En attendant l’Euro : la complainte de l’organisateur

Publié le 1er décembre 2015, mis à jour le 2 mars 2016

PNG - 21.7 koIl ne fait pas bon recevoir à l’Euro. Les quatre derniers pays organisateurs n’ont fait que passer avant de laisser les invités s’amuser sans eux. Les Bleus feront-ils mieux l’an prochain ?

Est-ce un avantage que de jouer un Euro à domicile ? En coupe du monde, ça l’a été avant guerre (Uruguay 1930, Italie 1934) et au tournant des années 70 (Angleterre 1966, Allemagne 1974, Argentine 1978) mais ça ne l’est plus, puisqu’un seul organisateur l’a emporté lors les neuf dernières éditions. Pourtant, parmi ces pays-hôtes, on comptait l’Espagne (1982), l’Italie (1990), l’Allemagne (2006) ou le Brésil (2014), quatorze titres mondiaux à eux quatre.

D’ailleurs, si l’Allemagne a triomphé deux fois en Italie (à l’Euro 80 et au Mondiale 90), la Squadra Azzura lui a rendu la politesse à Berlin en 2006. Evidemment, on n’attendait pas grand chose du Mexique (1986), des Etats-Unis (1994), de la Corée du Sud et du Japon (2002) et de l’Afrique du Sud (2010) et il n’y a pas eu de surprise, hormis la quatrième place décrochée par la Corée grâce en partie à un arbitrage généreux.

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Dino Zoff et l’Italie en 1980.

Un sur douze à l’Euro

A l’Euro, c’est encore pire. Depuis 1980 et l’instauration d’une phase finale, on compte douze pays organisateurs puisque trois Euros (2000, 2008 et 2012) ont eu lieu dans deux pays. En neuf éditions, le pays hôte l’a emporté une seule fois. Une autre fois il a atteint la finale, cinq fois la demi-finale, il a fini une fois troisième et a été éliminé cinq fois au premier tour. Certes, on pourra toujours dire que les chances de la Suède en 1992, de la Belgique en 2000, de l’Autriche et de la Suisse en 2008 ou de la Pologne et de l’Ukraine en 2012 étaient plutôt minces. Mais que penser du Portugal en 2004, des Pays-Bas en 2000, de l’Angleterre en 1996, de l’Allemagne en 1988 ou de l’Italie en 1980 ?

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On pourrait alors prendre l’argument que lorsqu’ils ont été organisateurs, ces pays-là étaient plutôt au creux de la vague. Or l’Italie a été championne du monde en 1982, deux ans après son Euro, comme l’Allemagne d’ailleurs en 1990. Les Pays-Bas ont atteint une demi-finale mondiale en 1998, comme le Portugal en 2006. Hormis l’Angleterre des années 90, on ne peut pas vraiment parler de passage à vide ou de génération perdue.

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Edgar Davids et les Pays-Bas en 2000.

L’exception française

La seule exception a ce chassé-croisé, c’est bien entendu la France. Seule nation à avoir remporté à domicile un Euro et une coupe du monde (en l’espace de quatorze ans), c’est aussi la dernière à l’avoir fait dans les deux catégories. Et on pourrait y ajouter la coupe des confédérations 2003, pour faire bonne mesure.

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Michel Platini et la France en 1984.

Autrement dit, s’il y a bien une sélection pour qui jouer à la maison a encore un sens, c’est bien la nôtre. Est-ce à dire que l’affaire est entendue ? Certainement pas. Mais on pourrait regarder contre qui sont tombés les onze pays organisateurs depuis 1980, histoire de savoir qui il est préférable d’esquiver. La réponse est vite trouvée.

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Et à la fin ce sont les Allemands qui éliminent

Trois fois, l’Allemagne a barré la route au pays hôte : la Suède en 1992, l’Angleterre en 1996 et l’Autriche en 2008 [1]. La Turquie arrive derrière avec deux fins de parcours pour la Belgique (en 2000) et la Suisse (en 2008). Les Pays-Bas, l’Italie, la Grèce, la République tchèque et la France complètent le tableau. A noter que sortir l’organisateur n’est pas un passeport pour le titre, loin de là. Ce n’est même arrivé que trois fois : les Pays-Bas en 1988, l’Allemagne en 1996 et la Grèce en 2004, qui s’était offert le plaisir sadique de battre le Portugal deux fois, en ouverture et en clôture du tournoi.

Conclusion : la France a de grandes chances de gagner l’Euro à domicile, à condition d’éviter l’Allemagne. Comment ça, on s’en serait douté ?

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Thomas Hässler et l’Allemagne en 1992.

[1Dans le cas d’une élimination au premier tour, on prend en compte l’adversaire contre qui l’organisateur perd sa dernière chance de qualification.

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