Jour de match 892 : France-Pologne

Publié le 4 décembre 2022 - Bruno Colombari

Le neuvième huitième de finale en Coupe du monde, le troisième match un 4 décembre, la 142e sélection de Lloris, perdre n’empêche pas de gagner, attention aux prolongations et aux tirs au but.

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C’est le code barres de France-Tunisie

892e match depuis 1904 : 445 victoires, 186 nuls, 259 défaites ; 1592 buts marqués, 1222 encaissés

380e match de compétition : 216 victoires, 82 nuls, 81 défaites ; 728 buts marqués, 376 encaissés

102e match sur terrain neutre : 48 victoires, 24 nuls et 29 défaites ; 173 buts marqués, 145 encaissés

70e match de Coupe du monde : 36 victoires, 13 nuls, 20 défaites ; 126 buts marqués, 80 encaissés

17e match contre la Pologne : 8 victoires, 5 nuls, 3 défaites ; 27 buts marqués, 16 encaissés

Le neuvième huitième

En 16 participations à la Coupe du monde, l’équipe de France va jouer son neuvième huitième de finale. Et, stat intéressante, elle reste sur sept victoires (et donc qualifications) consécutives. La seule défaite est la première, contre l’Autriche en 1934 (le huitième de finale était le premier du tournoi, il faisait office de premier tour, comme en 1938 d’ailleurs). L’équipe de France avait fait un bon match, poussant le Wunderteam à la prolongation (la première en Coupe du monde, et la première pour les Français). Ils l’ont perdue 2-3.

Quatre ans plus tard, le huitième de finale contre la Belgique a été gagné facilement (3-1) avec un but éclair d’Emile Veinante (35 secondes). Il faudra attendre 1986 pour voir le troisième, puisque entre les deux, il y a eu quatre éditions avec un second tour de poules (1950, 1974, 1978 et 1982) et et 5 autres avec un premier tour et des quarts de finale à suivre.

En 1986 donc, le choc France-Italie de Mexico est géré froidement par les Bleus, qui l’emportent 2-0. C’est plus dur en 1998 contre le Paraguay : l’équipe de Jacquet collectionne les 0-0 en matchs à élimination directe, et doit attendre la 114e minute et le but en or de Laurent Blanc pour se qualifier. Le France-Espagne de 2006 est une affiche de haut niveau avec Ribéry, Vieira et Zidane au sommet (3-1). En 2014, c’est plus tendu et âpre contre le Nigéria, le match se débloquant dans les dix dernières minutes (2-0). Enfin, en 2018 c’est une orgie offensive face à l’Argentine de Messi (4-3) qui croit faire ses adieux à la Coupe du monde. Mais il est toujours là.

Jouer un 4 décembre

En décembre, un mois que les Bleus ont déserté depuis 1994 et un sinistre 2-0 contre l’Azebaïdjan dans la gadoue de Trabzon, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Pour le 4, on a en magasin un 0-1 à Naples contre l’Italie double championne du monde en titre en 1938, et un Bulgarie-France en forme de traquenard à Sofia en 1972. Deux défaites donc, mais qui ont été l’occasion de voir débuter deux légendes du football français. Larbi Ben Barek pour le premier, Marius Trésor pour le deuxième.

France-Pologne sera le 29e match de l’histoire des Bleus en décembre, un des moins prolifiques de l’année après janvier et juillet (27). Ils comptent pour l’instant 12 victoires pour 11 défaites et 5 nuls. S’ils jouent quatre fois au Qatar, ils auront l’occasion d’améliorer ce bilan.

Les stats à surveiller

 Contre la Pologne, Hugo Lloris égalera le record de sélections de Lilian Thuram qui date de juin 2008, soit 14 ans et 6 mois. Lloris n’était pas encore international à cette date, mais ça n’allait pas tarder : il avait été convoqué en février pour Espagne-France à Malaga et allait jouer son premier match en novembre. Les deux se sont donc manqués de peu.

 Antoine Griezmann aurait pu battre le record de victoires en Coupe du monde pour un joueur français contre la Tunisie, mais pour ça, encore eût-il fallu gagner. Avec Lloris et Giroud, il en est à 11, et les trois pourraient donc améliorer leur total. Varane en est à 10 (sur 14) et Mbappé, qui était invaincu avant la Tunisie, en compte 8 (sur 10).

 Face à la Pologne, les Bleus joueront dans leur tenue historique, maillot bleu, short blanc et chaussettes rouges. C’est une bonne nouvelle : en match à élimination directe, leur dernière défaite en Coupe du monde remonte à juin 1986 contre la RFA. Depuis, ils ont joué quatre fois avec ce kit, pour autant de victoires : Belgique 1986, Paraguay et Brésil 1998 et Argentine 2018. En bleu mais avec un short bleu, ils ont battu la Croatie en 1998, la Belgique et encore la Croatie en 2018 et ont perdu face à l’Allemagne en 2014. En blanc, ils ont gagné face à l’Espagne, le Brésil et le Portugal en 2006, le Nigéria en 2014 et l’Uruguay en 2018, pour deux nuls en 1986 et 2006 face à l’Italie.

 Peut-on gagner une Coupe du monde après avoir perdu un match ? Oui, à condition que ce soit au premier tour évidemment, mais ce n’est pas fréquent : sur les 21 éditions précédentes, c’est arrivé quatre fois. Le premier a été la RFA en 1954, écrabouillée au premier tour par des Hongrois (3-8) qu’elle battra en finale. Le second est encore la RFA en 1974, piégée par la RDA (0-1). Le troisième arrive juste après, il s’agit de l’Argentine en 1978, battue par l’Italie (0-1). Et le quatrième est l’Espagne, qui avait mal commencé sa Coupe du monde 2010, par une défaite surprise contre la Suisse (0-1). Les Bleus ont été champions d’Europe en 2000 après avoir été battus par les Pays-Bas (2-3).

 Qui dit match à élimination directe dit potentiellement prolongations ou tirs aux but. Dans cet exercice, le bilan des Bleus est contrasté : en Coupe du monde, ils ont été battus une fois en prolongations (Autriche 1934) avant d’en gagner deux en 1986 (Belgique) et en 1998 (Paraguay). Aux tirs au but, ils se sont imposés en 1986 (Brésil) et en 1998 (Italie) et ont été battus en 1982 (RFA) et en 2006 (Italie). Donc 2-1 en prolongations, et 2-2 aux tirs au but. Mais depuis que Deschamps est sélectionneur, les Bleus n’ont jamais gagné en prolongation (battus par le Portugal en 2016) ni aux tirs au but (éliminés par la Suisse en 2021). Mieux vaut donc en finir en 90 minutes, plus le temps additionnel.

Joueurs et buteurs contre la Pologne

158 joueurs français ont affronté au moins une fois la Pologne depuis 1939. Le plus fréquent est Manuel Amoros (4 fois entre 1982 et 1991) devant le sextet Laurent Blanc, Youri Djorkaeff, Marius Trésor, Didier Deschamps, Jocelyn Angloma et Marcel Desailly (3 fois). A noter que Michel Platini n’a jamais joué contre elle, ni en 1976, ni lors des deux défaites de 1982. Aucun joueur de l’équipe actuelle ne l’a rencontrée, la dernière confrontation datant de 2011, et ni Lloris ni Mandanda n’avaient joué (Cédric Carrasso était le gardien titulaire).

Côté buteurs, il y en a eu beaucoup (23, dont 21 à un but) mais deux se détachent, si l’on veut : Flery Di Nallo qui a marqué 3 fois (sur 8) face à la Pologne, en deux matchs, et Emile Veinante, auteur d’un doublé en 1939. René Girard, Robert Pintenat, Patrick Revelli, Jean-François Jodar, Roland Guillas et Mario Zatelli ont inscrit leur seul but en sélection lors d’un France-Pologne.

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