La décennie qui a tout changé (2) : février 2012, Giroud marque contre l’Allemagne

Publié le 3 août 2020 - Bruno Colombari

Alors qu’il était encore en Ligue 2 deux ans plus tôt, Olivier Giroud inscrit son premier but en équipe de France à Brême contre l’Allemagne. Un futur champion du monde vient d’entrer dans l’histoire.

Le contexte

L’année 2011 a été plutôt bonne pour l’équipe de France de Laurent Blanc avec 13 matchs sans défaite (dont 6 nuls quand même) et surtout une qualification obtenue sans frayeur pour l’Euro 2012. La préparation au tournoi, entamée en novembre avec des amicaux sans relief contre les Etats-Unis (1-0) et la Belgique (0-0) se poursuit à Brême contre l’Allemagne, qui n’a pas battu les Bleus depuis 1987. L’objectif de Laurent Blanc est de tester son équipe contre l’un des favoris de l’Euro avec l’Espagne.

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Debout de gauche à droite : Abidal, Giroud, Cabaye, Nasri, Rami, Mexès.
Accroupis : Lloris, Valbuena, Mvila, Debuchy, Ribéry.


29 février 2012 : Allemagne-France

Demi-finalistes mondiaux en 2006 et 2010, finalistes européens en 2008, les Allemands (qui jouent en vert) ont un gros appétit à quatre mois de l’Euro polono-ukrainien. Autant dire que les Français (en blanc) sont loin d’être favoris. Mais ils font leur match, ouvrent le score en contre en milieu de première période et domine la deuxième. Sur l’aide droite, Mathieu Debuchy fait des étincelles (double passeur décisif) et devant, Olivier Giroud convertit froidement du plat du pied gauche (et en position de hors-jeu) la première occasion française. Pour l’attaquant de Montpellier, c’est la première titularisation et le premier but en sélection. Il revient de loin : deux ans avant, il évoluait en Ligue 2 avec le FC Tours, et même en National avec Istres en 2009.

Les Allemands, bien bougés par des Bleus de plus en plus entreprenants (deuxième but signé Malouda à la 69e minute), sont tout heureux de s’en sortir avec un 1-2 honorable, Cacau ayant réduit le score en toute fin de match. La série d’invincibilité (18 matchs depuis septembre 2010) continue, celle contre l’Allemagne (5 victoires et un nul depuis 1990) aussi.


 

Comment Chroniques bleues l’a traité

Dans le compte-rendu rédigé à chaud juste après le coup de sifflet final, l’optimisme règne : « Relativement solides derrière, de plus en plus en confiance au milieu et tranchants en attaque, les Bleus ont laissé entrevoir à Brême quel est leur potentiel. » Côté joueurs, mentions à Valbuena et à Giroud : « On n’attendait pas vraiment Valbuena, et pourtant le Marseillais a sorti un gros match, provoquant sans cesse l’arrière-garde allemande et ouvrant des brèches côté droit. Lui aussi pourrait bien avoir gagné son ticket pour l’Ukraine. Olivier Giroud, titulaire pour la première fois, a marqué sur un caviar de Debuchy et a pesé sur la défense centrale adverse. » Et un voeu complètement pieux : « On aimerait bien le voir associé à Benzema en pointe. » Quant à Debuchy, « non seulement il a gagné sa place à l’Euro, mais il va falloir un très grand Bacary Sagna pour lui enlever son statut de titulaire. »

Ce que ça a changé

Pas grand chose à court terme, puisque l’équipe de France ne reproduira pas ce niveau de jeu à l’Euro (éliminée en quart de finale) alors que l’Allemagne s’inclinera en demi contre l’Italie de Balotelli. Mais le premier but de Giroud lui a permis de s’installer dans le paysage, en tant que remplaçant tout d’abord, jusqu’en 2015, puis comme titulaire ensuite. Sans être l’attaquant de pointe le plus technique de l’histoire des Bleus, il s’est imposé par sa régularité, son état d’esprit, son excellent jeu de tête et un profil de pivot qui pèse sur les défenses centrales, atypique au milieu de joueurs offensifs de plus petit gabarit.

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