Brève histoire des années en 4 (2/2) : de 1964 à 2014

Publié le 25 janvier 2024 - Bruno Colombari

Deuxième partie de la série sur les années se finissant par un 4 (comme 1904 ou 2024) à l’occasion des 120 ans de l’équipe de France. Depuis 1964 et la mise en place d’un sélectionneur unique, les Bleus ont franchi de nombreuses étapes, notamment un premier titre remporté en 1984.

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2024 sera-t-elle une nouvelle année historique pour l’équipe de France, rejoignant ainsi 1984 (premier titre), 1998 (première Coupe du monde), 2000 et 2018 ? Il est un peu tôt pour le savoir, mais en attendant, on peut s’amuser à compiler les douze années en 4 et voir ce qu’elles ont à nous dire. C’est parti, avec dans cet article les années 1964, 1974, 1984, 1994, 2004 et 2014.

Lire la première partie Brève histoire des années en 4 (1/2) : de 1904 à 1954

1964 : enfin un sélectionneur unique !

Il aura fallu soixante ans à l’équipe de France pour se doter d’un sélectionneur unique, en l’occurrence Henri Guérin. Mais c’est au cœur du trou générationnel des années 1960, après le départ de Kopa (en 1962) et avant l’arrivée de Platini (en 1976). Entre les deux, c’est le grand bricolage, même si au début, la mise en place du sélectionneur unique semble porter ses fruits puisque les Bleus se qualifient pour la World Cup anglaise de 1966. Contre le Luxembourg, le 4 octobre, Guérin fait débuter quatre nouveaux : le gardien lyonnais Marcel Aubour, son coéquipier Jean Djorkaeff, le défenseur monégasque Marcel Artélésa et l’attaquant stéphanois André Guy. Ces deux derniers marqueront les deux buts du match, mais c’est un feu de paille qui ne durera pas longtemps : après une autre victoire contre la Norvège (1-0), les Bleus enchainent trois défaites et un nul. Ils iront quand même en Angleterre, mais n’y feront que de la figuration (un nul et deux défaites).

1974 : un débutant nommé Alain Giresse

C’est face à la Pologne en amical, le 7 septembre, qu’on découvre en équipe de France le petit Bordelais Alain Giresse, 22 ans. Il est aligné côté droit de l’attaque avec son numéro 7 (aux côtés de Christian Coste, débutant comme lui et de Georges Bereta) devant un milieu Huck-Michel-Guillou. Il sort à la 72e… et attendra près de trois ans sa deuxième sélection. Il est alors très loin d’imaginer qu’il jouera un jour une demi-finale de Coupe du monde, avec son libéro Marius Trésor, contre Paul Breitner, titré deux mois plus tôt avec la RFA, puis une autre demi-finale avec comme sélectionneur son coéquipier Henri Michel…


 

1984 : Platini forever

Il a 29 ans au premier jour de cet été-là, et malheureusement ce n’est pas une année de Coupe du monde. Mais l’Euro en France, c’est bien aussi, et comme il n’est pas diminué par un pépin physique (contrairement à 1982 et 1986), Michel Platini explose les compteurs, bien encadré il est vrai par une défense enfin solide et un milieu à son service. Un but coup de billard contre le Danemark pour commencer, un but savonnette face à l’Espagne pour finir et entre les deux, le feu d’artifice : triplé magistral contre la Belgique à Nantes, encore un triplé (en 16 minutes) face à la Yougoslavie à Saint-Etienne et but décisif au bout du bout des prolongations devant le Portugal dans un Vélodrome incandescent. Et bien sûr, Ballon d’or incontestable en fin d’année, son deuxième consécutif.

1994 : Barthez, Thuram et Zidane arrivent

Quand il remplace un peu par défaut Gérard Houllier, poussé vers la sortie fin 1993 après la défaite contre la Bulgarie, Aimé Jacquet fait avec ce qu’il a sous la main. Mais il va aussi chercher trois petits nouveaux qui vont changer l’histoire des Bleus : le gardien de l’OM Fabien Barthez, 23 ans à peine mais déjà champion d’Europe l’année précédente. Puis le défenseur monégasque Lilian Thuram, 22 ans. Et le meneur de jeu bordelais Zinédine Zidane, 22 ans également. Si les Bleus avaient joué la Coupe du monde 1994, ces trois-là auraient peut-être été du voyage… En attendant, Barthez brille face à l’Australie en amical fin mai et les deux autres se montrent à Bordeaux contre la République tchèque en août. Thuram est titulaire et Zizou entre à l’heure de jeu avant de signer un doublé en deux minutes et 22 secondes. L’histoire est en marche.


 

2004 : le coup de Lisbonne

Depuis qu’ils sont encadrés par Jacques Santini, les Bleus ne perdent plus, ou presque : une seule défaite en 24 matchs, en amical contre la République tchèque. Ils ont battu le record de buts inscrits en une année (40 buts en 14 matchs), de victoires consécutives (14) et de matchs sans but encaissé (11). Bref, tous les signaux devraient être au vert quand commence l’Euro portugais dont ils sont l’un des favoris. Mais Santini a annoncé qu’il quittait son poste de sélectionneur après le tournoi, ce qui fragilise sa position par rapport à ses cadres comme Desailly, Barthez, Thuram, Lizarazu ou Zidane. Et contre l’Angleterre, rien ne va. Lampard ouvre le score de la tête, puis Beckham a le but du break au bout du pied sur pénalty, mais Barthez l’arrête. Et, dans le temps additionnel, Zidane réussit un invraisemblable doublé coup franc + pénalty en deux minutes et 13 secondes. Neuf de moins que dix ans plus tôt !


 

2014 : Griezmann sur la pointe des pieds

A 23 ans (il est né en mars 1991), Antoine Griezmann n’est pas une révélation fulgurante comme le sera Kylian Mbappé trois ans plus tard. Mais il brille en Espagne à la Real Sociedad et, sans la suspension de 13 mois infligée en novembre 2012 pour une virée nocturne avec les Espoirs, il aurait sans doute été convoqué plus tôt. Didier Deschamps l’appelle en mars 2014 et le titularise face aux Pays-Bas, le soir-même du dernier match en Bleu de Franck Ribéry. On ne le sait pas encore, mais c’est une transition d’une génération à l’autre qui se fait ce soir-là. Pour autant, les premiers mois de Griezmann en sélection n’ont rien d’extraordinaire : jusqu’à l’élimination en quart de finale de la Coupe du monde par l’Allemagne, il joue neuf fois, dont cinq comme titulaire. Mais c’est quand il entre en jeu qu’il marque, face au Paraguay et à la Jamaïque. Il faudra attendre encore un peu pour le voir vraiment décoller, lors de l’Euro 2016.

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