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Perdre à la maison : histoire des défaites à domicile en compétition

Publié le 7 août 2016

Sur 130 matches de compétition joués à domicile depuis 1924, les Bleus n’en ont perdu que seize, dont trois lors des six dernières années. Retour sur ces défaites qui ont parfois brisé des carrières.

La finale perdue contre le Portugal n’est que la seizième défaite des Bleus à domicile en 130 matches de compétition. C’est la cinquième en phase finale, après celles contre l’Uruguay en 1924 lors des Jeux olympiques de Paris (1-5), l’Italie en quart de finale de la coupe du monde 1938 (1-3), la Yougoslavie en demi-finale du premier championnat d’Europe des Nations en 1960 (4-5) suivie d’une autre trois jours plus tard contre la Tchécoslovaquie pour la troisième place (0-2).

Le bilan des Bleus à domicile et en compétition est très bon puisqu’ils ont remporté 94 matches pour 20 nuls et donc 16 défaites. La centième victoire en compétition arrivera probablement à l’automne 2018, puisque le groupe qualificatif de l’équipe de France comprend cinq adversaires, donc autant de matches à domicile à jouer [1]. Elle pourrait arriver au plus tôt en novembre 2017 si les Bleus disputent un barrage pour la coupe du monde en Russie

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L’Uruguay 1924 et l’Italie 1938, hors de portée

Revenons maintenant aux seize défaites en compétition. Avant la deuxième guerre mondiale, il n’y en a eu que deux, celles contre l’Uruguay en 1924 et dont nous avons parlé ici [2] et celle en quart de finale 1938 contre l’Italie, championne du monde en titre. Rien d’illogique, les Bleus étant largement inférieurs à leur adversaire qui sera titré, avec la médaille d’or pour l’Uruguay en 1924 et le trophée Jules-Rimet pour l’Italie.

Le fameux trou noir des années soixante a apporté les quatre défaites suivantes à domicile, avec le fameux et rocambolesque doublé en 1960 [3], suivi d’un échec cuisant en quart de finale (qui se jouait au printemps avant le tournoi final à quatre en juin) le 25 avril 1964 à Colombes contre la Hongrie, l’affaire étant pliée au bout d’un quart d’heure par les coéquipiers de Florian Albert (1-3). Le sélectionneur Georges Verriest démissionnera trois mois plus tard. Le second, quatre ans plus tard, symbolise le fond du trou atteint par les Bleus en ouverture des qualification pour le Mondial mexicain : le 6 novembre 1968 à Strasbourg, la Norvège l’emporte 1-0 sur sa seule occasion de but. La défaite ouvrira une crise à la Fédération qui emportera le sélectionneur Louis Dugauguez en mars 1969.

Trois ans plus tard à Colombes, ce sont les Hongrois qui reviennent s’imposer (0-2) en contre, compromettant gravement les chances de qualification française pour les quarts de finale du championnat d’Europe 1972. Une défaite à Sofia en décembre règlera définitivement la question.

Avant la chute du Mur

Il faudra attendre quinze ans pour voir les Bleus s’incliner à domicile en compétition, en notant au passage que Michel Hidalgo ne l’aura jamais fait pendant ses huit années de mandat. Ce sera quelques mois après le Mundial mexicain, en octobre 1986 contre la grande équipe d’URSS de Belanov et Zavarov, en démonstration au Parc contre une défense Jeannol-Boli en perdition (0-2) [4]. La décennie Platini était terminée, ce que confirmera une nouvelle défaite un an plus tard contre une RDA pourtant pas impressionnante (0-1, but encaissé à la dernière minute), mais les Bleus étaient déjà éliminés de l’Euro 1988 depuis cinq mois.

Six ans après, c’est l’invraisemblable enchaînement des deux défaites consécutives contre Israël (2-3) et la Bulgarie (1-2) qui élimine l’équipe de Gérard Houllier pourtant idéalement placée pour aller aux Etats-Unis en 1994 [5] Les Bleus menaient pourtant 2-1 à sept minutes de la fin lors du premier match, et tenaient le nul à vingt secondes du coup de sifflet final dans le second. Là encore, le sélectionneur quittera son poste quelques semaines plus tard

Quatre défaites en dix ans

L’équipe de France s’est inclinée quatre fois à domicile lors des dix dernières années alors qu’elle ne l’avait plus fait pendant 14 ans, soit à peu de chose près la période Barthez-Zidane (1994-2006). Les trois premières ont été sans conséquence pour la qualification : en septembre 2007 contre l’Ecosse au Parc des Princes (0-1), trois ans plus tard face à la Biélorussie au Stade de France (0-1) et en mars 2013 contre l’Espagne à Saint-Denis (0-1). La dernière, évidemment, date du 10 juillet contre le Portugal, et là, elle vaut très cher puisqu’elle coûte un titre européen qui semblait acquis aux Bleus.

Moins de défaites quand ça compte

Grâce aux graphiques ci-dessous, on voit bien que les Bleus sont bien plus efficaces en compétition qu’en amical quand ils jouent à la maison, même s’il faut moduler cette statistique par le fait que la moitié de ces défaites amicales datent d’avant-guerre. Ils comptent un peu plus de sept victoires sur dix dans les matches à enjeu, contre tout juste la moitié dans les rencontres amicales.

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Le tableau des 16 défaites en compétition

# Genre Date Ville Adversaire score
810 Euro 10/07/2016 Saint-Denis Portugal 0-1
765 qCM 26/03/2013 Saint-Denis Espagne 0-1
731 qEuro 03/09/2010 Saint-Denis Biélorussie 0-1
692 qEuro 12/09/2007 Paris (Parc) Ecosse 0-1
578 qEuro 05/06/1999 Saint-Denis Russie 2-3
516 qCM 17/11/1993 Paris (Parc) Bulgarie 1-2
515 qCM 13/10/1993 Paris (Parc) Israël 2-3
467 qEuro 18/11/1987 Paris (Parc) RDA 0-1
460 qEuro 11/10/1986 Paris (Parc) URSS 0-2
336 qEuro 09/10/1971 Colombes Hongrie 0-2
318 qCM 06/11/1968 Strasbourg Norvège 0-1
287 qEuro 25/04/1964 Colombes Hongrie 1-3
261 Euro 09/07/1960 Marseille Tchécoslovaquie 0-2
260 Euro 06/07/1960 Paris (Parc) Yougoslavie 4-5
149 CM 12/06/1938 Colombes Italie 1-3
61 JO 01/06/1924 Colombes Uruguay 1-5

[1contre la Bulgarie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Biélorussie et la Suède

[5 Lire le récit de ces matches dans l’article 1993, une année dans le siècle.



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