Bleu de presse #51

Publié le 9 mars 2022 - Bruno Colombari

Les Bleus sans diffuseur en juin, les dernières nouvelles des barrages, Camavinga, Diaby et Giroud se montrent, l’hommage à Wisniewski, Galtier plaît à Le Graët, la statue de Prouff et un portrait de Youri Djorkaeff.

Verra-t-on les matchs de l’équipe de France en juin prochain, quand commencera la phase qualificative de la Ligue des Nations 2023 ? La question peut sembler saugrenue, mais elle est pourtant sérieuse : Etienne Moatti y revient le 5 mars dans L’Equipe du 5 mars. « Lancé à l’automne dernier, l’appel d’offres pour la période 2022-2028, a été déclaré infructueux par l’UEFA qui centralise la vente des droits des équipes nationales. Après un premier tour de propositions ­financières jugées catastrophiques, TF1 et M6, les deux diffuseurs actuels, ont légèrement augmenté leurs offres pour atteindre péniblement 2,4 millions d’euros par match. Soit une baisse considérable par rapport au tarif actuel (3,5 millions d’euros). » Sachant que les matchs de l’équipe de France sont réservés à des chaînes diffusant en clair, l’idée du moment est de « signer un contrat minimum avec simplement ces six rencontres, en espérant des jours meilleurs un peu plus tard. Ou alors de ­conclure un deal de deux ans, jusqu’en 2024, et pas jusqu’en 2028 comme initialement prévu. »

Le trente-deuxième et dernier qualifié pour la Coupe du monde 2022 ne sera connu qu’en juin prochain. En effet, comme l’exclusion de la Russie de la phase de barrages de la zone Europe par la FIFA (la Pologne jouera donc directement contre le vainqueur de République tchèque-Suède le 29 mars), le report du match Ecosse-Ukraine bouleverse le calendrier. Ce match se jouera en juin, pendant la semaine internationale consacrée à la Ligue des Nations. Le vainqueur rencontrera le pays de Galles ou l’Autriche pour la dernière place qualificative. Le tirage au sort du premier tour de la Coupe du monde aura lieu le 1er avril à Doha (Qatar).

L’international français qui monte, en cette fin d’hiver, ce n’est pas Kylian Mbappé mais Moussa Diaby. L’attaquant du Bayer Leverkusen est dans une forme exceptionnelle, comme le rappelle Alexis Menuge dans l’Equipe du 4 mars. Avec 12 buts et 7 passes décisives, il est très demandé à quelques mois de la Coupe du monde. A tel point que le Bayer, qui souhaite le garder une saison de plus pour jouer la Ligue des champions à l’automne, en demande pas moins de 100 millions d’euros.

Il ne reste plus qu’un seul Français vivant parmi les titulaires de la demi-finale contre le Brésil en 1958 : c’est Just Fontaine, puisque Maryan Wisniewski, qui évoluait sur l’aile droite en Suède, est décédé le 3 mars. La FFF lui rend hommage sur son site, en rappelant qu’il avait débuté à 16 ans au RC Lens et que sa première sélection, en 1955, avait fait de lui le plus jeune Bleu de l’après-guerre à 18 ans.

Et si ce n’était pas Zidane ? Annoncé comme successeur de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France depuis des lustres, Zizou pourrait ne pas être libre début 2023, dans l’hypothèse où Deschamps ne prolongerait pas, évidemment. Et dans ce cas, le plan B pourrait s’appeler Christophe Galtier. Champion de France avec Lille l’an dernier, le Marseillais continue de briller avec Nice, actuel deuxième de Ligue 1 et finaliste de la Coupe de France. Dans un entretien donné à Europe 1, Noël Le Graët, président de la FFF, se montre élogieux : "Regardez ce qu’il a fait cet homme. Ce qu’il a fait à Lille, et ce qu’il fait à Nice mérite le respect ».

En voilà deux qui n’ont pas perdu leur temps ce week-end. A quelques jours du match retour de Ligue des Champions contre le PSG à Madrid, Eduardo Camavinga a profité de sa titularisation, chose rarissime avec Ancelotti, pour marquer contre la Real Sociedad et lancer le succès du Real (4-1). Une excellente idée pour attirer l’attention de Didier Deschamps, qui annoncera sa liste des 23 le 17 mars prochain. A Naples, Olivier Giroud a fait aussi un petit coucou au sélectionneur en marquant le but de la victoire pour l’AC Milan, son onzième de la saison.

Très bel article de fond signé Enzo Leanni sur la carrière de Youri Djorkaeff, même s’il est plutôt consacré à son parcours en club qu’en sélection, alors qu’il y aurait eu beaucoup à raconter. Le Snake débute sa carrière internationale contre Israël en octobre 1993 et reste sur le banc contre la Bulgarie le mois suivant. Et gagne sa place en 1994 avec Jacquet. « Exit Cantona, Papin et Ginola, les nouveaux tauliers de devant se nomment Djorkaeff et Zidane, les « deux soleils » de Jacquet. Discrets dans la vie de tous les jours, les deux artistes se comprennent magnifiquement sur le terrain. Ensemble, ils rappellent les grandes heures du football français jusqu’alors et ses associations de maestros tels que Piantoni-Kopa ou Giresse-Platini. 49 fois alignés ensemble, ils ne perdent que trois rencontres et sont complémentaires : lorsque l’un est à la passe, l’autre est au tir, voire au but. »

Ce n’est pas l’international français le plus connu, bien qu’il compte 17 sélections dans l’immédiat après-guerre. Mais le Rennais Jean Prouff est l’un des très rares footballeurs français à avoir sa statue. Et, chose encore plus étonnante, « Elle ne se trouve pas sur le parvis du stade mais dans les tribunes, au milieu du public le soir des matchs », raconte Richard Coudrais dans Le Footichiste. « Ce n’est pas tant au joueur ou à l’entraîneur que la statue rend hommage, mais plus sûrement au fidèle spectateur qui suivit son club jusqu’à ses dernières forces. » Décédé en 2008, Jean Prouff a eu sa statue au Roazhon Park, inaugurée le 10 mars 2021. Elle est l’œuvre de la sculptrice Annick Leroy et elle est autrement réussie que le buste de Cristiano Ronaldo à l’aéroport de Madère.

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