[847] France-Islande (4-0) : comme sur des roulettes

Publié le 26 mars 2019, mis à jour le 9 juin 2019

Vite devant au score, les Bleus ont mis près d’une heure avant de plier définitivement le match, puis de lâcher les chevaux contre une Islande sans grandes ressources et qui n’a presque pas touché le ballon. Le trio offensif a encore fait parler la poudre.

Le résultat était-il prévisible ?

Une victoire par deux ou trois buts d’écart semblait jouable. L’Islande de 2019 n’est plus celle qui bousculait la hiérarchie européenne entre 2015 et 2017, se qualifiant coup sur coup pour l’Euro (quart finaliste) et la Coupe du monde (premier tour). En 2018, les Islandais avaient nettement fléchi et ce n’est pas leur poussive victoire à Andorre vendredi (2-0) qui pouvait les rassurer. Même si le match a mis du temps à se décanter, contrairement à celui de Chisinau, les Bleus ont fait plier leur adversaire à l’usure, et ont même eu l’élégance de s’arrêter pile au 1500ème but de l’histoire de la sélection, marqué pour les cent ans de la FFF par le meilleur joueur actuel, Antoine Griezmann. La classe !

L’équipe est-elle en progrès ?

Ce sera toujours difficile à évaluer, tant les deux oppositions de ce mois de mars étaient faibles, surtout par rapport aux six matchs qui ont suivi le titre mondial entre septembre et novembre dernier. Mais en marquant huit buts et six points, les Bleus ont pris la direction de leur groupe et auront même l’occasion de faire un premier break en allant gagner en Turquie le 8 juin prochain. On objectif réaliste s’ils restent sur cette lancée, même si, on le sait, la vérité d’une fin de saison n’est pas celle du mois de mars.

En tout cas, la tendance vers un jeu plus offensif et moins prudent se confirme. Et si les matchs de 2019 s’annoncent largement à la portée de l’équipe de France, ils pourront donner à celle-ci du temps pour peaufiner les automatismes d’ici l’Euro 2020, ce qui n’avait pas été le cas avant la Coupe du monde, faute de vécu commun.

Quels sont les joueurs en vue ?}
Comme à Chisinau, Antoine Griezmann a démontré une fois de plus qu’il est le patron technique de cette équipe de France. Si sa première mi-temps a été moyenne (avec des corners assez mal tirés), la seconde période l’a vu se balader dans la défense islandaise, avec une passe décisive et un but.

Kylian Mbappé a fait un bien meilleur match qu’en Moldavie, avec un but qui conjugue accélération et équilibre, et deux passes décisives sur un centre long et une talonnage en profondeur. Il améliore son jeu collectif, ce qui n’est pas étranger au fait que les trois attaquants marquent ensemble depuis deux rencontres.

Olivier Giroud a semblé comme souvent, en première période, isolé au coeur de la défense adverse, mais son but très opportuniste a libéré l’équipe qui commençait à patiner. Il aurait même pu réussir un doublé, mais sa deuxième tentative a été annulée pour un hors-jeu très limite.

Benjamin Pavard a sorti un match très convaincant, avec deux frappes qui ont manqué le cadre de peu et une bonne qualité de centre, dont un s’est transformé en passe décisive pour Giroud. Sa relation avec Mbappé côté droit a bien fonctionné. Défensivement, il a fait ce qu’il avait à faire.

Enfin, Paul Pogba n’a pas semblé concerné avant la pause, puis il est monté en puissance au retour des vestiaires et a disloqué le milieu islandais par sa technique et ses passes en profondeur.

Quels sont les joueurs en retrait ?

S’il y en a un qui détonne franchement dans cette équipe, c’est Layvin Kurzawa. Souvent battu côté gauche, notamment avec une double perte de balle à la 82e qui a créé une occasion islandaise dans la foulée. En phase offensive, ses passes ont été soit ratées, soit sans risque à cinq mètres. Vivement le retour de Lucas Hernandez ou de Ferland Mendy.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Tout d’abord de savoir quel sera l’adversaire. Si la FFF a annoncé, en janvier, qu’un match amical sera organisé le 2 juin à Nantes, elle n’a toujours pas annoncé contre qui. On peut d’ailleurs s’interroger sur la nécessité de caler une telle rencontre à ce moment de l’année, juste après la fin de saison des clubs et au lendemain de la finale de la Ligue des champions qui peut concerner plusieurs internationaux (Pogba, Martial, Umtiti, Dembélé, Matuidi, Mendy, Lloris, Sissoko). Et six jours avant un déplacement en Turquie (le 8 juin), lui-même suivi d’un autre à Andorre (le 11). Bref, pourquoi charger inutilement un calendrier déjà bien plein ? Mystère. Il n’est pas exclu d’ailleurs que faute d’adversaire, ce match supplémentaire soit finalement annulé.

En tout cas, l’important sera donc la séquence des deux rencontres de qualifications pour l’Euro, à un moment de la saison toujours très délicat pour les Bleus en année impaire : en 2017 ils avaient chuté à Solna contre la Suède (1-2), en 2015 ils avaient perdu en Albanie (0-1) et en 2013 la tournée sud-américaine avait été complètement ratée (défaite en Uruguay, 0-1, et au Brésil, 0-3).

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