Un nouveau maillot à la virgule près

Publié le 17 janvier 2011, mis à jour le 14 avril 2011

Il est là, il est bleu, il est sobre : c’est le maillot des Bleus, collection 2011. De la marque américaine doublée d’une belle épaisseur d’euros : 320 millions pour la période qui va jusqu’à la coupe du monde 2018 en Russie. On comprend qu’il ait plu à la FFF...

Exit donc les trois bandes de la marque allemande, équipementier des Bleus depuis 1972. Désormais, c’est la marque américaine à la virgule qui habillera l’équipe de France de football, au moins jusqu’en juillet 2018 et la coupe du monde russe. Bien que les derniers maillots tricolores aient rivalisé dans la laideur et le mauvais goût absolu, on doute que ce soient des considérations esthétiques qui aient guidé la fédération au moment de choisir le nouvel équipementier. A 320 millions d’euros pour 7 ans (42,5 millions par an, auxquels il faut ajouter 2,5 millions de dotation d’équipement annuelle et des primes de résultats), l’entreprise de Beaverton (Oregon) était sûre de décrocher le gros lot.

A 22 jours du prochain France-Brésil (qui partage désormais le même équipementier), le nouveau maillot a donc été présenté à Paris comme un défilé de mode dont les mannequins se prénomment Abou (Diaby), Florent (Malouda), Yann (Mvila) et Alou (Diarra). On s’étonne presque de ne pas trouver Gourcuff et Mexès dans le casting, et on se souvient d’une époque où le changement de tunique se faisait sans chichi, le nouveau maillot étant dévoilé au moment de l’entrée des équipes sur le terrain. Autres temps, autres mœurs. En 1958, par exemple, où l’on portait les manches longues en été, on n’en faisait pas tant. Même si le maillot de la coupe du monde en Suède nous rappelle vaguement quelque chose (avec un écusson certes moins discret).

L’ensemble est remarquablement sobre et remarquablement dépourvu de rouge, ce qui rapproche aussi ce maillot de celui porté en 2008-2009 après l’Euro. Mais attention à la feinte : rouge il y a, dans le des manches. Autrement dit, si vous voulez la révolution, il va falloir se retrousser les manches et montrer les biceps, puisque en ces temps de réchauffement climatique les manches se portent courtes été comme hiver.

Pour des raisons autant sentimentales qu’esthétiques, je garde un souvenir attendri de la tunique 1982, avec ses fines rayures verticales très élégantes et celle du premier titre européen en 1984 et de l’année parfaite (12 victoires sur 12). J’aime bien aussi, pour leur sobriété, celles de 2000 et de 2002, même si cette dernière était déconseillée à enlever car dotée d’une redoutable doublure en forme de filet dans lequel Trezeguet, on s’en souvient, s’empêtra une bonne minute après avoir marqué contre l’Ecosse.

Enfin, peu importe le maillot. Ce qui compte, c’est ce qu’en feront les joueurs. Mais c’est une autre histoire.

A paraître le 25 octobre

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