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Les (mauvais) goûts et les (bonnes) couleurs

Publié le 7 février 2008, mis à jour le 20 août 2010

Les carnets de l’archiviste sur le site des cahiers du football après Espagne-France. Déguisés en Espagnols, les Bleus ont pourtant perdu face à des Ibériques camouflés en Jamaïcains. À quand le retour du vert et blanc version Kimberley ?

Les débuts d’année sont difficiles
Longtemps, les Bleus se sont fait une spécialité de gagner le premier match de l’année. Jusqu’en 2002, en tout cas, avec seize victoires et une seule défaite en vingt ans (Angleterre 0-2 en 1992). Depuis, ça se gâte. Défaite contre la République tchèque (0-2) en 2003, nul contre la Suède (1-1) en 2005, défaite contre la Slovaquie (1-2) en 2006 et contre l’Argentine (0-1) en 2007. La victoire en Belgique (2-0) en 2004 est devenue l’exception. Heureusement que les années civiles commencent toujours par un match amical, ce qui rend cette mauvaise série plutôt anecdotique. Et si c’est la troisième fois que l’Espagne l’emporte chez elle face à la France depuis 1981, c’est à chaque fois pour du beurre. Les Bleus se réservent pour les matches à enjeu, comme en 1984, 2000 ou 2006. En attendant le mois de juin ?

Et rayé vert et blanc, ça vous plairait ?
Ainsi, les Bleus ont joué en rouge à Malaga, avec une réussite plutôt moyenne... Un petit événement en soi, puisque les 311 derniers matches de l’équipe de France se sont déroulés en bleu ou en blanc, les fantaisies se limitant aux chaussettes. Mais si les marchands de textile de la marque aux trois bandes se croient originaux, ils se trompent. En effet, mieux que le maillot rouge, les Bleus avaient testé le maillot rayé vert et blanc, fruit des amours improbables de la tunique du Celtic et de celle de la Juve. Bien sûr, c’était il y a longtemps, à l’occasion d’une Coupe du monde jouée en Argentine. C’était le 10 juin 1978 à Mar del Plata, pour le dernier match du premier tour, entre la France et la Hongrie. Une sorte de match amical, les deux équipes étant éliminée après avoir perdu leurs deux premiers matches contre les Italiens et les Argentins.

Persuadés que les Hongrois vont jouer dans leur maillot rouge habituel, les Français arrivent avec un jeu de maillots blancs. Erreur. La Hongrie joue en blanc, et la France aurait dû se présenter en bleu. L’intendance de l’époque étant restée au stade de l’amateurisme cher au président Escalettes, les maillots bleus sont restés à l’hôtel. Pas le temps d’aller les chercher. Il ne reste qu’une seule solution : se faire prêter les maillots de l’équipe locale, celle de Kimberley. Sous cette tenue parfaitement folklorique, les Bleus gagnent leur seul match du Mundial argentin, Christian Lopez marquant même son premier et dernier but en sélection.

Compte tenu de la mode des maillots vintage, on pourrait donc suggérer à Adidas de ressortir le maillot vert et blanc Kimberley 78. Attention, il se porte très serré.

La Seleccion sans domicile fixe
Si les Bleus ne s’aventurent que rarement hors de Saint-Denis pour leurs matches à domicile, il n’en est pas de même de la sélection espagnole. Si l’on regarde les cinq dernières années, depuis janvier 2003, le contraste est frappant : au sud des Pyrénées, l’itinéraire des coéquipiers de Raul ressemble au programme d’un candidat à la présidence de la République. En 33 matches, 19 villes ont été visitées (presque autant que de clubs en Liga), dont 15 une seule fois, d’Albacete à Malaga en passant par Badajoz, Getafe, Salamanque, Murcie ou Cadix. Madrid (6 fois) arrive en tête devant Valence (4) et cinq villes à deux matches (Elche, Gijon, Santander, et les îles Canaries avec Las Palmas et Baléares avec Palma de Majorque). Barcelone la Catalane ne figure qu’une fois, alors que Bilbao la Basque et Séville l’Andalouse n’apparaissent pas.

Les Bleus, en quarante rencontres, sont restés dans leurs pantoufles de Saint-Denis à 26 reprises, ne s’aventurant en province (devant des vrais supporters) qu’à Lens (trois fois), Saint-Étienne et Montpellier (deux fois), Lyon étant aussi mal loti que Sochaux, Metz, Rennes, Nantes et Auxerre (un match) alors que Bordeaux et Marseille ne figurent même pas sur la liste. Et encore faut-il tenir compte de l’exil provoqué, à l’automne, par la Coupe du monde de rugby. Si les Bleus imitaient les Espagnols, on les verrait parfois à Nice, à Toulouse, à Strasbourg, à Nancy ou à Bastia.

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