Deschamps, la preuve par cent

Publié le 19 juin 2024 - Bruno Colombari

En battant l’Autriche à Düsseldorf, l’équipe de France a offert une centième victoire à son sélectionneur, Didier Deschamps. Même si elle ne constitue pas un record, cette stat est intéressante quand on l’examine à la loupe.

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S’il a atteint son centième match dirigé le 17 novembre 2019 contre l’Albanie, Didier Deschamps vient de franchir un autre seuil symbolique le 17 juin 2024 face à l’Autriche : une centième victoire en tant que sélectionneur. Comment ces victoires se décomposent-elles en matchs amicaux, de compétition, de phases finales et, au sein de ces dernières, de rencontres à élimination directe ? Quels sont les adversaires les plus souvent rencontrés ? Avec quels joueurs ces victoires ont-elles été acquises, et quels ont été les buteurs ? Comment ces victoires se répartissent par saison ?

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Tout d’abord, 36 de ces 100 victoires ont été acquises lors de rencontres amicales, lesquelles se raréfient nettement ces dernières années, spécialement depuis 2016, soit lors de la quatrième année de mandat de Deschamps. 37 victoires en 59 matchs amicaux, soit un pourcentage de réussite de 63%.

En compétition, il y en a donc 64, lors de 95 matchs en compétition (20 nuls, 11 défaites), soit un pourcentage en hausse à 67%.

Si l’on resserre la focale sur les 33 matchs de phases finales (12 à l’Euro, 19 en Coupe du monde et 2 en Ligue des Nations), Deschamps en a remporté 23 (7 nuls, 3 défaites), soit 70% de réussite, encore en hausse.

Et si, sur ces 33 matchs, on ne retient que les 17 à élimination directe (à partir des huitièmes de finale en Coupe du monde et à l’Euro, et des demi-finales en Ligue des Nations), c’est encore mieux avec 13 victoires (2 nuls, 2 défaites), soit 76% de matchs gagnés. Il faut préciser ici que les deux nuls statistiques correspondent à des défaites aux tirs au but contre la Suisse en 2021 et l’Argentine en 2022.

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Autrement dit, plus l’enjeu est élevé, plus Deschamps gagne. Il a même remporté les quatre demi-finales qu’il a dirigées (Allemagne 2016, Belgique 2018 et 2021, Maroc 2022), et n’a perdu qu’une finale sur quatre (Portugal 2016). Seul point noir à mettre à son passif : quand les Bleus sont poussés aux prolongations, ils échouent systématiquement (Portugal 2016, Suisse 2021 et Argentine 2022).

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Côté adversaires rencontrés, Deschamps en a battu 49 sur 58. Les neuf qui n’ont pas perdu contre lui sont la Turquie (deux fois en 2019, 0-2 et 1-1), le Brésil (en 2013 et 2015, 0-3 et 1-3), la Hongrie (1-1 en 2021), le Japon (0-1 en 2012), la Tunisie (0-1 en 2022), l’Equateur (0-0 en 2014), la Colombie (2-3 en 2018), les Etats-Unis (1-1 en 2018) et le Canada (0-0 en 2024). Parmi les adversaires battus, les plus fréquents sont les Pays-Bas (7 fois), la République d’Irlande, la Suède, la Finlande et l’Allemagne (4 fois). Viennent ensuite l’Italie, la Bulgarie, l’Australie, l’Islande, la Biélorussie, l’Albanie, la Croatie, le Portugal et le Danemark (3 fois).

Côté joueurs, 104 sur les 113 utilisés depuis août 2012 ont contribué à au moins une victoire. Les neuf qui ne sont pas sans ce cas sont Paul-Georges Ntep (2 fois en 2015), Adrien Truffert (2022), Ruben Aguilar (2020), Tiémoué Bakayoko (2017), Benoît Costil (2016), Sébastien Corchia (2016), Clément Chantôme (2012), Marvin Martin (2012) et Jimmy Briand (2012).

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Les buteurs des victoires de Deschamps sont évidemment et sans surprise Olivier Giroud, Kylian Mbappé et Antoine Griezmann, qui représentent à eux trois près de la moitié des buts marqués.

Les scores se concentrent eux aussi sur trois résultats qui représentent 52 victoires : les 2-1, les 2-0 et les 1-0, quasiment à parts égales. A noter que les Bleus ont gagné 61 fois par au moins deux buts d’écart, et 30 fois avec au moins trois buts d’avance. Il n’y a pas de 5-1, de 6-1 ou de 7-0.

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Enfin, si on découpe les 100 victoires par saison, les plus prolifiques sont 2015-16 (14 sur 17 matchs joués) et 2018 (13 sur 18). Quoiqu’il arrive, 2023-24 ne pourra faire mieux, puisque si les Bleus vont en finale de l’Euro en gagnant tous leurs matchs (ce qui semble très improbable), ils finiraient la saison avec 13 victoires, 2 nuls et 2 défaites, soit moins bien que 2015-2016 (14-1-2). A la différence près qu’il y a huit ans, une des deux défaites avait été concédée en finale, ce qui change tout.

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