Une victoire à faire peur

Publié le 2 septembre 2011, mis à jour le 6 septembre 2011

Au terme d’une deuxième mi-temps d’une indigence stratosphérique, les Bleus ont obtenu ce qu’ils sont venus chercher à Tirana. Mais cette victoire face à l’Albanie (2-1) inquiète plus qu’elle ne rassure tant les défaillances collectives et individuelles ont été nombreuses.

Le résultat était-il prévisible ?

On s’attendait à une victoire à l’arraché et on n’a pas été déçu. Laurent Blanc et toute son équipe auraient signé sans problème pour ce 2-1 avant le match, qui d’un point de vue comptable est une bonne affaire. Ce qui était moins prévisible, c’est la facilité avec lesquels les Bleus ont pris l’avantage dans une défense albanaise en carton, et leur naufrage complet pendant une demi-heure en deuxième période après avoir offert un but à leurs hôtes qui n’en demandaient pas tant.

L’équipe est-elle en progrès ?

Comme face au Chili, les Bleus ont ouvert le score très tôt dans le match (Benzema, 11e), et ont doublé la mise juste après (M’Vila, 18e), s’offrant un 2-0 inédit depuis le Luxembourg en mars dernier. Avec 72 minutes devant eux pour marquer un troisième but qui plierait définitivement la rencontre, les coéquipiers d’Alou Diarra avaient alors fait le plus difficile.

Il aurait cependant fallu jouer sur un tout autre rythme pour achever de déstabiliser une sélection albanaise qui n’avait pas inventé l’eau tiède, mais qui, perdu pour perdu, allait vendre chèrement sa peau. Et alors qu’on s’interrogeait sur les maladresses de la paire axiale Kaboul-Abidal, celle-ci offrant à Bogdani l’occasion de relancer le match dès le retour des vestiaires. Mais ce qui allait suivre était encore pire : une horrible demi-heure où les Bleus seraient incapables d’aligner trois passes d’affilée et qui verraient se succéder les attaques adverses devant Lloris.
C’est bien l’enseignement principal de la soirée, et ce n’est pas rassurant du tout : cette équipe peut perdre les pédales au cours d’un match quasiment plié, et manquer de la plus élémentaire lucidité pour parvenir à reprendre le fil des événements. Et c’était face à l’Albanie.

Quels joueurs sortent de ce match renforcés ?

Aucun. Tout au plus peut-on relever ceux qui ont approché leur niveau normal : Yann M’Vila, qui a prouvé par son but qu’il avait une belle qualité de frappe et Karim Benzema, pour sa première mi-temps (une passe décisive et un but) et sa fin de match honorable.

Quels joueurs sortent de ce match affaiblis ?

Younès Kaboul a perdu en deuxième période tout le bénéfice accumulé cet été. Inhabituellement fébrile, mal placé et maladroit dans ses interventions, il perd une balle plein axe (12e) que Sahili aurait pu transformer en but sans la barre, et il est le principal fautif sur la réduction du score albanaise. Patrice Evra a été inexistant en première mi-temps, a tel point que Ribéry est venu défendre à sa place, et ce n’est pas ce qu’il fait le mieux.

Le Munichois n’a d’ailleurs pas fait grand chose de bon, hormis son coup-franc repoussé par Ujkani sur la barre (37e) et une percée achevée par un bon centre (81e). Le reste : des mauvais choix, des contrôles approximatifs et des passes ratées. Ce n’est pas mieux côté droit, où le duo Réveillère-Malouda a été constamment en difficulté, débordé pour le premier et contré pour le second. L’attaquant de Chelsea ne sert à rien de ce côté-là, quant au Lyonnais, il a manqué une belle occasion de concurrencer Sagna.

Dans l’axe, Alou Diarra a rarement porté le jeu vers l’avant et a été insuffisant dans son rôle de récupérateur, sans même parler des responsabilités que devraient lui donner le brassard. Dommage que Martin soit rentré beaucoup trop tard (81e), alors que son association avec M’Vila avait été prometteuse contre le Chili en août.

Enfin, Samir Nasri aurait gagné à moins parler dans la presse et à plus jouer sur le terrain. Son apport aura été encore une fois bien faible dans des circonstances pourtant favorables. Pas sûr qu’on le revoit à Bucarest mardi.

Quelles sont les attentes pour la prochaine rencontre ?

Le classement plutôt favorable aux Bleus (trois points d’avance sur la Bosnie, quatre sur la Biélorussie et cinq sur la Roumanie) ne les contraint plus à gagner à Bucarest, puisqu’un nul les assurerait de rester en tête avant les deux dernières rencontres à domicile. On s’attachera donc à retrouver une défense solide (on sait déjà qui Rami va remplacer) et on regardera avec attention la composition du milieu de terrain. La clé du match contre la Roumanie est là, mais il faudra sans doute être patient : à l’aller l’an dernier, le résultat avait basculé dans les dix dernières minutes.

A paraître le 25 octobre

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