[884] Croatie-France (1-1) : le prix de l’inexpérience

Publié le 7 juin 2022 - Bruno Colombari

Ça devient une habitude : depuis l’Euro l’an dernier, les Bleus se font régulièrement reprendre après avoir ouvert le score, même si cette fois ils n’ont pas perdu. Le mois de juin est toujours aussi compliqué.

Le résultat était-il prévisible ?

Les forfaits de Varane et Mbappé, puis la mise au repos de la quasi-totalité des titulaires, laissaient imaginer un match compliqué à Split, même si les Croates étaient passés complètement à travers vendredi contre l’Autriche (0-3). Une deuxième contre-performance consécutive mettrait sans doute un terme aux espoirs des Bleus de conserver leur titre en Ligue des Nations, ce qui est évidemment loin d’être une priorité en année de Coupe du monde. Repris dans les dix dernières minutes après avoir ouvert le score, comme contre le Danemark la semaine dernière ou la Hongrie et le Portugal il y a un an, les jeunes Bleus peuvent se mordre les doigts de ne pas avoir converti deux grosses occasions vendangées par Griezmann.

L’équipe est-elle en progrès ?

Quand la rotation est d’une telle ampleur (dix joueurs sur onze), il n’y a plus de continuité d’un match à l’autre et toute comparaison s’avère impossible. D’autant plus que le système de jeu a changé lui aussi, les Bleus passant du 3-4-3 à un 4-2-3-1 sensé être plus sécurisant derrière. Il l’a été en partie, du moins jusqu’aux dix dernières minutes qui ont tourné au sauve qui peut après l’égalisation croate alors que les hôtes ne s’étaient quasiment pas procuré d’occasion nette auparavant. L’animation offensive, elle, a été faible en première mi-temps, l’impact des trois offensifs (Ben Yedder, Nkunku et Diaby) étant trop insuffisant pour mettre la défense croate en danger, hormis sur une position de hors jeu de Nkunku qui avait marqué. Ce n’est pas ce match-là qui va donner beaucoup d’indications au sélectionneur pour le Qatar.

Quels sont les joueurs en vue ?

Mike Maignan a fait une partie intéressante, même s’il n’a pas vraiment eu l’occasion de montrer la qualité de son jeu au pied, pour lequel il est souvent comparé, à son avantage, à Hugo Lloris. Il ne peut rien sur le pénalty tiré à la limite de la régularité (temps d’arrêt avant la frappe) mais il détourne plusieurs frappes cadrées (Modric 71e, Vlasic 87e) après avoir hésité à sortir devant Budimir (14e).

Aurélien Tchouaméni a touché beaucoup de ballons dans l’entrejeu. S’il n’a pas suffisamment percuté pour apporter le danger devant, c’est lui qui a orienté le jeu avec beaucoup de maturité, assumant le fait d’être le seul titulaire maintenu après le Danemark.

Adrien Rabiot a plutôt mal commencé, mais il est décisif sur l’ouverture de Ben Yedder en début de deuxième mi-temps, inscrivant son deuxième but en sélection, huit mois après le premier contre le Kazakhstan en novembre.

Christopher Nkunku a été l’attaquant le plus remuant. Il n’a pas marqué, mais il a eu le mérite de tenter sa chance et d’être quasiment passeur décisif sur la première occasion de Griezmann, qu’il sert parfaitement.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Parfois le coaching est gagnant, mais à Split ce n’a pas été le cas. Antoine Griezmann a gâché deux énormes occasions de break, du droit en deux temps à la 76e et du gauche après avoir intercepté une passe en retrait à la 88e. Le Madrilène est toujours en difficulté malgré son 63e match consécutif en bleu.

Jonathan Clauss venait quant à lui de rentrer quand il a fait faute dans la surface sur Kramaric qui avait récupéré le ballon après un tir de Sucic repoussé par Maignan. Le pénalty a été accordé après consultation de la VAR.

Désigné capitaine en l’absence des autres cadres, Presnel Kimpembe a alterné le bon, notamment un sauvetage devant Budimir à la 18e, mais c’était suite à un alignement défectueux de la défense. Et le moins bon, avec des relances approximatives et un carton jaune en fin de match alors que les Croates tentaient de renverser le score.

Sa passe décisive pour Rabiot sauve sans doute son match, mais Wissam Ben Yedder a encore semblé en dedans pour sa 19ème sélection. Même si son registre est forcément différent, il est encore loin de faire oublier Olivier Giroud.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Vendredi à Vienne, il s’agira de continuer la préparation pour la Coupe du monde contre l’Autriche qui s’est inclinée à domicile face au Danemark (1-2), ce qui ne fait pas du tout les affaires des Bleus, désormais à cinq points de la première place. Autrement dit, si les Danois ne perdent pas et gagnent deux fois avant la réception de la France fin septembre, ce sont eux qui joueront le carré final de la Ligue des Nations en 2023.

Avec le retour des titulaires, on attend des Bleus qu’ils retrouvent un niveau plus conforme à leur standing de champion du monde et qu’ils finissent la saison sur deux victoires. A cette condition, on sera indulgent sur ce coup de fatigue physique et mentale qui était prévisible. Les matchs importants seront dans cinq mois.

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