Même pas peur !

Publié le 2 décembre 2011, mis à jour le 24 juin 2012

JPEG - 6.2 koAngleterre, Ukraine et Suède : c’est un tirage style 1992 auquel les Bleus ont eu droit à Kiev. Un des plus favorables, sur le papier en tout cas. Pour le reste, il faudra attendre le mois de juin.

Maintenant, on sait. Les adversaires sont connus, le calendrier aussi, tout est en place. Ne manque plus que la liste des 23 (il faudra attendre probablement début mai), même s’il n’y a guère de surprises à attendre.

On craignait l’Espagne, les Pays-Bas, le Portugal et l’Allemagne. On a eu l’Ukraine, l’Angleterre et la Suède, soit les trois « deuxièmes meilleurs choix » possibles. Les mains innocentes de Peter Smeichel et de Horst Hrubesch, deux vieilles connaissances des Bleus, ont fait le boulot. Et le groupe D, celui qui commencera en dernier (le 11 juin), devrait donner un petit avantage côté préparation, qui pourrait se transformer en inconvénient en cas de parcours long, puisqu’il faudra dans ce cas disputer six matches en vingt-et-un jours. On n’en est pas encore là.

Ce tirage aura en tout cas rappelé bien des choses au président de l’UEFA, Michel Platini : il y a vingt ans, alors sélectionneur des Bleus, il s’était vu attribuer comme adversaires la Yougoslavie (qui allait être remplacée par le Danemark quelques semaines avant la compétition), mais aussi... la Suède et l’Angleterre.

Dernière défaite contre le trio du premier tour en juin 1997

JPEG - 21.1 koRegardons en détail les performances des Bleus contre ces trois équipes. L’Angleterre est bien entendu la plus souvent rencontrée des trois, avec 38 oppositions. Les plus anciennes ont longtemps tourné au chemin de croix, mais ça va beaucoup mieux depuis vingt ans, avec deux défaites (en amical à Wembley en février 1992 et en juin 1997 à Montpellier) et quatre victoires sur les cinq derniers matches (la toute dernière à Wembley en novembre 2010).

En phase finale, Français et Anglais se sont croisés deux fois en coupe du monde (1966, 0-2 et 1982, 1-3) et deux fois à l’Euro (1992, 0-0 et 2004, 2-1), toujours au premier tour. On remarquera que les Bleus n’ont jamais gagné.

Contre la Suède, l’équipe de France a joué dix-sept fois, et s’en est (presque) toujours bien sorti : sa dernière défaite remonte au 15 octobre 1969, alors que Laurent Blanc était à la maternelle. Six victoires et cinq nuls ont suivi, la dernière rencontre remontant à août 2008 à Göteborg (3-2). En compétition, les deux nations se sont peu rencontrées, et une seule fois en phase finale, lors de l’Euro 1992 où la Suède était le pays hôte (1-1).

Enfin, l’Ukraine est la moins souvent rencontrée des trois équipes, seulement six fois depuis 1999 (trois victoires et trois nuls). La dernière, le 6 juin dernier à Donetsk, est restée en travers de la gorge des joueurs d’Oleg Blokhine (4-1). C’est d’ailleurs dans le même stade que Français et Ukrainiens se retrouveront le 15 juin prochain. En compétition, les quatre confrontations ont toujours eu lieu dans le cadre de l’Euro, mais dans les phases qualificatives.

D’ici au 11 juin, date du premier match contre l’Angleterre à Donetsk, il reste donc 191 jours à patienter. Les Bleus mettront ce temps à profit pour jouer un match amical en Allemagne le 29 février à Brême, puis ce sera la liste des 23 et trois matches de préparation, sans doute entre le 25 mai et la première semaine de juin (la finale de la Ligue des Champions étant calée au 19 mai).

Un semestre à tuer

Que s’est-il passé depuis 1996 pendant ce long temps mort qui précède chaque phase finale ?

1996 : sortie de route pour Zizou
Les Bleus retrouvent le haut niveau et sont invaincus depuis plus de deux ans quand ils entament la préparation de l’Euro anglais. Aimé Jacquet bénéficie d’un calendrier sur-mesure avec six matches amicaux qui seront tous remportés : contre le Portugal (3-2), la Grèce (3-1), la Belgique (2-0) entre janvier et mars, et trois matches de préparation fin mai-début juin contre la Finlande (2-0), l’Allemagne à Stuttgart (1-0) et l’Arménie (2-0). Sabri Lamouchi, Cyril Pouget et Pierre Laigle sont lancés par Aimé Jacquet. Seul le premier sera retenu pour l’Euro. Pas de blessé notable pendant cette période, sinon l’accident de voiture juste avant l’Euro qui diminuera un Zidane déjà carbonisé par une terrible saison avec Bordeaux.

1998 : Diomède et Trezeguet sont dans un bateau
Après dix-huit mois de matches amicaux, Aimé Jacquet entre dans la préparation proprement dite de la coupe du monde avec plus de doutes que de certitudes. Au cours des sept rencontres entre janvier et juin, il teste ainsi David Trezeguet, Bernard Diomède et Nicolas Anelka, et retiendra les deux premiers. Les performances et la qualité de jeu sont très moyens, avec une victoire contre l’Espagne (1-0), un nul contre la Norvège (3-3), une défaite en Russie (0-1), un nul en Suède (0-0) suivi d’une victoire contre la Belgique (1-0) et d’un nul face au Maroc (2-2), avant un ultime match en Finlande (1-0). Bien malin qui peut dire après tout ça qu’il a vu les futurs champions du monde.

2000 : Anelka brille à Casablanca
Roger Lemerre obtient pour ses champions du monde trois amicaux en hiver contre la Pologne (1-0), l’Ecosse à Glasgow (2-0) et la Slovénie (3-2), auxquels s’ajoutent trois matches de préparation fin mai en Croatie (3-0) et début juin à Casablanca contre le Japon (2-2) et le Maroc (5-1) où le duo Anelka-Henry fait des étincelles. Très conservateur, Lemerre ne teste qu’un seul nouveau joueur, Ludovic Giuly, qu’il n’emmènera pas à l’Euro.

2002 : l’autre cauchemar du premier tour
Deux ans plus tard, les Bleus admirent déjà leur deuxième étoile mondiale et négligent quelque peu la préparation (ils sont qualifiés d’office). Laborieux contre la Roumanie en février (2-1), ils éparpillent de malheureux Ecossais en mars (5-0) avant de s’endormir face aux Russes en avril (0-0) et de jouer les touristes contre la Belgique en mai (1-2) juste avant le départ pour l’Asie. Un seul match de préparation sur place face à la Corée du Sud (3-2) où Zidane, à peine descendu d’avion, se blesse au bout d’une demi-heure. C’est le deuxième coup dur après la grave blessure au genou de Robert Pires en mars. Roger Lemerre se décide en tout dernier moment pour Djibril Cissé, alors meilleur buteur du championnat de France. Ce sera son seul essai.

2004 : le centenaire se porte bien
La bande à Santini arrive lancée comme un avion, forte de ses 14 victoires consécutives, la dernière (3-0 à Gelsenkirchen contre l’Allemagne) n’étant pas la moindre. Mais la préparation est plutôt réduite, avec un match en Belgique en février (2-0), un aux Pays-Bas en mars (0-0), une rencontre de gala en mai contre le Brésil pour le centenaire de la FIFA (et des Bleus) en tenue d’époque (0-0), et deux victoires sans grande signification face à Andorre (4-0) et l’Ukraine (1-0). La défense n’a pris aucun but sur les onze derniers matches, soit 990 minutes. Louis Saha, Peguy Luyindula et Bernard Mendy font leurs débuts, seul le premier sera retenu. Santini, lui, annonce son départ quelques jours avant le premier tour.

2006 : vous avez dit Chimbonda ?
La préparation de la coupe du monde 2006 est encore plus serrée : un seul match sur les cinq premiers mois, en mars face à la Slovaquie (1-2, première défaite du sélectionneur Raymond Domenech). Les trois rencontres suivantes arrivent après la liste, face au Mexique (1-0), au Danemark (2-0) et à la Chine (3-1), et prennent la forme d’une tournée d’adieu au public français pour Zinedine Zidane. Deux débutants sont appelés dans la liste, c’est original, avant même d’avoir joué une seule fois en Bleu : Franck Ribéry, qui fera du chemin, et Pascal Chimbonda, dont la carrière internationale se résumera aux cinq petites minutes disputées à la fin du match contre le Danemark. Cissé, lui, est victime d’une épouvantable double fracture tibia-péroné contre la Chine.

2008 : papy fait de la résistance
C’est peu dire que les Bleus de Domenech inquiètent à quelques mois de l’Euro. Battus en Espagne en février (0-1), ils font un peu mieux contre l’Angleterre en mars (1-0) avant de livrer trois prestations quelconques en phase de préparation contre l’Equateur (2-0), le Paraguay (0-0) et la Colombie (1-0). Au moins la défense a l’air de tenir bon et Thuram se voit international jusqu’en... 2012. Adepte du poker, Domenech lance Mandanda et Gomis à la mi-temps du match contre l’Equateur, et les embarque le lendemain pour la Suisse, laissant Landreau et Cissé sur le carreau. Arrivé blessé à l’Euro, Patrick Vieira n’aura pas le temps de se rétablir avant l’élimination rapide des Bleus.

2010 : même la Chine...
Le seul match hivernal de l’équipe de France, avec un sélectionneur sur un siège éjectable, est encore un échec face à l’Espagne (0-2). Les trois rencontres de la phase de préparation achèvent les dernières illusions d’une équipe à la dérive : petite victoire contre le Costa Rica (2-1), nul face à la Tunisie (1-1) et défaite ridicule face à la réserve de la Chine (0-1). Mickaël Ciani, testé face à l’Espagne, est finalement écarté, alors que Mathieu Valbuena et Marc Planus embarquent pour Knysna et son bus maudit.

A paraître le 8 novembre

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