Ces six adversaires que la France n’a jamais accueillis

Publié le 12 novembre 2021 - Bruno Colombari

Le Kazakhstan va jouer son premier match en France samedi contre les Bleus. Il ne reste pas beaucoup d’adversaires, parmi ceux que l’équipe de France à déjà rencontrés, qui n’ont jamais joué contre cette dernière dans l’Hexagone ou en outre-mer. Il y en a six.

Le Kazakhstan sera samedi soir la 80ème sélection nationale rencontrée à domicile par l’équipe de France depuis 1904 [1]. La Belgique (35), l’Angleterre (23) et l’Espagne (18) sont les plus fréquentes, et 17 d’entre elles ne sont venues qu’une seule fois, parfois pour y gagner d’ailleurs, comme le Pérou en 1982, le Nigeria en 2009 ou l’Irlande unifiée en 1921. D’autres y ont toujours perdu, comme le Danemark (6 fois), la Grèce (5) ou Chypre (4).

Les six qui n’ont jamais joué en France face aux Bleus sont le Canada, la Corée du Sud, le Honduras, le Koweït, le Sénégal et le Togo. Soit deux Asiatiques, deux Africains et deux Américains, mais aucun Européen, ce qui semble logique compte tenu de la fréquence des rencontres entre sélections européennes, et du fait qu’elles se jouent le plus souvent en aller-retour dans le cadre des phases qualificatives.

Une revanche à domicile qui se fait attendre

Parmi ces six-là, le cas le plus fréquent est évidemment celui où l’équipe de France ne les a rencontrés qu’une fois, sur terrain neutre lors d’une Coupe du monde. C’est ce qui s’est passé avec le Canada, qui a croisé la route des Bleus à Leon en juin 1986 lors du premier tour du Mondial mexicain. Un match très compliqué d’ailleurs pour une équipe de France en phase d’acclimatation à l’altitude et qui avait sué sang et eau avant de l’emporter par une marge minimaliste (1-0) après que Papin ait vendangé un nombre indécent d’occasions franches.


 

C’est aussi le cas du Sénégal, le 31 mai 2002 à Séoul en ouverture de la Coupe du monde en Corée et au Japon. Là, les Bleus étaient tombés de très haut : privés de Pirès et Zidane, très mal préparés, visiblement peu concentrés, ils avaient touché du bois deux fois par Trezeguet et Henry et encaissé un but sur un coup de billard par Papa Bouba Diop (0-1). Depuis, on attend toujours la revanche.

Le Togo n’a également été croisé qu’une fois, à Cologne en juin 2006, toujours en Coupe du monde. Un match que les Bleus devaient absolument gagner pour sortir d’un groupe pourtant facile, mais qu’ils s’étaient rendu compliqué après deux nuls contre la Suisse (0-0) et la Corée du Sud (1-1). Privés de Zidane suspendus, ils mettront une mi-temps avant de trouver la mire par Vieira et Henry et de lancer enfin leur tournoi (2-0).


 

Enfin, le Honduras a rencontré l’équipe de France à Porto Alegre en juin 2014 lors de la première journée de la phase de poules du mondial brésilien. Et les centre-américains ont tenu tête aux Bleus pendant une mi-temps, avant de lâcher prise sur une expulsion de Palacios pour une faute sur Pogba entraînant un pénalty. A 0-1 et à dix, c’était mission impossible, d’autant qu’en face Benzema a signé un quasi-triplé puisqu’en plus du pénalty, il a inscrit le troisième but, et a vu son tir ricocher sur le poteau et sur le gardien Noel Valladares, démentant ainsi le premier but validé par la Goal Line Technology (3-0).

Pour le Koweït, c’est deux matchs que les Bleus ont disputé contre l’Emirat à l’extérieur : le premier à Valladolid en 1982 pour le Mondial espagnol (4-1, plus trois buts refusés pour hors-jeu), le deuxième en janvier 1990, à Koweït City, dans le cadre d’une tournée amicale (1-0). Gilles Rousset, Rémi Garde et Pascal Vahirua avaient fait leurs débuts en sélection à cette occasion.

Enfin, la Corée du Sud a déjà joué trois fois contre l’équipe de France : deux fois à domicile en juin 2001 lors de la Coupe des Confédérations (battue 5-0) et en mai 2002 juste avant la Coupe du monde (2-3, et blessure à la cuisse de Zidane, qui n’aurait jamais dû jouer ce match), et une fois sur terrain neutre, à Leipzig en juin 2006 lors du premier tour du Mondial allemand (1-1), avec une grosse toile de Barthez et Gallas sur l’égalisation coréenne, et un Zidane furieux d’être remplacé par Trezeguet dans le temps additionnel.


 

Un retour qui prend parfois plus de six décennies

Mais pour ces six-là, tout espoir d’un match dans l’hexagone n’est pas perdu : il a fallu parfois attendre longtemps pour recevoir un adversaire déjà rencontré à l’extérieur. Pas moins de 66 ans pour le Mexique, par exemple, croisé en 1930 en Uruguay lors de la première Coupe du monde de l’histoire, puis en 1954 en Suisse et en 1966 en Angleterre, toujours en Coupe du monde. La Verde ne viendra en France qu’en 1996 (battue 2-0).

C’est presque aussi long pour le Danemark. L’équipe de France avait été concassée à deux reprises lors des JO de 1908 à Londres (0-9 puis 1-17, avec deux équipes différentes) et a attendu jusqu’en 1973 pour accueillir les Danois (3-0).

L’Argentine, croisée pour la première fois en Uruguay en 1930, a foulé la pelouse du Parc des Princes 35 ans plus tard, en 1965 (0-0), alors que le Chili, rencontré dans les mêmes circonstances avant-guerre, a été accueilli sans ménagement trente ans plus tard, en 1960 (6-0). Le Paraguay, lui, a mis 40 ans avant de découvrir la France, en juin 1998 (1-0), et ça avait été bien plus difficile que lors de la première rencontre en Suède en 1958 (7-3). Pour le Brésil, vainqueur en 1958 justement 5-2 grâce à un triplé de Pelé, on prend les mêmes et on recommence en 1963 à Colombes (3-2, triplé de Pelé). La Colombie a mis 31 ans avant de venir en France après sa défaite de 1972 à Salvador de Bahia (3-2), bien plus que le Japon (1994 et 2001) ou l’Australie (1994 et 2013), mais moins que la Roumanie (1932 et 1967).

[1Sans tenir compte de la Sélection FIFA en août 2000 à Marseille.

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