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Un an avant le monde

Publié le 30 mai 2017

Placés à mi-chemin entre un Euro et un Mondial, les matches de juin risquent de ne pas donner beaucoup d’indications sur qui ira en Russie. Retour sur l’évolution des listes à douze mois de l’échéance, depuis 1977.

Didier Deschamps a convoqué un groupe très élargi de 26 joueurs pour disputer les trois matches de juin contre le Paraguay à Rennes (vendredi 2), la Suède à Solna (vendredi 9) et l’Angleterre à Saint-Denis (mardi 13). Sachant qu’il manque dans cette liste Anthony Martial, Kingsley Coman, Kevin Gameiro, Tiémoué Bakayoko et Layvin Kurzawa, on arrive facilement à la trentaine de noms que le sélectionneur donnera en mai 2018, si bien sûr les Bleus ne se perdent pas en route d’ici-là.

L’expérience montre qu’il peut se passer beaucoup de choses lors d’une saison pré-mondiale, et notamment des blessures comme celles de José Touré en 1986, Robert Pirès en 2002, Djibril Cissé en 2006 ou Franck Ribéry en 2014. Il y a aussi des joueurs qui émergent au dernier moment tels Manuel Amoros en 1982, Jean-Pierre Papin en 1986, David Trezeguet en 1998, Franck Ribéry en 2006 ou Antoine Griezmann en 2014.

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Mais le rajeunissement de l’effectif a été si profond depuis septembre dernier avec l’arrivée de dix nouveaux [1] (sans compter Areola, Kimpembe et Thauvin, qui n’ont pas encore joué) qu’on voit mal qui pourrait se faufiler dans un trou de souris d’ici 2018.

On devrait donc retrouver une liste finale assez proche de celle de juin, à quelques exceptions près. Voyons ce qui s’est passé sur les quatre dernières décennies.

La moitié des joueurs convoqués un an avant la coupe du monde seront encore là pour la phase finale. Depuis 1977, les différents sélectionneurs ont gardé en moyenne douze joueurs d’une année sur l’autre, en tenant compte évidemment des forfaits et des méformes du moment, sans oublier les révélations des neuf derniers mois avant l’épreuve.

Dans les listes suivantes, les noms sur fond bleu sont ceux des joueurs présents à la coupe du monde et convoqués un an avant. Ceux sur fond rouge ont été écartés et ceux sur fond vert ont été ajoutés.

1977 : les Nantais ne font que passer

Ainsi Michel Hidalgo avait déjà en tête son ossature pour 1978 lors de la tournée sud-américaine de juin 1977 en Argentine et au Brésil, et ce malgré l’inexpérience de son équipe. Des sept joueurs qu’il écarte par la suite, un seul, Alain Giresse, fera une carrière conséquente en sélection. Et sur les dix qu’il convoque en avril 1978, seuls les Stéphanois Rocheteau et Lopez (laissés au repos un an plus tôt) et le gardien Dominique Dropsy se feront une place de titulaire.

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1981 : Lecornu, Delamontagne, vraiment ?

Entre 1981 et 1982, le turn-over est maximum (8 conservés, 14 appelés) mais s’explique par le contexte. Le France-Brésil de mai 1981 est marqué par une vague de forfaits qui conduit Hidalgo à former une équipe hybride (Pilorget, Lecornu, Moizan, Delamontagne...) privée de la plupart de ses cadres. Un an plus tard, il fait largement appel à des jeunes (Amoros, Bellone, Couriol) et tente un coup de poker dans les buts avec un quasi débutants (Ettori) et un revenant (Baratelli).

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1985 : Touré aurait eu sa place

Henri Michel sera dans la norme en mai 1985 lors du voyage en Bulgarie. Sur les seize joueurs (!) qu’il emmène à Sofia, douze iront au Mexique un an plus tard, José Touré déclarant forfait sur blessure en mars. Le sélectionneur complètera la liste avec dix noms, dont un petit nouveau, Jean-Pierre Papin. Bergeroo, Le Roux, Ferreri, Vercuysse, Genghini et Xuereb seront remplaçants.

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1997 : une attaque à reconstruire

Lors du Tournoi de France en juin 1997, Aimé Jacquet a quasiment sa liste en tête pour la Coupe du monde. C’est surtout le secteur offensif, en souffrance depuis trois ans, qu’il va renouveler en écartant Maurice, Ba, Keller, Loko et Ouédec pour faire appel à quatre nouveaux : les Auxerrois Diomède et Guivarc’h et les Monégasques Henry et Trezeguet. Bonne pioche, surtout pour les deux derniers.

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2001 : Lemerre fait tourner

Le cas de la Coupe des confédérations est particulier, Roger Lemerre en profitant pour former un groupe mixte, entre champions d’Europe disponibles et petits nouveaux. Aucun de ceux-ci (Gillet, Bréchet, Camara, Née...) ne s’imposera, et si on ajoute le forfait sur blessurre de Robert Pirès et la mise à l’écart de Nicolas Anelka et Christian Karembeu, c’est une demi-liste qui disparaît des radars entre l’été 2001 et le printemps 2002. Hormis Cissé et Christanval, qui ne serviront pas à grand chose, ce sera retour à la case départ.

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2005 : Et Zizou entendit des voix

Les Bleus de Raymond Domenech sont en pleine reconstruction au printemps 2005 quand ils reçoivent la Hongrie à Metz. Sans Barthez, Vieira, Henry et Trezeguet, le nouveau sélectionneur fait des tests avec Rothen, Dhorasoo, Squilacci ou Giuly. Mais le retour inattendu, en août, de Zinédine Zidane accompagné de Thuram et Makelele interrompt ce processus. Franck Ribéry s’incruste dans la liste finale, tout comme Pascal Chimbonda qui ne sera là que pour le fun.

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2009 : Henry et Anelka, mais pas Vieira

Avec 24 noms pour deux matches amicaux sans enjeu contre le Nigéria et la Turquie, Raymond Domenech fait une large revue de détail un an avant l’Afrique du Sud. Huit joueurs seront finalement écartés, dont Karim Benzema et surtout Patrick Vieira, alors que Thierry Henry convaincra le sélectionneur de l’emmener dans ses bagages et que Nicolas Anelka participera, à 31 ans, à sa première Coupe du monde. On connaît la suite.

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2013 : il manque l’essentiel

La tournée sud-américaine des Bleus partait d’un bon sentiment, mais les absences de Pogba et Varane, et le degré de motivation tout relatif des débutants (Lacazette, Guilavogui, Grenier...) conduisent Deschamps à faire le ménage. L’arrivée d’Antoine Griezmann au printemps suivant compensera le forfait de Franck Ribéry, qui n’était pas du voyage de 2013.

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[1Sidibé et Dembélé en septembre, Rabiot, Lemar, Corchia et Costil en novembre, Mendy, Mbappé, Bakayoko et Tolisso en mars.



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