Ce qui se passe après l’ouverture du score (1) : depuis 2012

Publié le 16 février 2019

Depuis août 2012, combien de fois les Bleus ont-ils marqué en premier ? Et que s’est-il passé ensuite ? Et si l’adversaire égalise ? 85 matchs décortiqués patiemment sous la forme d’une arborescence qui démonte les idées reçues.

Mise à jour d’un article publié initialement en septembre 2018.
Lire la première partie portant sur l’ensemble des matchs : Ce qui se passe après l’ouverture du score (2) : depuis 1904

Depuis quelques saisons, il y a comme une impression récurrente : celle que les Bleus ouvrent souvent le score, mais qu’ils peinent à marquer un deuxième but qui leur permettrait de « tuer » le match.

En 2018, c’était le cas contre les Pays-Bas, la Croatie, l’Argentine, l’Australie et les Pays-Bas, qui ont égalisé avant de s’incliner, alors que face à la Belgique, au Pérou ou à l’Uruguay en novembre, le score est resté bloqué à 1-0, laissant les Bleus sous la menace d’une égalisation tardive.


 

Pour en avoir le cœur net, et parce qu’il faut être prudent avec les impressions, j’ai décortiqué les 89 matchs depuis août 2012, date des débuts de Didier Deschamps au poste de sélectionneur. Et j’ai tenté de représenter l’évolution des scores (pour le premier et pour le deuxième but) sous la forme d’une arborescence.

Que constate-t-on ? Sur les 89 matchs, il y en a 10 où le score n’a pas été ouvert. Ce sont bien entendu les 0-0. A noter qu’ils représentent près des deux tiers des 16 nuls de la période.

56 fois sur 79, les Bleus marquent les premiers

Restent 79 rencontres comptant au moins un but. Sur ce total, l’équipe de France a ouvert le score 56 fois (71% environ) et son adversaire 23 fois (29%). Donc, une fois mis de côté les 0-0, les Bleus marquent en premier sept fois sur dix. Impression confirmée.

PNG - 58.8 ko

Que se passe-t-il maintenant quand l’équipe de France a ouvert le score ? Trois hypothèses : tout d’abord, on en reste là, victoire 1-0. C’est arrivé 9 fois. Ensuite, les Bleus marquent à nouveau et mènent 2-0. C’est arrivé 33 fois. Enfin, l’adversaire égalise, ce qu’on a vu 14 fois.

Quand ils mènent 2-0, les Bleus ont-ils match gagné ? Presque toujours. En tout cas, il n’y a jamais de nul : 32 victoires et une seule défaite (contre la Colombie en mars 2018).

Si on se résume, quand ils marquent en premier, les Bleus doublent la mise dans 59% des cas. Dans 16%, ils s’en tiennent là et gagnent 1-0. Le reste (25% des cas), l’adversaire égalise. C’est donc assez peu fréquent.

L’adversaire gagne 12 fois sur 23 quand il ouvre le score

Voyons ce qui se passe quand, après avoir mené, les Français sont rejoints au score. Sur 14 fois, ils gagnent plus de la moitié des matchs (8) et ne perdent que trois fois (deux fois 1-2 et une fois 1-3). Les trois nuls restants se partagent entre deux 1-1 et un seul 2-2 (l’Allemagne-France de 2017, avec une égalisation allemande dans les dernières secondes du temps additionnel).

Autrement dit, quand les Bleus marquent les premiers, ils gagnent 49 fois sur 56, pour 3 nuls et 4 défaites.

Et si ce sont eux qui encaissent le premier but, que se passe-t-il ? C’est arrivé 23 fois, et dans six cas, le score est resté à 0-1. Il est très rare que l’équipe de France concède ensuite un deuxième but dans la foulée (7 fois sur 20), mais là, c’est presque toujours fatal, avec quatre 0-2 (Ukraine 2013, Angleterre 2015, Espagne 1017 et Pays-Bas 2018), un 0-3 (Brésil 2013) et un 3-4 après avoir été mené 0-3 (Belgique 2015). Et un seul nul 2-2 (Islande 2018).

Si les Bleus égalisent, bizarrement ils font mieux que lorsque c’est l’adversaire qui revient à leur hauteur : sept victoires qui sont autant de renversements de score (dont un 4-1 contre la Bulgarie en 2016 et un 4-2 en Biélorussie en 2013) et trois nuls.

PNG - 78.5 ko

Celui qui marque le premier l’emporte dans 8 fois sur 10

En résumé, en 89 matchs, les Bleus ont gagné aussi souvent (56 fois) qu’ils ont ouvert le score (56), même si les deux statistiques ne se chevauchent qu’en partie. Et l’importance du premier but est évidente, comme toujours dans le football moderne : celui qui marque d’abord l’emporte 61 fois sur 79 (77% des cas) et ne perd que 11 fois (14%). Un point intéressant à retenir est le très faible nombre de matchs nuls une fois le score ouvert : seulement 7 en 79 rencontres (9%).

L’équipe qui mène 2-0 a quasiment toujours match gagné : 38 fois sur 40 (95%). Et quand une équipe égalise à 1-1, c’est logiquement équilibré : 10 victoires sur 24 (42%) pour 8 défaites (33%) et 6 nuls (25%).

Pour synthétiser toutes ces informations en un coup d’œil, voici une arborescence. Elle se lit de la façon suivante : sont détaillés pour l’ensemble des 89 matchs les victoires de la France (en bleu), les nuls (en gris) et les défaites (en rouge).

Pour chaque score, le chiffre au-dessus indique le nombre de matchs terminés sur ce résultat : pour les 0-0 c’est 10, pour les 1-0 c’est 8, pour les 0-1 c’est 6.

Les traits orange orientent vers les différents cas, avec pour chacun les statistiques de tout ce qu’il y a à côté et en dessous. Par exemple, les Bleus ont mené 56 fois 1-0, et dans ce cas, ils ont gagné 49 fois. A l’inverse, ils ont été menés 23 fois 0-1 et ont perdu 12 fois.

Au-delà du deuxième but du match, l’arborescence s’arrête, mais les scores des rencontres à trois buts ou plus sont indiquées en dessous.

PNG - 158.2 ko

pour finir...

Merci à Hugo Colombari pour son aide et ses conseils judicieux sur la mise en forme de l’arborescence.

Derniers livres parus

Sites partenaires


Stats sur l'équipe de France


Base de données mondiale


265 matchs des Bleus en intégralité