Matthieu Delahais : « les résultats aident à faire aimer un maillot »

Publié le 10 avril 2018

Initiateur du Dico des Bleus, Matthieu Delahais est aussi l’auteur d’un manuscrit sur l’histoire du maillot de l’équipe de France. Après la sortie du modèle 2018, il en dresse pour nous la généalogie dans une interview ajustée aux épaules et parfaitement respirante.

Equipe de France en 1908, avec un maillot bleu.
Equipe de France en 1908, avec un maillot bleu.

Nike vient de présenter la cinquième version du maillot de l’équipe de France, avec un retour à une tenue tricolore qui avait été abandonnée en 2012 et en 2016. Quelle est l’histoire de cette association de couleurs ?

Les Français ont probablement porté ces couleurs pour la première fois le 23 mars 1908 face à l’Angleterre. Cependant, les photos d’époque étant en noir et blanc, on ne peut pas l’affirmer avec certitude. D’autant plus qu’en ces temps anciens, la Fédération ne fournissait que les maillots. Les joueurs apportaient leur short et chaussettes. La tenue n’était donc pas toujours la même pour tous les joueurs.

A l’issue de la première guerre mondiale, les fédérations sportives gérant le football (USFSA, CFI) se regroupent sous l’égide de la FFF. Cette dernière impose à son équipe un maillot bleu, associé à un short blanc et des chaussettes rouges. Cette combinaison restera la principale de la sélection jusqu’au milieu des années 1990 (sauf en 1939 face à la Pologne et en 1967 contre l’URSS où des chaussettes rayées blanc et rouge sont portées).

« Raymond Domenech aimait que son équipe évolue avec une seule couleur »

A partir du milieu des années 1990, ces trois couleurs ne seront plus systématiquement utilisées. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Le premier vient des instances supérieures du football qui, pour des raisons de visibilité sur le terrain, décident que les couleurs des maillots, shorts et chaussettes des deux équipes doivent contraster. Lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1998, la France a joué avec son traditionnel maillot bleu et des chaussettes rouges, mais combinés à un short bleu car celui des Croates était blanc. Le même cas de figure est arrivé lors de la finale victorieuse du championnat d’Europe des Nations en 2000 contre l’Italie.

La première combinaison bleu-bleu-rouge en 1998 contre la Croatie.
La première combinaison bleu-bleu-rouge en 1998 contre la Croatie.

Raymond Domenech, sélectionneur des Bleus entre 2004 et 2010, a aussi influencé cette évolution. Il aimait, esthétiquement parlant, que son équipe évolue avec une seule couleur (bleu ou blanc). Ce principe d’unicité s’est progressivement développé pendant son mandat à la tête de la sélection.

Depuis que Nike est devenu l’équipementier des Bleus en 2011, il alterne les combinaisons de couleurs. Le bleu, blanc, rouge est pour l’instant utilisé lors des phases finales de Coupe du monde. Ces changements ont évidemment pour objectif de faire vendre. Et Nike manque de crédibilité sur ce sujet, puisque lors de la lancée du maillot en 2014, la marque américaine expliquait dans sa campagne promotionnelle que c’était les joueurs qui disaient aimer cette combinaison de couleurs. Il y a aucune raison de penser que les joueurs aient changé d’opinion deux ans plus tard et demandé le retour du short bleu pour l’Euro en France.

La tenue intégralement bleue de l'Euro 2012.
La tenue intégralement bleue de l’Euro 2012.

Toutes les équipes nationales ne portent pas les couleurs du drapeau sur leur tenue, comme par exemple l’Allemagne, l’Italie ou les Pays-Bas… Pourquoi ?

L’Allemagne évolue effectivement en blanc. Cette couleur a été utilisée dès le premier match de la Mannschaft en 1908. L’équipe portait un maillot noir avec des manches blanches et short noir. Le noir et le blanc étaient les couleurs impériales de la Prusse et le drapeau était à cette époque noir, blanc et rouge. Le jaune n’a remplacé le blanc qu’après la première guerre mondiale. La couleur blanche a cependant été conservée.

Le second maillot allemand est traditionnellement vert, couleur qui n’est pas non plus sur le drapeau national. Pendant longtemps, le choix de cette couleur s’est expliqué par le fait que l’Irlande avait été le premier pays à accepter de jouer contre l’Allemagne après la seconde guerre mondiale. Les Allemands auraient porté cette couleur pour les remercier. Cette légende est cependant fausse, puisque ce sont les Suisses qui ont joué les premiers contre l’Allemagne en novembre 1950. L’explication la plus probable est que cette couleur est reprise du logo de la fédération allemande, où ce vert représente un terrain de football.

Finale Argentine-RFA en 1986, l'Allemagne joue en vert (et perd).
Finale Argentine-RFA en 1986, l’Allemagne joue en vert (et perd).

« Le Brésil a attendu les années 1950 pour jouer en jaune »

Pour l’Italie et les Pays-Bas, l’explication est la même. Il s’agit d’une référence aux couleurs des familles royales de ces nations : le bleu pour l’Italie (Maison de Savoie) et le orange pour les Pays-Bas (famille Orange-Nassau). On peut aussi citer l’exemple de l’Ecosse, dont la tenue de rechange est régulièrement composée de rose et de jaune. Il s’agit des couleurs du comte Primrose, l’un des premiers dirigeants de la fédération écossaise.

Enfin, pour la petite histoire, le Brésil a attendu les années 1950 pour jouer en jaune. Jusqu’à la finale de la Coupe du monde perdue à domicile par les Brésiliens en 1950, l’équipe évoluait en maillot blanc à parement bleu. Le traumatisme de cette défaite a été si grand que l’équipe n’a pas joué pendant près de deux ans. A partir de 1954, le Brésil a commencé à porter son maillot jaune, lauréat d’un concours lancé par le journal Correio da Manhã et remporté par un jeune homme de 19 ans, Aldyr Garcia Schlee.

Les clubs de foot ont développé depuis quelques années le concept de maillot third, avec des couleurs sans rapport avec celles de l’équipe. Peut-on dire que Nike s’y était risqué en premier en 2013 avec une tenue bleue layette en plus de la bleue et de la blanche ?

Ce maillot n’a été utilisé que deux fois. En mars 2013 face à la Géorgie, puis en juin de la même année face au Brésil. Cependant, quelques jours avant le match face aux brésiliens, la France a également joué face à l’Uruguay avec son traditionnel maillot blanc de remplacement. Il faut toutefois savoir que cette teinte avait déjà été utilisée dans les années 30. Le musée national du sport a acquis en 2006 le maillot porté par Edmond Delfour le 14 mai 1931 lors d’un match face à l’Angleterre. Sa couleur, même si le temps l’a probablement ternie, semble quand même être bleu clair.

Maillot d'Edmond Delfour en 1931.
Maillot d’Edmond Delfour en 1931.

« Les marinières de 2011 et 2014 pourraient être qualifiées de maillot third »

Donc, s’il s’agit bien d’une troisième tenue, je ne suis pas tout à fait sûr qu’on puisse la qualifier de maillot third, puisque cette couleur a déjà été utilisée par le passé. Par contre, les marinières qu’a proposées Nike en 2011 (blanc avec des rayures bleues) et 2014 (blanc avec des rayures grises) pourraient prendre ce qualificatif. Si cette tenue peut être associée à un élément de la culture française, elle n’avait jamais été utilisée avec la sélection.

Si Nike voulait faire un vrai maillot third pour la France, je pense qu’il faudrait reprendre le maillot rayé vert et blanc qui avait été utilisé lors de la Coupe du monde 1978. Lors du dernier match face à la Hongrie, les deux équipes se sont présentées en blanc. Les Français ont déniché en dernière minute la tenue d’un club local, le FC Kimberley. Ces couleurs n’ont rien a voir avec celle du drapeau, mais cela aurait quand même du sens historiquement parlant. Par contre, je ne suis pas sûr que ça se vendrait bien...

L'Angleterre en jaune en 1973.
L’Angleterre en jaune en 1973.

De manière générale, ce sont plutôt les équipes de clubs qui utilisent des maillots third, notamment pour les matches de coupes. Je ne connais que très peu d’exemples pour les sélections nationales. On pourrait quand même citer l’Angleterre qui a déjà joué en jaune (1973) ou bleu ciel (1992), ou l’Ecosse, dont j’ai déjà parlé, qui portait un modèle à motifs écossais entre 1994 et 1996. Un design si spécial pourrait mériter le qualificatif de third. 

En fait, le seul vrai exemple que je pourrai citer est le maillot utilisé par les Pays-Bas en février 2005 face à l’Angleterre. A l’occasion de match, joué dans le cadre d’une campagne contre le racisme, les Néerlandais ont évolué avec un maillot blanc et noir.

Les Pays-Bas en noir et blanc en 2005.
Les Pays-Bas en noir et blanc en 2005.

Quelles sont les qualités d’un maillot national réussi selon toi ? A ce titre, le modèle 2018 est-il réussi ?

Pour qu’un maillot national soit réussi, il faut qu’on puisse l’associer facilement au pays qu’il représente. D’où l’importance d’utiliser les couleurs nationales, ou historiques comme l’Allemagne qui joue en blanc, l’Italie en bleu, les Pays-Bas en orange... Pour l’Argentine (qui joue avec un maillot rayé blanc et bleu ciel), et surtout son équipementier, c’est par contre un problème. Il en effet impossible de proposer un modèle avec un design ne reprenant pas ce motif. Ça limite sans doute le travail des designers, mais ce maillot est très réussi et le restera toujours.

J’attache de l’importance à l’écusson. Avec les changements constants d’équipementiers et de designs, je pense que c’est le seul élément qui pourrait rester stable dans le temps. Mais au cours des dix dernières années, le coq a eu trois représentations différentes, et l’une d’elle s’est même déclinée avec ou sans blason autour. Cependant, le modèle actuel me plaît beaucoup.

« La première fois que j’ai vu le maillot de 1984, je l’ai trouvé horrible »

En 2011, Nike avait ajouté une devise (« Nos différences nous unissent ») à l’intérieur du maillot, juste derrière le coq. Cette idée d’ajouter un petit quelque chose caché peut être intéressante, même si je n’ai pas trop accroché à cette devise. Dans le même ordre d’idée, en 2008, les années où les Allemands avaient remporté des titres étaient inscrites à l’intérieur du col de leur maillot. La même idée a été utilisée par les Néerlandais mais avec la première phrase de leur hymne. Et en 2006, les Ecossais ont ajouté le mot Alba (Ecosse en gaélique) en petit sur le dos du maillot. Je trouve que ce genre de petit détail peut ajouter une touche historique ou patriotique intéressante...

Pour l’instant, je n’ai pas trop accroché avec le maillot 2018 de l’équipe de France, même si j’apprécie beaucoup le retour au bleu blanc rouge. Je trouve que le dégradé de bleu sur les manches donne un effet bizarre. Mais d’un autre côté, la première fois que j’ai vu le maillot de 1984, j’ai trouvé qu’il était horrible. Et pour finir, je crois que c’est mon maillot préféré. Les succès qui y sont liés ont sans doute aidé à ce changement d’appréciation.

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Je pense que les résultats aident à faire aimer un maillot. Lors de la Coupe du monde 2006, la France jouait avec un maillot blanc avec une large bande bleue et rouge sur le torse. Lorsque l’équipe a commencé à monter en puissance dans la compétition, je me souviens avoir lu sur un forum : « Finalement, on va finir par l’adorer cet horrible maillot blanc ». Cette phrase résume tout... Ce n’est pas seulement l’aspect qui fait qu’un maillot est réussi, les résultats qui y sont liés jouent beaucoup aussi.

Jusque dans les années 90, les maillots ne portaient pas le nom du joueur, et étaient numérotés de 1 à 11 pour les titulaires. Qu’est-ce que la personnalisation du maillot (un nom, un numéro pour toute une carrière) a changé en termes d’identification par le public et de merchandising ?

C’est lors de l’Euro 1992 que les équipes européennes ont été obligées pour la première fois de floquer le nom des joueurs sur le maillot. Cette utilisation s’est progressivement généralisée à tous les matches. Et effectivement, depuis cette époque, les joueurs cadres de la sélection conservent le même numéro toute leur carrière. Même si ce numéro ne correspond pas à leur poste. On a ainsi vu Marcel Desailly porter le numéro 8, alors que son rôle de stoppeur aurait plutôt dû l’orienter vers le 4. Certains titulaires en puissance ont évolué toute leur carrière en Bleu avec un numéro qui les prédestinaient à un rôle de remplaçant. On pourra citer Thierry Henry (12) ou Lilian Thuram (15).

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Au niveau du merchandising, le flocage des maillots représente entre 10 et 15 euros supplémentaires sur le prix d’un maillot. Une étude récente expliquait qu’environ la moitié des flocages étaient personnalisés avec un patronyme sans lien avec un joueur. Par contre, pour les 50% restants, il est clair que le public crée une association entre un numéro et un joueur. En sélection, où les principaux flocages concernent surtout les vedettes, les changements de numéros sont rares.

« En 1981, Platini avait tenté de surfer sur sa notoriété et son fameux numéro 10 »

Par contre, en club, les numéros changent au gré des arrivées et départs des joueurs, ce qui n’est pas sans poser parfois des problèmes. En 2009, le Danois Nicklas Bendtner, qui évoluait à Arsenal, a décidé de changer son numéro 26 pour le 52. Pour ne pas léser les fans, il a financé le remplacement des maillots floqués avec le mauvais numéro, pour un coût total de 62 000 euros.

Nicolas Anelka est le joueur qui s’est le plus démarqué en sélection, puisqu’il a porté le numéro 39 à partir de 2006. Le joueur attachait beaucoup d’importance à ce numéro, puisqu’en 2008 il a lancé une marque de vêtements sportwear qu’il a appelé 39Pro. En 1981, Michel Platini avait également tenté de surfer sur sa notoriété et son fameux numéro 10 en lançant 10 Platini. Cette marque de vêtements, censée concurrencer Lacoste, a été racheté par Adidas quelques années plus tard.

Enfin, la libéralisation dans l’utilisation des numéros peut servir à rendre hommage à un joueur. Par exemple, le gardien croate Drazen Ladic a porté le numéro 59, lorsqu’il a porté le record de sélections à ce chiffre en mai 2000 face à la France. Mais les numéros n’ont pas encore été utilisés pour honorer un joueur chez les Bleus.

Comme équipementier des Bleus avant Nike, on se souvient avant d’Adidas, qui l’a été pendant près de quarante ans, mais quels ont été les précédents ?
 
La première trace d’équipementier connue remonte au début des années 1920. Lors de la première victoire des Tricolores face à l’Angleterre, le 5 mai 1921, Ducim s’affichait comme l’équipementier de la sélection sur la photo de l’équipe victorieuse. A partir de 1923, c’est Allen qui reprend le flambeau en s’affirmant comme le seul « équipementier officiel de la FFFA » dans de nombreux tracts publicitaires. D’ailleurs, sur les photos de cette période, on voit régulièrement l’équipe poser avec un ballon de cette marque.

La marque Allen fait sa pub en 1956.
La marque Allen fait sa pub en 1956.

A partir de 1955, c’est le Coq Sportif qui accompagne la sélection, mais cette information est sujette à débat. En effet, lors de la campagne suédoise de 1958, les deux marques s’affrontent à grand renfort d’encarts publicitaires dans le journal L’Equipe. Le Coq Sportif s’y affirme comme « la marque des Tricolores » pendant qu’Allen se décrit comme le « seul fournisseur de la FFF ».

« En 1968, c’est la marque de Kopa qui habille la sélection »

Mais par la suite, on peut affirmer avec certitude que c’est le Coq Sportif qui collabore avec la FFF. On en a pour preuve l’apparition du logo triangulaire de la marque au coq sur le maillot du gardien dans la seconde partie des années 60 et le short des joueurs au début des années 70. Il a tout de même eu un intermède d’environ un an vers 1968-69 où c’est la marque Kopa, ligne de vêtements créée par l’ancien meneur de jeu des Tricolores, qui habille la sélection. Adidas fait son apparition le 2 septembre 1972 lors d’un match face à la Grèce.

De nos jours, les contrats des équipes nationales avec les équipementiers atteignent des sommes considérables. Est-ce que ça a toujours été le cas ?

Non. En 1982, Adidas ne payait qu’environ 140 000 euros pour être l’équipementier de la sélection. Ce chiffre était de 6 millions d’euros lorsque la France est devenue championne du monde. Les succès des Bleus ont bien entendu incité la marque aux trois bandes à prolonger avec l’équipe de France en revoyant régulièrement les chiffres à la hausse (presque 9 millions d’euros à partir de 1999, puis 10 millions cinq ans plus tard). Mais ce chiffre restait modeste au regard de ce qui se faisait ailleurs.

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C’est Nike qui a signé le premier très gros contrat avec une équipe nationale. En 1996, la marque américaine s’est unie pour 10 ans avec le Brésil pour 125 millions d’euros. Cette opération a permis à Nike d’entrer sur le marché du football qui était alors essentiellement contrôlé par Adidas.

« Les Allemands avaient refusé une offre de Nike de 60 millions annuels »

Mais les Brésiliens n’étaient pas les seuls à bénéficier d’un plus beau contrat que les Bleus. Le maillot des Italiens était valorisé à 13 millions annuels par Puma et celui des Allemands à 20 millions par Adidas. Les Allemands avaient même refusé une offre de Nike à plus de 60 millions annuels pour rester fidèle à leur partenaire historique.

Profitant de cette bataille entre Nike et Adidas, et fort de sa place de vice-championne du monde en 2006, la FFF va lancer un appel d’offre qui débouchera début 2008 sur une victoire de Nike. Le contrat de 8 ans, à partir de 2011, offre aux Bleus 42 millions d’euros (plus gros contrat pour une équipe nationale). Celui-ci est prolongé en 2018 pour 8 ans de plus et 50 millions par an.

D’autres sports collectifs ont recours à un sponsor sur le maillot de leur équipe nationale, comme le volley, le basket, le hand et plus récemment le rugby. Peut-on imaginer (ou redouter) que le football soit bientôt concerné ?
 
Le maillot de l’équipe de France de handball compte six sponsors, contre deux nos basketteurs et un pour un pour nos volleyeurs. En rugby, le Quinze de France a été l’une des dernières sélections nationales à céder à cette manne financière. Début 2018, la FFR a signé un contrat avec Altrad allant jusqu’en 2023 pour un montant d’au moins 35 millions d’euros. A cela s’ajoute, un accord d’équipement avec Adidas pour 5 millions d’euros annuels. Ces chiffres sont très largement inférieurs à ceux pratiqués dans le football.

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L’équipe de France de football, en plus de bénéficier d’un contrat maillot de 50 millions d’euros, a signé avec de nombreux autres partenaires. Les partenaires majeurs (Crédit agricole, EDF, PMU et Volkswagen) doivent payer un ticket d’entrée de 4 millions d’euros annuels. Ce prix leur permet entre autres de s’afficher sur les tenues d’entraînement et d’échauffement de la sélection. La FFF récupère donc chaque année 16 millions d’euros avec cet accord, là où le rugby ne reçoit qu’un peu plus de 6 millions pour un vrai sponsor maillot.

« Les autres sports collectifs ne sont pas en mesure de rivaliser avec le football »

Toute la différence est là. Le football est un sport extrêmement riche. Les autres disciplines ne bénéficient pas de la même visibilité. Un match amical et sans enjeu des footballeurs attire quasiment autant de téléspectateurs qu’un match majeur des rugbymans (4,7 millions pour le récent Russie-France, joué en semaine à 18 heures, contre 5 millions pour le dernier France Angleterre du tournoi des 6 nations).

Sur les matches de phases finales de grandes compétitions, les audiences dépassent presque toujours la barre des 10 millions de fans et cela peut monter au-delà de 20 millions en cas de dernier carré. Les autres sports collectifs ne sont pas en mesure de rivaliser en termes d’intérêt pour le grand public avec le football. Pour se développer, ces disciplines cherchent donc d’autres sources de financement, dont le sponsor maillot.

Le football cédera-t-il un jour ? Actuellement, ni la FIFA, ni l’UEFA n’y sont favorables. Mais l’argent prenant de plus en plus de place dans le football, il est loin d’être impossible que cela soit autorisé à terme. La République d’Irlande a déjà plus ou moins cédé à la tentation. Les maillots de la sélection vendus aux fans sont floqués avec un sponsor.

Un sponsor maillot pour la République d'Irlande
Un sponsor maillot pour la République d’Irlande

Pour finir, te souviens-tu de ton premier maillot des Bleus ? Combien en as-tu aujourd’hui ? Quel est ton préféré ?

Je ne suis pas un bon client pour les vendeurs de maillots. En tout et pour tout, je n’en ai acheté que deux : celui de 1984 et celui de 1998, avec l’étoile. Ça te laisse deviner quel est mon maillot préféré. Le maillot de 1984, je l’avais trouvé en promo alors qu’il n’était plus utilisé. Mais comme je le trouvais vraiment beau, j’ai profité de l’occasion. Celui de 1998, je pense que c’est à cause de l’étoile que je l’ai acheté. Je me souviens qu’il était à 350 francs avant la Coupe du monde, mais avec l’engouement suscité par la victoire, Adidas s’était permis de le passer à 400 francs. A moins que la broderie de l’étoile ne justifie ces 50 francs de surcoût...

« Le design du maillot 1984 était vraiment très bien pensé »

Comme j’en ai déjà parlé plus tôt, ma première réaction avait été le dégoût lorsque j’ai vu le maillot 1984 pour la première fois. Il faut dire qu’il était très novateur. Jusque là, le maillot de la sélection était toujours uni. La victoire à l’Euro en 1984 a sans doute contribué à me le faire aimer. Mais avec du recul, il faut reconnaître que ce design vraiment très bien pensé, avec toutes les couleurs du drapeau, sans pour autant renier la dominante bleue de la tenue.

Le maillot de la fin des années 1950 était aussi pas mal. Il était tout simple. Le graphisme en couleur du coq était vraiment sympa, avec l’intitulé du match brodé dans un petit rectangle blanc juste en dessous. En 2014, le maillot proposé par Nike lui ressemblait un peu, à part le col blanc. Il y avait surtout le retour d’un coq avec un graphisme se rapprochant de celui des années 50, mais en monochrome, qui me plaisait beaucoup.

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Sinon, j’avais aussi acheté le tee-shirt de la victoire en 1998. Et là, c’est clairement le slogan qui m’avait décidé à le prendre. Pendant toute la Coupe du monde, Adidas et les Bleus nous disaient « la victoire est en nous ». Barrer le « en » dans le slogan pour le remplacer par « à » le soir du 12 juillet, c’était vraiment sublime. Je ne suis pas trop fan de toutes les accroches publicitaires dont la majeure partie n’est que de la poudre aux yeux, mais celle-là, c’était vraiment du grand art.

pour finir...

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Si le manuscrit sur l’histoire du maillot des Bleus n’a pas encore trouvé d’éditeur, le Dico des Bleus peut vous apprendre encore plein de choses sur le sujet avec les articles suivants : Bande rouge (p 28), Blanc (p 45), Bleu (p 48), Cartouche (p 67), Coq (p 90), Equipementiers (p 133), Etoile (p 134), Numéros (p 256), Rayures (p 308), Rouge (p 322), Trente neuf (p 370) et Valorisation du maillot (p 384).

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