Le Miroir des sports, 15 novembre 1938 : François Mercier, l’homme qui murmure à l’oreille des taureaux

Publié le 12 avril 2019

Si François Mercier, défenseur du FC Sète, n’a pas marqué l’histoire de la sélection, l’article que lui consacre Emmanuel Gambardella lors du dernier automne d’avant-guerre nous révèle une méthode d’entraînement pour le moins originale.

Le deuxième article de cette nouvelle rubrique vient des recherches du journaliste bordelais Raphaël Perry, qui me l’a signalé.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
L’article est cliquable : sur le site de Gallica, vous pouvez zoomer dans la page ou la télécharger.


 

L’article

Il s’agit de présenter, sur une pleine page, le duo défensif du FC Sète composé de René Franquès, 28 ans, et de François Mercier. Ils forment tous deux, nous explique Emmanuel Gambardella, le blockaus de l’équipe sétoise. Mercier a 22 ans. Après des débuts en équipe de jeunes à Arles, il est recruté en 1935 par le FC Sète et devient international militaire. L’auteur précise que Mercier est très athlétique : 1,82 mètre pour 87 kilos, un poids qui semble très exagéré au vu de la photo qui illustre l’article, où il court en maillot de bain sur la plage des Saintes-Maries de la Mer.

Mais c’est le dernier paragraphe, tout en bas de la page, qui nous livre un scoop : Mercier est un raseteur amateur qui participe aux ferrades et autres abrivados de sa région, où il doit enlever aux taureaux camarguais les attributs placés entre ses cornes. « C’est le meilleur entraînement pour le sprint ! dit-il. Et je suis sûr que si on avait pris mon temps à ces moments, on trouverait que j’ai battu des records ! »

François Mercier ne connaîtra qu’une seule sélection en équipe de France, le 23 mars 1942 à Séville contre l’Espagne (0-4). Il jouera à Sète jusqu’en 1945, partira au Red Star et achèvera sa carrière en 1946.

L’auteur

Emmanuel Gambardella est un personnage important du football français. Si son nom a été donné à la Coupe des U19, dont la finale se dispute en ouverture de celle de la Coupe de France, il a été aussi journaliste dans la région de Montpellier mais aussi à plusieurs journaux sportifs parisiens, dont le Miroir des sports. Il participe avec Gabriel Hanot à la mise en place du football professionnel au début des années 30, puis succède à Jules Rimet à la présidence de la FFF en 1949 jusqu’à sa mort en 1953.

Le contexte sportif

L’équipe de France a donc accueilli la troisième Coupe du monde de l’histoire en juin, et si elle a passé le premier tour contre la Belgique (3-1), elle s’est inclinée face à l’Italie en quarts (1-3), après avoir fait jeu égal en première mi-temps. Les Bleus retrouvent les doubles champions du monde en décembre et s’en sortent honorablement (0-1) avec un débutant nommé Larbi Ben Barek.

Le contexte historique

Alors que la tension est maximale en Tchécoslovaquie où la mobilisation générale est décrétée le 23 septembre, la conférence de Munich se tient du 28 au 30 septembre entre l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France. L’accord final est une abdication des démocraties face au régime nazi : la région des Suèdes tombe aux mains de Hitler. En Espagne, les Brigades internationales quittent Barcelone fin septembre alors que le 16 novembre s’achève la bataille de l’Ebre, perdue par les républicains et qui entraînera la fin de la guerre quatre mois plus tard.

Le journal

Le Miroir des sports est un magazine hebdomadaire largement illustré et consacré au sport. Il est créé en 1920 et durera jusqu’en novembre 1968, avec deux interruptions entre 1939 et1941 puis entre 1944 et 1951. Il succède au Miroir, fondé en 1910, qui suivait l’actualité des people de l’époque (les familles royales, les acteurs) puis la guerre.

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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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