Euro stats (1960-1996)

Publié le 25 mars 2020, mis à jour le 31 mars 2020

L’équipe de France va participer à l’été 2021 à son dixième championnat d’Europe. Plutôt que d’explorer à nouveau les éditions précédentes à travers le parcours des Bleus, redécouvrons-les sous l’angle des statistiques. Première partie.

Article écrit par Matthieu Delahais pour Chroniques bleues
Lire la deuxième partie, Euro stats (2000-2016)

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1960 : renversés par les Yougoslaves

La France organise le tour final du premier championnat d’Europe des Nations. Sa demi-finale l’oppose à la Yougoslavie, tandis que la seconde voit les Soviétiques affronter les Tchécoslovaques. Si les Yougoslaves ouvrent rapidement le score (Galic, 11e), Vincent (12e) remet tout de suite les Tricolores dans le match, puis Heutte (43e) et Wisniewski (52e) offrent une petite marge à la France. Les Yougoslaves ne s’avouent pas battus pour autant puisque Zanetic (55e) réduit le score, mais Heutte réalise un doublé (62e, 4-2) et maintient les Français à distance. A un quart de la fin, la France a toujours deux buts d’avance et se dirige vers la première finale de son histoire.

Mais l’invraisemblable se produit alors. En l’espèce trois minutes, la défense française encaisse trois buts (Knez 75e, puis Jerkovic 77e et 78e). Le gardien, Georges Lamia, dont la responsabilité est engagée sur au moins deux de ces trois buts est descendu en flamme dans la presse et la France échoue (4-5). Ce retournement de situation est le plus cruel de l’histoire de l’équipe de France. Mais ce n’était ni le premier, ni le dernier.

En phase finale, on peut citer pêle-mêle la défaite face à l’Autriche en huitième de finale de la Coupe du monde 1934 (2-3 en prolongations, alors que la France avait ouvert le score) et le revers lors du premier tour de l’édition 1958 face à ces mêmes Yougoslaves (2-3, avec une ouverture de score de Fontaine). Par la suite, le retournement de score le plus marquant est la défaite aux tirs au but en demi-finale de la Coupe du monde 1982 alors que les coéquipiers de Platini avaient mené 3-1 avant que les Allemands ne reviennent à leur hauteur. Mais il y a aussi la défaite en petite finale face à la Pologne en 1982 (2-3, après avoir mené 1-0) ou celles aux premiers tours des éditions 1966 (Uruguay 1-2) et 1978 (Italie 1-2).

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1984 : Platini roi des buteurs

Lorsque l’Euro 84 débute, les Bleus sont de sérieux candidats au titre. La compétition est organisée en France et l’équipe reste sur une quatrième place lors de la Coupe du monde 1982. Platini, Ballon d’or 1983 et qui vient de remporter la Coupe des Coupes avec la Juventus, semble au sommet de sa forme. C’est le patron et le meilleur buteur de l’équipe (26 réalisations). S’il pense au titre européen, le statut de roi des buteurs n’est sans doute pas sa principale préoccupation. Mais il pense peut-être devenir lors de cette compétition le meilleur buteur de l’histoire des Bleus. Il n’est qu’à un but de Fontaine (27 réalisations en 20 sélections) [1].

Le numéro 10 des Bleus va tout renverser sur son passage. Il permet d’abord à son équipe de se sortir du match compliqué face au Danemark en marquant le seul but du match. Il aligne ensuite deux triplés de rang face à la Belgique puis la Yougoslavie. S’il ne réalise pas son meilleur match en demi-finale contre le Portugal, c’est encore lui qui marque au bout des prolongations le but qui envoie la France vers sa première finale continentale. Enfin, c’est sur coup-franc qu’il donne l’avantage à son équipe en finale.

Avec neuf réalisations en cinq matchs, il reste à ce jour le meilleur buteur de l’histoire sur une phase finale (dont le nombre de rencontres est maintenant passé à 7 pour les finalistes). Ses 9 buts lui permettent également de devenir le meilleur buteur de la sélection avec 36 buts à son actif. Il égale Fontaine dès la rencontre face au Danemark (27 réalisations) et le dépasse allégrement après l’opposition face à la Belgique (3 buts qui lui permettent d’atteindre la barre des 30 réalisations en Bleu).

Cependant, en 1991, la FFF se lance dans un grand travail de remise à jour de ses statistiques et officialise une rencontre de 1953 face au Luxembourg (8-0) au cours de laquelle Fontaine avait réalisé un triplé, ce qui porte son total à 30 buts en équipe de France. Ce n’est donc que lors du match face à la Yougoslavie que Platini est devenu le vrai meilleur buteur de l’équipe de France.

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1992 : Amoros ouvre le top 80

Si les Bleus abordent l’Euro suédois avec de légitimes ambitions, le capitaine, Manuel Amoros fête sa 80e cape lors du match d’ouverture contre la Suède. C’est le premier français à atteindre ce niveau. A cette époque, le podium des joueurs les plus sélectionnés se compose donc d’Amoros, qui porte le record à 82 à l’issue de la compétition, suivi de Bossis (76) et de Platini (72). Trésor (65), Marche 63) et Fernandez (60) sont les trois autres seuls joueurs à avoir passé le seuil des 60 rencontres en Bleus. La sélection dirigée par Michel Platini compte pourtant en son sein deux joueurs qui vont largement dépasser ces chiffres, Deschamps (103) et Blanc (97), mais aussi Petit qui atteindra un total respectable (63).

De ce point de vue, la France était sérieusement en retard sur les autres nations du football. Parmi les nations championnes du monde, c’est l’anglais Wright qui est le premier à atteindre les 80 sélections en novembre 1956. Viennent ensuite le Brésil (Dos Santos, avril 1963), l’Allemagne (Beckenbauer, juin 1974) et l’Italie (Zoff, avril 1980). L’Espagne (Camacho, juin 1988) et l’Argentine (Maradona, juillet 1990). Seul l’Uruguay (Forlan, juillet 2011) atteindra ce cap après la France. On peut également citer, parmi les nations qui ont été plus précoces que la France, la Belgique (Van Himst, octobre 1974), la Pologne (Deyna, mai 1977) ou encore les Pays-Bas (Krol, novembre 1981).

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1996 : histoires de tirs au buts

Les Bleus passent sans trop de souci le premier tour de l’Euro (victoire contre la Roumanie 1-0 et la Bulgarie 3-1, partage des points face aux Espagnols 1-1). Ils sont confrontés aux Pays-Bas en quart de finale, puis aux Tchèques en demi-finale. Les deux rencontres se terminent sur un score nul et vierge et se jouent aux tirs au but.

Jusqu’alors, l’équipe de France avait dû faire face à cette épreuve à deux reprises. C’était à chaque fois en Coupe du monde et à l’issue de matches se classant parmi les beaux beaus de l’histoire de la sélection. En 1982, les Bleus s’inclinent en demi-finale face à la RFA par 4 tirs au but à 5. Quatre ans plus tard, ils sortent le Brésil en quart de finale par 4 tirs au but à 3, avec pourtant un échec de Platini.

Lors de ce championnat d’Europe, les Français respectent une sorte de tradition, en remportant leur second quart de finale dans ce exercice, mais en subissant un nouvel échec aux portes de la finale. Aimé Jacquet a confié aux cinq mêmes joueurs, lors de ces deux rencontres, la responsabilité de tirer les penalties. Zidane, Djorkaeff, Lizarazu, Guérin et Blanc ont tous les cinq réussi leurs deux tentatives. Lors du quart de finale, cela avait été suffisant puisque Lama avait stoppé la tentative de Seedorf. Mais en demi-finale, Pedros doit passer en tant que sixième tireur puisque les cinq tireurs tchèques ont également réussi leur tentative. Cette onzième tentative se soldera par un échec qui marquera la fin du parcours de l’équipe de France.

[1En 1991, le match France-Luxembourg de 1953, initialement qualifié de rencontre Espoirs au cours duquel Fontaine a réalisé un triplé, est requalifié en sélection A et permet au héros de la Coupe du monde suédoise d’atteindre les 30 buts en 21 capes.

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