Série d’été : c’était l’Euro 2000

Publié le 16 août 2019, mis à jour le 21 août 2019

Gagner une Coupe du monde, c’est extraordinaire. Enchaîner avec un Euro, c’est exceptionnel. En 2000, c’était même inédit. Des Bleus brillants mais moins dominateurs allaient s’imposer en maîtres du suspens.

L’an 2000. Dernière année du deuxième millénaire et du vingtième siècle (le vingt et unième a commencé le 1er janvier 2001). Date fantasmatique s’il en est pour les enfants des années 60-70 qui rêvaient de voitures volantes et de pastilles alimentaires faisant office de repas complet.

Pour les moins de vingt ans qui ne l’ont pas connue, 2000 a vu le début de la généralisation d’Internet en France avec le déploiement de l’ADSL qui permettait des débits plus confortables, même si les tarifs étaient encore élevés (265 francs par mois, environ 40 euros). Il y avait 8 millions d’internautes en France à cette époque, contre plus de 60 millions aujourd’hui.


 

Les vingt-deux sélectionnés

Roger Lemerre a été très conservateur : sur 22 joueurs convoqués, 18 faisaient partie du groupe en 1998. Seuls ont été remplacés les trois Auxerrois Lionel Charbonnier, Bernard Diomède et Stéphane Guivarc’h, alors qu’Alain Boghossian est forfait. Arrivent donc les Bordelais Ulrich Ramé, Johan Micoud et Sylvain Wiltord et le Madrilène Nicolas Anelka.
Hormis Ramé, tous auront du temps de jeu grâce à la rotation rendue possible contre les Pays-Bas grâce aux deux victoires initiales en phase de poule. Les absences ponctuelles de Lizarazu et Petit ont aussi laissé leur chance à Candela et Vieira, alors que Wiltord, Pires et Trezeguet se sont illustrés comme remplaçants décisifs en finale contre l’Italie (ils étaient également entrés en jeu tous les trois contre le Portugal en demi).

Debout, de gauche à droite : Girard (adjoint), Blanc, Zidane, Pirès, Lemerre (sélectionneur), Henry, Trezeguet, Micoud, Stéphan (adjoint). Milieu : Martini (adjoint), Candela, Dugarry, Wiltord, Petit, Thuram, Vieira, Djorkaeff, Emile (adjoint). Assis : Karembeu, Lebœuf, Ramé, Desailly, Lama, Anelka, Barthez, Lizarazu, Deschamps.
Debout, de gauche à droite : Girard (adjoint), Blanc, Zidane, Pirès, Lemerre (sélectionneur), Henry, Trezeguet, Micoud, Stéphan (adjoint). Milieu : Martini (adjoint), Candela, Dugarry, Wiltord, Petit, Thuram, Vieira, Djorkaeff, Emile (adjoint). Assis : Karembeu, Lebœuf, Ramé, Desailly, Lama, Anelka, Barthez, Lizarazu, Deschamps.

A noter qu’il y a une continuité entre ce groupe et celui champion du monde en 2018, puisque Didier Deschamps et Guy Stephan étaient déjà là en 2000, le premier en tant que capitaine, le deuxième comme adjoint du sélectionneur.

Les articles publiés match par match jusqu’au 27 août sont listés ci-dessous.

21 juin 2000 : Pays Bas-France

Le seul match de phase finale que les Bleus voulaient perdre, c’est celui-là. Et ils l’ont perdu, après avoir donné des sueurs froides aux Hollandais bousculés par une équipe de coiffeurs superbe et culottée.

16 juin 2000 : France-République tchèque

Suite de notre rétro avec analyse détaillée et commentaire des matches dans les conditions du direct. Retour à Bruges, le 16 juin 2000, pour un France-République tchèque déjà décisif, un vrai hutième de finale.

11 juin 2000 : France-Danemark

Et si on revoyait en intégralité et dans les conditions du direct les six matches des Bleus à l’Euro 2000 ? Début de la série avec la première rencontre le 11 juin à Bruges contre le Danemark. C’est parti !

Les Bleus menés pendant 101 minutes

Dans les graphes ci-dessous, on visualise les périodes où l’équipe de France a mené au score (en bleu, plus ou moins foncé suivant l’écart de buts), a été menée (en rouge) et et été à égalité (en gris).

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Alors que au cours des trois autres tournois qu’ils ont remportés, les Bleus ont été très peu menés au score (43 minutes en 1984, 12 en 2018 et seulement une minute en 1998), l’Euro 2000 a été propice aux renversements de situation. L’équipe de France a en effet été menée pas moins de 98 minutes en six matchs : 35 minutes en finale contre l’Italie, 32 minutes en demi-finale contre le Portugal et 31 minutes face aux Pays-Bas au premier tour. Ils ont même gagné les deux derniers matchs du tournoi (Portugal et Italie) sur le même schéma : menés au score une grosse demi-heure, puis égalisation, et victoire au but en or. Sans avoir jamais mené une seule minute !

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Les quatre stades des Bleus

Au premier tour, les Bleus s’installent à Bruges, au stade Jan-Breydel, de format très réduit (30 000 places). Ils y rencontrent le Danemark et la République tchèque, et y retournent en quart de finale pour y défier l’Espagne. Ils jouent aussi la demi-finale en Belgique, à Bruxelles, au stade du Roi-Baudoin (nouveau nom du Heysel de sinistre mémoire). Leurs deux excursions aux Pays-Bas sont plus difficiles, puisqu’ils sont battus à l’Arena de lAjax et frôlent la défaite contre l’Italie à Rotterdam.

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Articles déjà publiés :

Roger Lemerre, une étoile en héritage

Encore plus inattendue que celle de Jacquet, la nomination de Roger Lemerre ne soulève pas d’objection à l’été 1998. Avec une équipe offensive et joueuse, il remporte l’Euro 2000 mais ne renouvelle pas assez un groupe qui échoue deux ans plus tard.

Guy Stéphan : « l’adjoint est un réducteur d’incertitudes »

Dernier entretien spécial staff de Didier Deschamps avec son adjoint, Guy Stéphan. Les deux hommes travaillent ensemble depuis l’été 2009, mais leurs routes se sont croisées neuf ans plus tôt, à l’Euro 2000. Il parle de gestion des remplaçants, de l’observation, de l’accélération des carrières et de la parole des cadres à la Coupe du monde 2018.

Sylvain Wiltord, un joker chez les géants

Entré dans l’histoire pour son égalisation miraculeuse contre l’Italie en 2000, c’est le remplaçant le plus célèbre des Bleus. Polyvalent, efficace, Sylvain Wiltord mérite bien un portrait pour ses quarante ans.

David Trezeguet, l’héritier de Fontaine et Papin

Sa brillante et frustrante carrière en bleu gardera l’empreinte de l’Italie, contre laquelle il a d’abord transformé un tir au but en 1998, marqué un sublime but en or en 2000, et trouvé la barre au bout de la finale de 2006. Ce joueur-là, on l’a beaucoup aimé.

Zinédine Zidane, de l’ordre du phénix

Accidenté avant l’Euro 1996, expulsé au premier tour de 1998, sur le départ après l’Euro 2004, Zidane a plusieurs fois disparu avant de réapparaître encore plus fort et de quitter la scène en finale mondiale. Portait d’un prestidigitateur de lui-même.

Sur le balcon du Crillon, en juillet 2000

Il y a quinze ans, ce qui était sans doute la plus forte équipe de France de l’Histoire saluait la foule depuis le balcon de l’Hôtel de Crillon à Paris. Le palace de la place de la Concorde est actuellement en chantier, un peu comme les Bleus...

Ces matches gagnés que l’on croyait perdus

En compétition, les Bleus ont retourné un score défavorable 25 fois, dont trois fois en 2016. Il y a même eu un double retournement, et aussi un triple. Attention aux loopings !

1984, 1998, 2000, 2018 : quelle est la plus belle finale ?

Il y a trois ans, j’avais fait un test comparatif entre les finales perdues de 2006 et 2016. Cette fois, voyons voir les points communs et les différences entre les quatre finales gagnées par les Bleus.

Didier Deschamps, parce qu’il ne lâche toujours rien

103 sélections, 54 fois capitaine, champion de tout, la Dèche n’était pas le meilleur joueur français. Mais pour l’empêcher de gagner, bon courage. Devenu sélectionneur, il n’a pas changé, pour redevenir champion du monde en 2018. Monstrueux.

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