Cuauhtémoc, un stade dans l’histoire des Bleus

Publié le 25 février 2021, mis à jour le 21 juillet 2021 - Richard Coudrais

C’est à l’estadio Cuauhtémoc de Puebla que l’équipe de France est allé chercher sa troisième place du mondial mexicain en 1986. Savait-elle qu’une autre équipe de France de football y avait disputé quelques rencontres avant elle ?

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L’équipe de France dispute le match de la troisième place de la Coupe du monde 1986 à Puebla comme elle avait disputé celui de la Coupe du monde 1982 à Alicante. Les deux stades ont comme point commun d’avoir été le stade d’accueil du champion du monde en titre pour ses rencontres du premier tour, à l’exception du match d’ouverture. Et donc d’avoir accueillis le match pour la troisième place comme une compensation.

Première victoire française à Puebla… en 1863

Située à 2135 m d’altitude, Puebla est la quatrième ville la plus élevée du Mondial 1986, derrière Toluca, Mexico et Nezahualcóyotl. C’est aussi la quatrième plus grande ville du Mexique, ce qui indique un goût certain pour les quatrième places. Située à une centaine de kilomètres de Mexico, elle est entourée de montagne et d’un célèbre volcan, le Popocatepetl.

Fondée en 1531 par les conquérants espagnols, elle fut baptisée Puebla de los Angeles, le village des Anges. Bien avant les hommes d’Henri Michel, des Français avaient tenté de conquérir Puebla. Après avoir été repoussée une première fois le 5 mai 1862 par le général Ignacio Zaragoza [1], l’armée française parvint à ses fins un an plus tard et contrôla la ville pendant quatre ans.

Le club de foot de Puebla a été officiellement créé en 1944, sur les bases de l’Athletic Club Puebla AC fondé par des Anglais quarante ans plus tôt. S’il dispute ses premières rencontres au Parque El Mirador, le CF Puebla bénéficie à partir de 1968 d’un nouveau stade né suite à l’annonce du Mexique comme pays organisateur de la Coupe du monde 1970. Le projet est confié à l’architecte mexicain Pedro Ramírez Vázquez, le même qui a conçu le stade Azteca de Mexico.

Les travaux débutent en 1965 pour une durée de trois ans. Le stade sera baptisé Cuauhtémoc, du nom du dernier des empereurs aztèques, celui qui résista aux Espagnols jusqu’en août 1521... Un nom qui a été repris par une célèbre brasserie mexicaine, Cuauhtémoc Moctezuma, laquelle a grandement participé au financement de l’enceinte. Le stade de 31.000 places est inauguré le 6 octobre 1968 avec deux rencontres au programme, l’une opposant le CF Puebla au Club América de Mexico, l’autre mettant aux prises la sélection mexicaine à l’équipe olympique de Tchécoslovaquie.

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Une épopée olympique soixante-huitarde

Comme Mexico est le théâtre des Jeux Olympiques de 1968, le flambant neuf stade Cuauhtémoc est utilisé pour les épreuves de football. Le 13 octobre, c’est donc l’équipe de France amateur et celle de Guinée qui disputent la première rencontre officielle du stade Cuauhtémoc. Les Tricolores s’imposent 3-1.

Sur la lancée du tournoi des Jeux Méditerranéens qu’elle a co-remporté en 1967, l’équipe de France amateur dirigée par l’ancien international André Grillon espère bien faire bonne figure au Mexique, même si le foot olympique est devenu la chasse gardée des sélections des pays de l’Est. Elle est dotée de quelques joueurs intéressants parmi lesquels un certain Jean-Michel Larqué, mais également Dario Grava, Yves Triantafilos et Daniel Horlaville, futurs internationaux A.

Quatre jours plus tard, les Tricolores jouent une deuxième rencontre au stade Cuauhtémoc avec une équipe remaniée à 50%. Elle concède face à la Colombie une défaite sans conséquences, les hommes d’André Grillon ayant assuré leur qualification entre-temps en s’imposant 4-1 face à l’hôte mexicain au stade Azteca. Les Français y retourneront d’ailleurs pour disputer le quart de finale, mais ils s’inclineront face au Japon (3-1), mettant fin à une belle aventure.

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Huit matchs de Coupe du monde

Le stade de Puebla a été le théâtre de sept rencontres des Jeux Olympiques. Il a ensuite été adopté par le CF Puebla, les supporters préférant donner à l’enceinte un autre nom, le Coloso de Maravillas (le Colosse des Merveilles). En 1970, il accueille trois rencontres de la Coupe du monde, celle du premier tour de l’équipe d’Uruguay, respectivement contre Israël (2-0) , l’Italie (0-0) et la Suède (0-1). Les Suédois avaient d’ailleurs eu l’occasion de fouler la pelouse du Cuauhtémoc avant tout le monde à l’occasion d’un match amical en mars contre le Mexique (1-0).

Seize années plus tard, la Coupe du monde est de nouveau organisée au Mexique. La capacité du stade de Puebla est portée à 46.000 places. La nouvelle configuration est inaugurée en novembre 1985 par une rencontre du Mexique face à l’Argentine de Maradona (1-1). Le Cuauhtémoc accueille cinq rencontres du Mondial 1986 : Italie-Argentine (1-1) et Italie-Corée du Sud (3-2) au premier tour, le huitième de finale Argentine-Uruguay (1-0), le quart de finale Belgique-Espagne (1-1) et le match pour la troisième place.

Entre-temps, le CF Puebla est devenu champion du Mexique en 1983, exploit qu’il rééditera en 1990. En 1983 également, le stade de Puebla a accueilli quatre rencontres de la Coupe du Monde U20 organisée au Mexique. Mais il n’y avait pas de sélection française.

En septembre 2007, l’équipe du Mexique dispute son douzième match (et le dernier à ce jour) au Cuauhtémoc face à l’équipe du Panama. Une rencontre organisée en hommage à l’ancien joueur Alberto García-Aspe, mais qui n’a pu aller à son terme pour cause de tempête. En 2015, le stade Cuauhtémoc a subi une nouvelle transformation. Agrandi à plus de 51.000 places, il cède à la mode des arènes de la nouvelle génération en adoptant une façade ETFE, à la manière de l’Allianz Arena de Munich ou du Nuevo San Mamés de Bilbao.

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Les Français du Cuauhtémoc

Le stade Cuauhtémoc reste un souvenir particulier pour le gardien français Albert Rust qui y a connu son unique sélection le 28 juin 1986 à l’occasion du match France-Belgique pour la troisième place du Mondial 1986. Et aussi pour Maxime Bossis, entré en jeu en deuxième mi-temps, pour sa 76e et dernière sélection. 11 autres joueurs français ont participé à ce match pour la troisième place : Manuel Amoros, Patrick Battiston, Michel Bibard, Jean-Marc Ferreri, Bernard Genghini, Philippe Vercruysse, Bruno Bellone, Jean-Pierre Papin, Yvon Le Roux (remplacé par Bossis à la 55e), Jean Tigana (sorti à la 83e) et son remplaçant Thierry Tusseau.

Dix-huit ans plus tôt, 17 joueurs français avaient foulé la pelouse du stade Cuauhtémoc à l’occasion des Jeux Olympiques de 1968 : Gilbert Planté, Jean-Louis Hodoul, Jean-Michel Larqué, Daniel Horlaville, Marc Kanyan, Gérard Hallet, Charles Tamboueon ont joué deux matchs. Jean Lempereur, Freddy Zix, Michel Verhoeve et Daniel Perrigaud ont joué le match contre la Guinée, Guy Delhumeau, Dario Grava, Bernard Goueffic, Alain Laurier, Michel Parmentier et Michel Delafosse le match contre la Colombie.

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[1la ville porte aussi le nom de Puebla de Zaragoza, et le 5 mai y est devenu un jour férié

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