au 41e rang du classement des joueurs, à hauteur de Mathieu Valbuena et Moussa Sissoko. Un total à comparer avec Thierry Henry, qui comptait 92 sélections à 30 ans, Vieira (89), Lloris (85) ou Deschamps (80).

Autre constatation : parmi ces 26, il n’y a qu’un seul champion du monde, Vincent Candela, et deux champions d’Europe 84, Bellone et Six. Ces générations-là ont produit des joueurs à carrière internationale longue [1]

Il y a aussi des curiosités, comme par exemple la paire d’attaquants stéphanois Revelli-Bereta, née à dix jours d’écart en mai 1946, et qui quitte les Bleus à deux mois d’intervalle au printemps 1975. Ou encore — l’histoire se répète — les défenseurs stéphanois Janvion et Lopez, nés en 1953, et dont la carrière internationale s’achève en 1982.

Enfin, le fait de débuter tôt multiplie les risques de sortie prématurée : Maryan Wisnieski, Georges Lech et Marcel Langiller ont étrenné leur premier maillot bleu avant 19 ans, tandis que Bruno Bellone, Samir Nasri, Yannick Stopyra et Jean-Marc Ferreri n’avaient pas encore 20 ans.

Détaillons maintenant le parcours de six (sans jeu de mots) de ces joueurs. En commençant par le seul gardien du lot, Alexis Thépot.

Alexis Thépot, le douanier KO

Concernant la Coupe du monde 1930 en Uruguay, on retient généralement le nom de Lucien Laurent, le premier buteur de l’histoire de la compétition. Mais on oublie que, lors du même match face au Mexique, le gardien Alexis Thépot, douanier de son état, est proprement assommé dans un choc avec l’attaquant Dionisio Mejia après 26 minutes de jeu. Il jouera 31 matches en sélections jusqu’en 1935, encaissant 76 buts (un record qui tient toujours) avant d’être évincé par René Llense suite au retour de l’entraîneur anglais George Kimpton.

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Hervé Revelli, au plus mauvais moment

Trente sélections, quinze buts marqués : l’avant-centre de Saint-Etienne, Hervé Revelli, a fait une carrière d’attaquant international tout à fait honorable. Mais, pas de chance, elle a eu lieu au pire moment, en plein trou noir de la fin des années 60 et du début des années 70. Revelli est appelé en Bleu le 28 septembre 1966, juste après la Coupe du monde en Angleterre. Et il termine sa carrière internationale neuf ans plus tard, en mars 1975. Dans l’intervalle, il a successivement manqué les championnats d’Europe 1968 et 1972 et les Coupes du monde 1970 et 1974. Il a trente ans quand arrive Michel Hidalgo, au printemps 1976, et ce dernier lui préfère le Lyonnais Bernard Lacombe.


 

Face à la Hongrie au Parc en mars 1975, Hervé Revelli porte le numéro 10. C’est lui qui donne le coup d’envoi avec Yves Triantafilos.

Didier Six, le gaucher contrarié

Lui aura vécu deux Coupes du monde, en 1978 et 1982, et sera sacré champion d’Europe en 1984. Pourtant, Didier Six n’a pas digéré d’avoir été mis sur le banc de touche lors de la finale contre l’Espagne. Sorti à Marseille et remplacé par Bellone, il a disputé face au Portugal son 52e et dernier match en Bleu. Gaucher très doué et très irrégulier, il est entré dans l’histoire côté pile grâce à un but magnifique au Maracana de Rio en 1977, et côté face avec son tir au but raté à Séville contre la RFA en 1982.

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Bruno Bellone, le tireur fou

C’est donc lui le plus jeune du lot. A 25 ans, 10 mois et 22 jours, il dispute son 34e match en sélection contre le Maroc à Monaco. Trois blessures en 14 mois mettent un terme très prématuré à sa carrière. Il avait pourtant débuté en fanfare en octobre 1981 contre l’Eire (but après neuf minutes de jeu), il était sur le banc à Séville lors du France-RFA de légende en 1982, il a inscrit le deuxième but de la finale de l’Euro contre l’Espagne en 1984 et a marqué un tir au but en coup de billard (poteau et rebond sur la tête du gardien) face au Brésil en 1986.


 

Dans l’ambiance volcanique de Lansdowne Road à Dublin, Bellone égalise du gauche après neuf minutes de jeu, pour ses débuts en sélection en octobre 1981.

Eric Cantona, dans le creux de la vague

Sa trajectoire en sélection ressemble un peu à celle d’Hervé Revelli. Il débute deux mois après la fin de carrière de Michel Platini à l’été 1987 et Aimé Jacquet l’écarte en 1995 pour faire de la place à Zidane, alors que les Bleus remontent la pente qui va les conduire au sommet du 12 juillet. Même s’il a marqué 20 buts et formé avec Jean-Pierre Papin un duo offensif redoutable, Cantona aura laissé en équipe de France plus de regrets que de bons souvenirs.


 

En janvier 1995, dernier match contre les Pays-Bas à Utrecht. Avec son brassard et son numéro 11, il accompagne le but de Loko.

Jérémy Toulalan, terminus Knysna

Des 26 joueurs mentionnés ici, il a la carrière internationale la plus courte : 3 ans, 8 mois et 6 jours entre octobre 2006 et juin 2010. Après avoir reçu contre le Mexique un deuxième avertissement en deux matches, il participe activement à la grève de l’entraînement à Knysna, trois jours plus tard, demandant à son agent de rédiger le communiqué des joueurs. Il sera suspendu pour un match et tirera un trait sur l’équipe de France, à seulement 26 ans et 9 mois.

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[1même si Rocheteau ou Bossis l’ont terminée à 31 ans, et Platini à 32, comme Deschamps.

A paraître le 25 octobre

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