Bleu de presse #58

Publié le 11 mai 2022 - Bruno Colombari - 1

Dans la revue de presse cette semaine, il est beaucoup question de Mbappé, qui a fait l’actualité dans l’affaire des sponsors des Bleus et de son éventuel départ à Madrid. Mais aussi d’Allan Saint-Maximin, qui a de grandes ambitions, et du calendrier de l’Euro 2024, qui se veut durable.

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« Le football n’est pas un sport individuel » : la déclaration de Noël Le Graët dans L’Equipe du 8 mai, et adressée à Kylian Mbappé, ne portait pas sur des considérations tactiques mais sur les opérations commerciales avec des sponsors, auxquelles l’attaquant parisien avait choisi de se soustraire en mars dernier. Quelques heures plus tard, les proches de Mbappé ont réagi en prenant acte et en rappelant, explique Hugo Delom, « que sa décision de ne pas participer à ces activités répondait à une logique d’indépendance vis-à-vis de marques qui ne correspondaient pas à ses valeurs. » L’entourage du joueur « insiste sur la décision prise depuis plusieurs années par l’attaquant de verser l’intégralité des primes glanées chez les Bleus à des associations. » Et n’en ferait pas une affaire d’argent pour augmenter ses revenus, contrairement à ce que laissait entendre le président de la FFF.

Comment les autres joueurs du groupe France vivent-ils le conflit qui a opposé Mbappé à la FFF sur les droits à l’image ? Loïc Tanzi l’évoque sur le site de RMC Sport : « Seuls quelques cadres ont des échanges avec Noël Le Graët et des membres de la FFF pour suivre l’évolution du dossier. Le degré d’implication des joueurs est complètement différent. Mais les tricolores se rejoignent majoritairement sur un point : les primes doivent rester collectives et égalitaires en équipe de France, un point important pour Noel Le Graët. » Pour autant, le statu quo ne semble plus satisfaisant : « La plupart des Français avouent qu’il faut faire évoluer la convention de 2010 en instaurant un droit de regard plus important pour les joueurs. Plusieurs éléments phares du groupe de Didier Deschamps aimeraient aussi être prévenus plus tôt des opérations auxquelles ils vont participer, tout en intégrant les sensibilités de chacun. »

Tout ça pour ça : finalement, les six matchs de Ligue des Nations de juin et septembre (contre le Danemark, la Croatie et l’Autriche, en aller-retour) seront bien retransmis par TF1 et M6, comme auparavant. Dans Le Parisien, Harold Marchetti affirme « ces six rencontres comptant pour une compétition dont l’équipe de France est tenante du titre se seraient monnayées autour de 2,8 M€ soit en deçà du contrat actuel (3,5 millions d’euros par match). » Et de rappeler que « l’enjeu est de taille pour la FFF. Dans son budget 2020-2021, les redevances droits TV atteignaient 67 M€ soit plus d’un quart des recettes totales (249 millions d’euros). » Or, après la Coupe du monde au Qatar qui sera retransmise par TF1 et BeIN Sport, « on nage en plein flou. Et pas seulement pour les Bleus. Les droits de la Coupe de France, l’autre principal produit d’appel de la FFF, arrivent à expiration et n’ont toujours pas trouvé preneur, eux non plus. »

Ce n’est pas exactement le joueur français le plus modeste, même si ce n’est pas non plus le plus connu. Allan Saint-Maximin, qui évolue à Newcastle, a toujours de grands projets pour sa personne, malgré une carrière en pointillés (24 buts en 217 matchs pros). Interrogé par Elyes Khouaja sur le site Goal, il constate « j’ai énormément de personnes qui me parlent de l’équipe de France à chaque fois, qui me demandent pourquoi je ne suis pas appelé, qui me parlent de mes performances. » il rêve de jouer la Coupe du monde en novembre : « Ça reste un objectif pour tout Français de représenter son pays, de disputer de grandes compétitions comme celle-là. » Et même, tant qu’on y est, le Ballon d’or : « C’est un rêve de gosse. C’est sûr que je suis très loin à l’heure actuelle du Ballon d’Or. Mais en termes de qualité, je pense que je suis capable d’y arriver. […] Quand on regarde de plus près, la plupart de mes buts ont été inscrits sur des exploits individuels. »

En balade à Madrid le 9 mai, Mbappé a relancé les spéculations sur son avenir proche. Sur SoFoot, Clément Gavard expose les données du problème : côté PSG, il y a « l’argent — et surtout la possibilité d’avoir la main sur ses droits à l’image —, et bien sûr le projet sportif, toujours aussi bancal et dominé par le marketing au PSG. Il ne faut cependant pas oublier un autre facteur, peut-être plus important qu’on ne le pense, dans la decisión à venir : son ego proportionnel à ses ambitions colossales et son envie de réaliser des choses uniques dans l’histoire du jeu. » A l’été 2020, juste avant la finale de Ligue des Champions contre le Bayern, « Mbappé avait répété la même chose face à la presse : « J’ai toujours dit que je voulais marquer l’histoire de mon pays. Ce serait une super récompense de pouvoir gagner avec un club français. C’était ma mission quand j’ai signé ici. » Aujourd’hui, sa mission n’est toujours pas accomplie. En mai 2023, la France fêtera les trente ans du sacre européen de l’OM contre le Milan et la naissance de l’indémodable slogan « À jamais les premiers » . Alors qu’ « en débarquant au Real Madrid en juillet, il se retrouverait dans une équipe où la superstar s’appelle Karim Benzema et dans un club habitué à collectionner les Galactiques comme un philatéliste collectionne des timbres. »

On termine par des considérations plus pratiques : l’UEFA vent de publier le calendrier des matchs de l’Euro 2024, lequel, vous le savez sûrement, aura lieu en Allemagne. Sur le site de la confédération européenne, on apprend que le match d’ouverture, avec l’Allemagne donc, sera joué à Munich le 14 juin, et la finale à Berlin le 14 juillet (tiens !). Et on découvre aussi que, « pour la première fois, la durabilité fait partie des critères figurant dans le règlement du tournoi. […] Les matches de chaque groupe seront disputés dans deux agglomérations uniquement, ce qui non seulement réduira les distances à parcourir entre les villes hôtes pour les équipes et les supporters, mais aussi favorisera les déplacements des délégations des différentes équipes en train ou en bus entre les camps de base et les sites des matches. » Trois ans après une compétition éclatée dans onze villes européennes, de Séville à Saint-Petersbourg et de Glasgow à Bakou, c’est une prise de conscience bien tardive mais salutaire. Même si on se souvient que le Qatar a lui aussi sorti cet argument étonnant d’une compétition « écologique » pour la Coupe du monde 2022.

Vos commentaires

  • Le 12 mai à 07:35, par Richard Coudrais En réponse à : Bleu de presse #58

    Je trouve bien sévère le traitement fait à Allan Saint-Maximin. S’il parle d’équipe de France, de Coupe du monde et de Ballon d’Or, c’est d’abord parce que l’interview aborde ces sujets. Et lui accepte de répondre en toute franchise : oui, il en rêve, comme tout footballeur. Mais il ne revendique rien. Au contraire, il précise plusieurs fois dans l’interview qu’il doit encore travailler pour y prétendre.

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