Six histoires insolites sur le maillot des Bleus

Publié le 2 novembre 2020, mis à jour le 20 novembre 2020 - Matthieu Delahais

Un maillot couleur champagne, un autre orné de cristaux de Swarovski, un formulaire à colorier, un flocage numéro 337, le 10 de Mbappé pour 160 000 euros et un gardien trop grand pour son maillot.

Les succès de l’équipe de France ont longtemps été synonyme d’une large bande rouge porte-bonheur, avant que Nike et ses 50 millions annuels ne soient associés à la seconde étoile. Certains gardent en mémoire les manches dépareillées du maillot de 2016, des marinières ou la drôle de tenue verte et blanche de 1978. On se rappelle aussi de la fierté des joueurs lorsqu’ils parlent de leurs maillots bleus. Mais l’histoire de la tenue de l’équipe de France recèle aussi de nombreuses anecdotes moins connues. En voici quelques-unes…

Le problème de taille de Ruminski

César Ruminski, dernier rempart notamment du Havre (1947-52) et du LOSC (1952-55), a aussi porté le maillot de l’équipe de France. Il a été sélectionné à 7 reprises entre 1952 et 1954 (9 buts encaissés, ce qui l’époque est plutôt correct). S’il n’a joué que des rencontres amicales (dont une belle victoire 3-1 contre la RFA en 1952 pour sa première cape), il était gardien remplaçant lors de la Coupe du monde 1954. Il se distinguait par sa taille, (1,80 mètre) et cela lui a joué un mauvais tour. Lors d’une de ses premières convocations en équipe de France, en mars 1952, alors qu’il n’est pas encore international, il a réclamé un maillot à la mesure de sa carrure. La FFF lui retourne un refus catégorique, avec pour raison qu’une tenue de gardien coûte 4 fois plus cher que celle d’un joueur de champ.

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Les coloriages de 1954

La FIFA (et l’UEFA) sont très regardantes sur les tenues que portent les joueurs lors de leur épreuve reine. On se souvient ainsi qu’en 2018, les Français avaient joué avec des chaussettes bleues face aux Australiens qui étaient intégralement en jaune pour offrir une meilleure visibilité aux téléspectateurs équipés de postes en noir et blanc… On n’ose donc pas imaginer le travail des experts en chromatique de la FIFA avant chaque match pour optimiser les couleurs parmi celles disponibles pour chaque équipe.

Les choses étaient beaucoup plus simples une soixantaine d’années plus tôt. Pour l’inscription à la coupe du monde 1954, les responsables de chaque fédération avaient un coloriage à faire pour préciser l’arrangement de leurs couleurs (maillot, short, chaussettes). Mais cette cinquième coupe du monde a vu l’arrivée de la télévision et certains problèmes de couleur ont été mis en évidence. Les Français ont affronté (en rouge) les Yougoslaves (en bleu) et la retransmission a suscité beaucoup de critiques. En effet, les rares possesseurs de téléviseurs ont vu une rencontre opposant des joueurs en gris clair contre des gris foncé. Pas évident de s’y retrouver… Mais les contraintes de 2018 semblent quand même excessives.

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Des cristaux de Guilavogui…

Le passage de Josuha Guilavogui en équipe de France n’a pas marqué les mémoires. Ce milieu de terrain a été sollicité par son pays d’origine, la Guinée, mais il a choisi les Bleus dont il a porté le maillot à 7 reprises entre 2013 et 2015 sans réussir à s’imposer. Il a toutefois en sa possession le plus orignal des maillots… En mai 2016, le créateur français Orravan Design lui en a confectionné un sur lequel le flocage (numéro et nom) est entièrement en cristaux de Swarovski. Insuffisant pour convaincre Didier Deschamps de le retenir pour l’Euro.

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...au champagne avorté d’Adidas

En 2000, alors que les Bleus marchent sur le monde et l’Europe, Adidas propose à la Fédération un maillot couleur champagne, en honneur à l’un des produits les plus renommés de France. Mais la FFF, aussi bien que son sélectionneur Roger Lemerre, s’y sont fermement opposés.

Des numéros à trois chiffres

Pendant très longtemps, à de rares exceptions près, les joueurs qui débutaient les matches portaient des numéros allant de 1 à 11, sauf lors des phases finales où la numérotation était définie pour l’ensemble de la compétition. Ce n’est que dans les années 1990 que les joueurs ont commencé à porter leur numéro préféré, qui pouvait être soit décalé par rapport à leur poste (par exemple, Marcel Desailly en numéro 8 alors qu’il jouait stoppeur), soit au-delà de la numérotation classique (comme Eric Cantona et son 18).

Mais les numéros sont aussi devenus un moyen de remerciements. Ainsi, Jacques Chirac s’est vu offrir un numéro 23 avant la coupe du monde 1998 (seuls 22 joueurs étaient sélectionnés) en tant que premier supporter des Bleus. Quelques mois après le premier sacre mondial, la chanteuse Gloria Gaynor, dont la chanson « I Will Survive » était devenue une sorte d’hymne des joueurs a reçu le numéro 24.

En 2007, lorsqu’il a égalé puis battu le record de buts de Michel Platini (41 réalisations), Thierry Henry a reçu trois maillots au flocage doré avec les numéros 41, 42 et 43. En 2018, c’est le numéro 80 qui a été offert à Didier Deschamps lorsqu’il a atteint ce cap, devenant le sélectionneur le plus capé des Bleus. Lloris avait reçu un 88, en juin 2017, au moment où il est devenu le recordman des matches joués pour un gardien.

Récemment, l’entrée dans le club des centenaires a valu un numéro 100 à Olivier Giroud. Si cette liste est non exhaustive, le plus grand numéro offert est sans aucun doute le 337 (pour autant de matches) de Philippe Tournon, chef de presse des Bleus entre 1983 et 2018 (avec une interruption sous l’ère Domenech).

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La folie des enchères

Les collectionneurs de maillots de Bleus sont de plus en plus nombreux. Si certains arrivent à récupérer les précieuses tenues par le biais de contacts, les enchères restent le moyen le plus simple pour obtenir l’un d’eux. Mais il y a un prix à payer. Le record a été pulvérisé il y a un mois à peine. Lors d’une vente faite au profit de l’association des étoiles filantes (lutte contre la tumeur au tronc cérébral), le maillot de Kylian Mbappé, porté lors de France-Moldavie du 14 novembre 2019, est parti pour 160 000 euros. Le précédent record était détenu par la tunique portée par Just Fontaine lors de la Coupe du monde 1958 (45 000 euros). Celle utilisée par Zidane lors de la finale de la Coupe du monde a failli être vendue aux enchères en 2018, mais un doute est apparu sur son authenticité et la vente n’a pas pu se faire. Sa mise à prix se serait faite aux alentours de 20 000 euros. Par contre, un maillot bien authentique de la finale de 1998, mais non porté par le numéro 10 des Bleus s’est vendu 6 000 euros.

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