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Un si mauvais tirage, vraiment ?

Publié le 6 août 2011

Espagne, Biélorussie, Finlande et Géorgie : pour les Bleus, la route du Brésil s’annonce riche en virages en épingle et en pourcentages élevés. Pour autant, il n’est pas dit que l’équipe de France soit condamnée à viser la deuxième place synonyme de barrages. Voici pourquoi.

Fin 2009, les Bleus n’étaient pas protégés avant le tirage de la coupe du monde 2010, mais ils avaient eu la chance de tirer la tête de série la plus faible du lot, à savoir l’Afrique du Sud. On connaît la suite. En juillet dernier, l’équipe de France n’est toujours pas dans le premier chapeau, et cette-fois ci le sort et notre ami Ronaldo lui ont attribué la plus forte tête de série possible : l’Espagne, championne d’Europe et du monde en titre. Impossible de faire pire. Et pourtant, il est probable que ce tirage n’a pas beaucoup plu aux Espagnols...

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Et pour cause : en compétition, l’Espagne a toujours porté chance aux Bleus. S’il a fallu attendre le 27 juin 1984 et la finale de l’Euro pour assister au premier France-Espagne avec enjeu, la Seleccion n’a jamais eu le dessus depuis. Bilan : cinq victoires françaises dont deux en qualifications pour l’Euro en 1991 (3-1 à Paris et 2-1 à Séville), deux en phase finale de l’Euro (2-0 en finale en 1984 et 2-1 en quarts en 2000) et une en phase finale de coupe du monde (3-1 en huitièmes en 2006), auxquelles il faut ajouter un nul sans conséquence au premier tour de l’Euro 96 (1-1).

En amical, le bilan est nettement plus mauvais, avec un total de défaites supérieur au cumul des victoires et des nuls. L’Espagne reste sur deux victoires probantes acquises quelques mois avant son sacre européen (1-0, 2008) et mondial (2-0, 2010). Elle l’avait emporté également en mars 2001 face à des Bleus alors champions du monde et d’Europe en titre. Seule la période 1978-1998 a été favorable aux Bleus, avec trois victoires (dont celle lors de l’inauguration du Stade de France, cinq mois avant la coupe du monde 1998) pour un nul et une défaite (en 1981). Auparavant, c’était la soupe non pas à l’oignon mais à la grimace avec six défaites en sept matches avant-guerre et deux victoires en neuf rencontres entre 1949 et 1971.

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Les trois autres adversaires des Bleus — Géorgie, Biélorussie et Finlande — ont été rarement rencontrés en compétition. La Géorgie a été battue deux fois lors des qualifications pour l’Euro 2008 (3-0 à Tbilissi et 1-0 à Auxerre), pour ses deux seules rencontres contre les Bleus. Même chose pour la Finlande, que l’équipe de France a battu six fois sur six, dont quatre en compétition, à chaque fois lors de qualifications pour la coupe du monde (2-1 et 5-1 en 1960-61 ; 2-1 et 2-0 en 1992-93). Quant à la Biélorussie, ce serait sur le papier l’adversaire le plus difficile, puisqu’en deux rencontres en compétition (qualifications pour l’Euro 2012), les Bleus n’ont pris qu’un point sur six (0-1 et 1-1 en 2010-11). La défaite concédée en septembre dernier au Stade de France est donc la seule en quatorze matches de compétition contre nos quatre futurs adversaires (12 victoires et un nul).

En conclusion, il est certain que la qualification directe dans un groupe de cinq ne comportant aucune équipe très faible sera très compliquée. Il faudrait pour cela faire jeu égal avec les Espagnols (deux nuls par exemple) et rafler six victoires contre les trois autres équipes. En revanche, la deuxième place (qui permettra d’accéder aux barrages) semble tout à fait jouable. 

Quant au fait de savoir si l’Espagne (dont on imagine mal ne pas la voir défendre son titre au Brésil) représente un obstacle infranchissable, il est trop tôt pour le dire.

L’écart entre la Roja et les Bleus est pour l’instant inconstestable, mais on peut penser qu’il se réduira d’ici l’automne 2012 : l’expérience montre que s’il est possible d’enchaîner un Euro et une coupe du Monde (RFA en 72-74, France en 1998-2000, Espagne en 2008-2010), conserver un titre est autrement plus difficile. Aucune sélection européenne n’y est plus parvenue depuis l’Italie (coupes du monde 1934-1938). La RFA a connu un sérieux passage à vide après 1974 (défaite en finale de la coupe d’Europe des Nations 1976, élimination au second tour du Mundial 1978), et la France aussi en 2002 (élimination au premier tour de la coupe du monde, défaite en quarts de finale de l’Euro 2004). Les raisons sont connues : manque de motivation après avoir tout gagné, conservatisme du sélectionneur qui s’appuie plus que de raison sur ses cadres vieillissants, surmotivation des adversaires...

Si l’équipe espagnole (plus ou moins plombée par les rivalités entre barcelonais et madrilènes) amorce l’an prochain une redescente inéluctable, et que les Bleus, remis en confiance après un bon Euro, abordent les qualifications sans complexe, la double confrontation pourrait être plus serrée qu’on ne le croit.



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