Bleu de presse #34

Publié le 26 mai 2021 - Bruno Colombari

Le retour de Karim Benzema est bien parti pour occuper les médias au moins jusqu’au premier match des Bleus à l’Euro. Cette semaine, il s’est exprimé lui-même dans l’Equipe.

Jérôme Latta analyse sur le site du Monde la logique du rappel de Benzema par Deschamps : « Certains lui prêtent, à demi-ironiquement seulement, l’arrière-pensée de se couvrir en cas d’échec sportif. Ils exagèrent son machiavélisme. Si roué soit-il, il n’est pas homme à prendre une décision potentiellement nuisible à l’équipe et à la cohésion du groupe. Ce n’est pas Raymond Domenech, pour le dire autrement. » Sur la forme de cette réconciliation inattendue, il ajoute : « On ne sait pas si l’un a présenté ses excuses à l’autre, ni comment le différend a été abordé et réglé entre eux… pour être finalement effacé. Leurs échanges sont restés confidentiels ; leur communication, minimale et convenue. On passe l’éponge, on lessive le passif : l’amnistie, avec une dose d’amnésie. »

Le rappel de Karim Benzema est un coup tactique à plusieurs bandes, par Jérôme Latta sur le site du Monde le 23 mai


A peine le retour de Benzema avait-il été annoncé que les élus du RN se jetaient sur l’info comme des morts de faim. Du « il n’a qu’à jouer pour l’équipe algérienne » de Stéphane Ravier au « on a cédé à une partie racaille de la France » de Jordan Bardella, c’était un festival de n’importe quoi. Derrière les invectives, il y a une stratégie, explique Nicolas Ksiss-Martov sur So Foot : « Ces polémiques surviennent alors que le reste de la classe politique a plutôt bien accepté le retour de l’ancien paria, y compris au sommet de l’État. Ce consensus représentait du pain béni pour un RN largement banalisé, l’étape de la dédiabolisation étant dépassée depuis longtemps puisque ses idées sont largement promues par des chroniqueurs (voire des journalistes) qui finissent par se présenter sur ses listes. » Et de rappeler que le football et l’extrême droite n’ont jamais fait bon ménage, notamment depuis Vichy. Le RN roule plutôt « pour le rugby des terroirs ».

Pourquoi le Rassemblement national s’empare-t-il du foot ? par Nicolas Ksiss-Martov sur le site de So Foot le 24 mai


Quand il ne parle pas de lui-même (ce qui est rare), Michel Platini dit souvent des choses sensées. Dans une interview accordée à LCI et relatée par RMC Sport, il rappelle la place qu’avait la Marseillaise dans les années 80 en équipe de France : « Dans notre génération, on ne la chantait jamais la Marseillaise. Ça a commencé à chanter dans les années 1990 je pense, à cause des rugbymen qui la chantaient. Donc on se demandait pourquoi les Français ne la chantaient pas. Après, on a commencé à regarder les joueurs qui ne la chantaient pas en fonction de leur couleur. Et parce qu’il y en avait un qui était un peu plus coloré, on disait : ‘Tiens, il ne chante pas. Il ne doit pas aimer la France’. C’est faux. Nous, on ne chantait pas en équipe de France, pourtant on était tous blancs. »

« Notre génération ne chantait jamais la Marseillaise », rappelle Platini, par Alexandre Jaquin sur RMC Sport le 25 mai


Après avoir raté pour quelques heures le retour de Benzema dans son numéro du 18 mai, France Football y revient une semaine plus tard, pour ses adieux sous sa forme hebdomadaire (il devient mensuel à partir de juin). Thierry Marchand a interrogé des sélectionneurs étrangers, et leur avis est unanimes, à l’instar de celui de la Hongrie, Marco Rossi : ça va être compliqué pour les adversaires. « Cela fait des mois que j’étudie l’équipe de France, et très sincèrement, j’ai beau retourner le problème dans n’importe quel sens, je lui trouve énormément de points forts et presqu’aucune lacune, que ce soit sur le terrain et aussi sur le banc avec Deschamps. La France était déjà l’équipe la plus forte du groupe, indépendamment de Benzema. Avec son retour, elle reste un favori de l’Euro. »

Tout le monde est gagnant… sauf leurs adversaires ! par Thierry Marchand dans France Football le 25 mai 


JPEG - 72.4 ko

L’interview que l’avant-centre a accordé à L’Equipe et à Hugo Guillemet une semaine après l’annonce de son retour est étonnante. On y découvre un Benzema euphorique, qui raconte comment il a appris la nouvelle mardi chez lui à Madrid, qui affirme que Deschamps ne lui a pas dit, quand ils se sont rencontrés, s’il serait convoqué pour l’Euro. Il parle aussi de son nouveau numéro, le 19 : « Je prends ce qu’il y a . E t puis le 19, c’est celui de mes débuts à Lyon. Et de toutes façons, ça fait 10+9. Donc voilà, les deux numéros que j’aime en un seul ! Honnêtement, je suis tellement content de revenir en équipe de France qu’un numéro de maillot, ce n’est rien du tout ». Sur son accueil par le groupe, il dit n’avoir aucune appréhension, même avec Olivier Giroud : « J’ai déjà joué avec lui, là ça va être pareil qu’avant. »

Karim Benzema : « je ne pouvais pas baisser les bras » par Hugo Guillemet, dans L’Equipe du 25 mai


Guy Stéphan est revenu sur la liste des 26 sur l’antenne de RTL dans l’émission d’Eric Silvestro : « En ce qui concerne Karim, la décision a été prise il y a quelques temps. C’est une décision murie. A un moment donné, les performances de Karim étaient très importantes. On en a beaucoup parlé avec Didier et à un moment donné il a été décidé de le rencontrer. […] C’est une période qui l’avait beaucoup affecté en 2015-2016, après le temps a fait son oeuvre. Il a montré par le passé qu’il était capable de pardonner, il le fait encore aujourd’hui. C’est une preuve d’intelligence.[…] Il y a sûrement une animation qui va être différente en fonction du profil des joueurs. Le défi sera aussi défensif à la perte du ballon. […] C’est très difficile de rester au plus haut niveau, on l’a vu avec l’Espagne et l’Allemagne. Parce qu’on a tendance à tomber dans le confort quand on gagne, et le confort n’est pas générateur d’efforts. »

Guy Stéphan revient sur la liste des 26 pour l’Euro, sur RTL foot le 21 mai (à partir de la 37e minute) dans l’émission d’Eric Silvestro.


On l’a presque oublié, mais le rassemblement des Bleus à Clairefontaine commence ce mercredi. 22 Bleus sont attendus, puisque Pogba joue la finale de la C3 avec Manchester United mercredi soir et que Kanté, Giroud et Zouma préparent celle de la C1 avec City samedi. Quant à la vaccination, elle n’est pas imposée par l’UEFA et la FFF, même si la plupart des joueurs ont déjà reçu une première dose. « D’autres, qui ont contracté la maladie, ont a priori développé des anticorps qui les immuniseraient au moins pour la durée de la préparation puis de la compétition. »

Vaccination à la carte, par François Verdenet dans l’Equipe du 26 mai
Soutenez chroniquesbleues sur Tipeee

En savoir plus

Derniers livres parus

Sites partenaires


Une autre manière de raconter le foot


Trophée virtuel spécial Euro


Foot et culture populaire


Stats sur l'équipe de France


Base de données mondiale


325 matchs des Bleus en intégralité