Dialogue avec Soccer Nostalgia : Michel Hidalgo, saison 1 (1975-1976)

Publié le 8 février 2022 - Bruno Colombari

Arménien né en Iran et installé en Californie, et surtout amoureux du foot européen et sud-américain depuis son enfance, Shahan Petrossian est l’auteur du blog Soccer Nostalgia. Il m’a proposé une interview sur la période de Michel Hidalgo, dont voici la première partie, en édition bilingue.

Lire sur le site de Soccer Nostalgia The Soccernostalgia Interview-Part 12
Lire la version en anglais. English version here
Lire la deuxième partie (1976-77)
8 minutes de lecture
Soccernostalgia : Le Roumain ‘Tonton’ Stefan Kovacs a quitté son poste de sélectionneur de la France à la fin de 1975 après l’élimination de la France lors des éliminatoires de l’Euro 1976 dans un groupe avec la Belgique et l’Allemagne de l’Est. Quelle était l’ambiance du football français au niveau de l’équipe nationale ?

Bruno Colombari : L’impression de ne pas avancer. L’équipe de France est dans un tunnel depuis quinze ans, et à la fin de 1975, rien ne semble avoir avancé. Pourtant, Georges Boulogne et Stefan Kovacs ont essayé de faire franchir un palier à l’équipe nationale, le premier avec une préparation physique poussée et un gros travail défensif, le second avec son expérience de l’Ajax d’Amsterdam, tant sur le plan tactique (le football total) que sur le plan mental, domaine où les Français étaient faibles. Mais le retard accumulé et le manque de joueurs de niveau mondial (les joueurs français ne s’exportent pas, et les clubs, hormis Saint-Etienne, sont vite dépassés au niveau européen) entraînent les éliminations en série, avec aucune phase finale européenne ou mondiale disputée depuis 1966.

Autant dire que la cote de l’équipe de France est très basse, au-dessous des sélections de l’Europe de l’Est qui la battent régulièrement. A tel point qu’à l’automne 1975, certains demandent à Kovacs de prendre le plus de joueurs stéphanois possible, d’habiller les Verts en bleu en quelque sorte. Il refuse, préférant retenir des joueurs pour leurs qualités individuelles. Mais il fait débuter Dominique Rocheteau, qui a vingt ans est le grand espoir du football français.

Si Kovacs échoue, comme Boulogne avant lui, le travail de détection et de formation, ainsi que l’amélioration des sélections nationales de jeunes d’où allaient sortir de nombreux cadres de la génération Platini, donnera des résultats plus tard.

Michel Hidalgo avait été l’assistant de Kovacs, mais sans expérience comme entraineur principal. Y avait-il d’autres candidats que la presse réclamait ?

Oui, car effectivement Michel Hidalgo, 42 ans, qui n’avait joué qu’une mi-temps en équipe de France en 1962 (mais avait fait une belle carrière à Reims et Monaco), à la fin de la période de Kopa, avait plutôt le profil d’un adjoint que d’un sélectionneur. La presse avait sorti quelques noms, comme à chaque fois : Helenio Herrera, qui avait secondé Gabriel Hanot avec la sélection entre 1946 et 1948 en tant que préparateur physique, Lucien Leduc, champion de France comme entraîneur de Monaco puis de de Marseille, Albert Batteux, sans doute l’entraîneur le plus prestigieux en France à cette époque, mais dont la carrière est derrière lui, et enfin Robert Herbin, le jeune coach (36 ans) de Saint-Etienne. Mais Stefan Kovacs, qui voulait Hidalgo comme successeur, a été écouté par la FFF et son président Fernand Sastre. Dès le mois d’octobre 1975, Hidalgo était officiellement choisi, alors qu’il restait deux matchs à Kovacs qui devait retourner en Roumanie en décembre.

L’objectif affiché d’Hidalgo était d’être à la Coupe du monde 1978. Comment la presse a-t-elle évalué ses chances alors que la France avait raté la qualification en 1970 et 1974 ?

Le tirage au sort de la phase éliminatoire n’a pas aidé l’équipe de France : un groupe de trois équipes seulement (comme en 1972-73), avec un seul qualifié qui ne donne aucun droit à l’erreur. Et deux équipes moyennes (la Bulgarie et la République d’Irlande) mais capables de poser de gros problèmes aux Bleus : la Bulgarie avait éliminé les Français de la Coupe du monde en 1961, et les Irlandais les avaient battus en 1972, ce qui avait coûté aux Bleus leur place en Allemagne deux ans plus tard. Hidalgo était ambitieux, mais il savait qu’en cas de nouvel échec, il risquait sa place : si l’Irlande n’avait jamais participé à une phase finale mondiale, la Bulgarie n’avait manqué aucune des quatre dernières depuis 1962, même si elle avait toujours échoué au premier tour.


 

Le premier match d’Hidalgo contre la Tchécoslovaquie aurait pu être fait avec une formation différente. L’AS St-Etienne a disputé les demi-finales de la Coupe Des Champions contre PSV Eindhoven et donc Hidalgo n’a pas convoqué ses joueurs. Cela a donné l’occasion à Hidalgo de sélectionner de nombreux joueurs débutants. Pouvez-vous nous parler du processus de sélection pour ce match ?

Après sa nomination, Hidalgo a annoncé qu’il consulterait les entraîneurs de club, en citant Robert Herbin (Saint-Etienne) et Georges Peyroche (Lille). (cf Année du Football 1976). Il a constitué une équipe mixte avec deux cadres expérimentés (Marius Trésor, 25 sélections et Henri Michel, 46 sélections), deux joueurs débutants mais avec une bonne carrière en club à 27 ans (Patrice Rio, de Nantes et Robert Pintenat, de Sochaux), trois joueurs intermédiaires avec une petite expérience internationale (Jean-Paul Bertrand-Demanes, Raymond Domenech et Albert Emon) et quatre vrais débutants (Maxime Bossis, Michel Platini, Gilles Rampillon et Gérard Soler). Avant le match, il a déclaré : « La qualité du joueur passe pour moi avant l’organisation, mais je crois aux joueurs complémentaires. »

Pour constituer son équipe, il a dû tenir compte des contraintes : pas de joueurs stéphanois, et plusieurs forfaits comme Zimako, Battiston ou Huck. Il a choisi de faire appel à de nombreux Nantais, complétés par des attaquants du FC Sochaux (Soler et Pintenat) qui brille en championnat de France. Mais l’objectif du match amical contre la Tchécoslovaquie — laquelle prépare le championnat d’Europe en Yougoslavie, qu’elle va d’ailleurs remporter — est le quart de finale du championnat d’Europe Espoirs qui se jouera fin avril contre l’URSS. Un match amical de l’équipe de France A pour préparer un match de compétition des Espoirs, c’est un sens des priorités qui peut paraître étrange, mais qui a sa logique : Hidalgo va s’appuyer sur une nouvelle génération, pas sur celle issue des années Boulogne-Kovacs, à quelques exceptions près (Trésor, Michel, Bertrand-Demanes.

Juste trois jours avant ce match contre la Tchécoslovaquie, Platini était à Bucarest avec l’équipe olympique française qui se qualifiait pour les Jeux de Montréal. Pouvez-vous parler de sa sélection pour ce match et de ses débuts historiques, parce que le destin d’Hidalgo est lié à celui de Platini ?

En 2019, à l’occasion d’une exposition organisée à Paris pour le centenaire de la FFF, j’ai pu voir la lettre de convocation envoyée à l’AS Nancy-Lorraine, datée du 17 mars 1976. Il devait se présenter le 23 mars à Saint-Germain en Laye, à l’hôtel où se réunissait l’équipe de France (Clairefontaine n’existait pas encore). Michel Hidalgo avait hésité avant de le convoquer, mais c’est Platini qui a insisté. C’est ça le plus étonnant : on a l’impression que ce joueur, qui n’avait que 20 ans, est entré en équipe de France par sa volonté propre. C’est la marque des très grands joueurs, même s’ils ne le sont pas encore.

Quand il est arrivé à l’hôtel le 25 mars (le lendemain du match des Olympiques à Bucarest), Platini a été installé dans la chambre de Henri Michel, qui avait 28 ans, neuf ans de carrière internationale et qui était capitaine des Bleus. Ça a été assez difficile entre eux. C’est le début d’une histoire compliquée, qui a duré longtemps puisqu’en novembre 1988 Henri Michel, alors sélectionneur, a dû laisser sa place à Michel Platini, encore une fois.

Bien sûr que le destin de Michel Hidalgo est lié à celui de Platini, comme celui de Jacquet est lié à celui de Zidane, sans qui il n’aurait sans doute pas gagné la Coupe du monde. Mais le grand talent de Michel Hidalgo aura été de laisser une grande liberté à Platini, de prendre sa défense quand il sera contesté plus tard, notamment en 1981, et de l’écouter.

Platini avait pu participer aux JO parce qu’il était alors militaire (au bataillon de Joinville en semaine, il rejoignait Nancy le week-end) et que son contrat professionnel était suspendu. La France n’étant pas qualifiée pour le Championnat d’Europe, la participation aux JO devenait prioritaire, comme celles des Espoirs au championnat d’Europe de leur catégorie.


 

Il y avait une certaine satisfaction pour le match contre la Tchécoslovaquie. Platini a marqué sur un coup franc et la France a dominé pendant environ une heure. En plus de Platini, Bossis, Rio et Six ont également fait leurs débuts internationaux. Quelle est la principale leçon de ce match ?

C’est que cette équipe de France-là était sans complexe, et se moquait du statut de l’adversaire, surtout quand il n’y avait pas d’enjeu. On lui donnera deux ans plus tard le titre (moqueur) de championne du monde des matchs amicaux, mais elle avait suffisamment de qualité et d’audace pour bousculer les plus grands. Elle était capable de jouer vite, à terre et en passes courtes. Elle manquait aussi de régularité et de réalisme, et ça ce n’était pas nouveau. A 2-0, après le premier but en sélection de Platini, les Tchécoslovaques sont revenus à 2-2 très vite, en moins de dix minutes, avec une erreur de défense sur l’égalisation. Et ce qui aurait pu être une victoire de prestige se transforme en un match nul qui laisse beaucoup de regrets. Ce sera comme ça jusqu’en 1982.

Mais l’expérience a été concluante, et après le match tout le monde a envie de revoir cette équipe, dont le potentiel est évident.

Hidalgo n’a même pas pris en main son deuxième match face à la Pologne le 24 avril 1976 à Lens. Hidalgo a pris en charge les Espoirs alors qu’ils affrontaient l’Union soviétique les jours avant et après le match contre Pologne. Henri Guérin a dirigé l’équipe contre la Pologne. Pouvez-vous discuter de la décision d’Hidalgo de donner la priorité aux moins de 23 ans ? Quelle est la principale leçon à retenir de ce match contre la Pologne ?

En fait, Michel Hidalgo bâtit deux équipes de France, l’une plus jeune que l’autre. La première doit jouer deux fois en cinq jours contre l’URSS dans le cadre du championnat d’Europe Espoirs, la deuxième reçoit la Pologne à Lens en amical. Mais comme en mars, il doit faire face à deux absents qui auraient pu changer des choses : Michel Platini et Dominique Rocheteau, tous deux blessés. Trésor et Michel renforcent les Espoirs, comme le permet le règlement. En A, il y a deux débutants (les défenseurs Carlos Curbelo et Gérard Farison, qui a 32 ans) et trois joueurs d’expérience (le gardien Dominique Baratelli et les milieux de terrain Jean-Marc Guillou et Jean-Michel Larqué). Et seulement trois joueurs du match précédent : Patrice Rio, Robert Pintenat et Didier Six. Dans les remplaçants, on trouve le Lensois Farès Bousdira, d’origine algérienne. il ne sera pas rappelé, comme Farison d’ailleurs.

Cette équipe-là, qui fait pourtant un très bon match grâce à un milieu de terrain très technique, n’est pas celle sur laquelle Hidalgo va s’appuyer par la suite. C’est une équipe de France B, ou bis. Il n’y aura que trois joueurs qui iront en Argentine deux ans plus tard (Baratelli, Rio et Six) contre dix chez les Espoirs. Et certains se font des illusions, comme le capitaine Jean-Michel Larqué, qui affirme « c’est la véritable équipe de France qui se trouvait à Lens. L’espace d’un soir, j’ai été le patron. Je pense être capable d’aller plus loin dorénavant. » Il ne jouera plus que deux fois en sélection.


 

La première saison d’Hidalgo s’est terminée sur une déception alors qu’une équipe démotivée et sans inspiration a perdu (0-1) en Hongrie. Le match a eu lieu quelques jours après la défaite de St Etienne à Glasgow. Quelle est la principale leçon de ce match ?

C’était clairement le match de trop, comme souvent quand des rencontres amicales sont placées à la fin de la saison, alors que le championnat se termine et que les demi-finales de la Coupe de France approchent. Encore une fois, il a dû tenir compte de nombreux forfaits (six Stéphanois, ainsi que Lacombe et Zimako), il écarte Henri Michel qui a raté son match retour contre l’URSS et il apprend que l’UEFA interdit de sélectionner Carlos Curbelo en compétition car il a déjà joué pour l’Uruguay. Il met Platini en position de milieu défensif aux côtés de Larqué et Guillou, sans grand succès évidemment. Quand ce dernier sort, Platini reprend sa place de meneur de jeu, mais les Hongrois ont déjà marqué. « Ce Hongrie-France est vraiment un match qui ne nous a rien apporté », dira Hidalgo, déçu. « Un élan existe, incontestable, dont nous n’avons pas encore pu tirer tout le parti. »

Quel bilan faites-vous de la première saison d’Hidalgo après trois (vraiment deux) matches aux commandes ?

Impossible de faire un bilan sur une période aussi courte, sans match de compétition, et à une période (fin de saison) où les joueurs sont très mobilisés par des objectifs à atteindre avec leur club. Mais ces trois matchs-là, dont un contre le futur champion d’Europe (la Tchécoslovaquie) et un autre contre le troisième de la dernière Coupe du monde (la Pologne), lui ont permis de tester de nombreux joueurs (24, dont cinq qu’on ne reverra plus par la suite), de voir ceux sur lesquels il peut compter dans l’avenir (cinq joueurs de Séville en 1982 sont déjà là) et d’observer les limites de l’équipe de France. Ça lui sera très utile avant de jouer les matchs décisifs de l’automne en Bulgarie et contre la République d’Irlande. C’est là aussi où on mesure l’importance des matchs amicaux qui disparaissent aujourd’hui.

On peut voir aussi cette période comme un condensé des huit ans à venir de la période Hidalgo : une équipe de France conquérante et ambitieuse à domicile (elle ne perdra que quatre matchs à la maison, sur 41 joués, et uniquement entre mai 1981 et août 1982) mais crispée à l’extérieur et avec une défense friable, notamment en raison de gardiens peu sûr, du moins jusqu’à l’arrivée de Joël Bats en 1983.

Il y avait pourtant un air de renaissance avec L’Epopée des Verts en Europe, la révélation de Platini et Le Progrès des Espoirs qui formeront l’ossature de la nouvelle Equipe de France. Interrogé à ce sujet dans les années 1990, Platini lui-même pensait que L’Epopée des Verts en était plus importante dans cette renaissance que ses débuts. Qu’en pensez-vous ?

Oui, il est certain qu’en 1976, les amateurs de foot en France suivent beaucoup plus Saint-Etienne que l’équipe de France, comme en 1991 ils suivront beaucoup plus l’OM. Saint-Etienne a joué une demi-finale de Coupe d’Europe des champions en 1975 et une finale en 1976, battue à chaque fois par le Bayern Munich qui alimentait lui-même l’équipe de RFA avec de nombreux internationaux. Autrement dit, la probabilité de voir un club français remporter la Coupe d’Europe était beaucoup plus élevée que de voir l’équipe de France gagner un championnat d’Europe ou une Coupe du monde. Lopez, Janvion, Rocheteau ou Bathenay allaient faire une belle carrière en Bleu aux côté de Platini, et lui-même allait rejoindre Saint-Etienne entre 1979 et 1982. L’expérience européenne acquise par les Stéphanois a servi en équipe de France, a prouvé que les joueurs français avaient le niveau international, même si avec les Bleus ça se traduira dans un premier temps par des victoires de prestige en match amical.


English version

Soccernostalgia : The Romanian ‘Tonton’ Stefan Kovacs left his post as France Manager at the end of 1975 after France were eliminated in the 1976 Euro qualifiers in a group with Belgium and East Germany. What was the atmosphere of French Football at National Team level ?

Bruno Colombari : The feeling of not moving forward. The French team had been in a tunnel for fifteen years, and at the end of 1975, nothing seemed to have progressed. However, Georges Boulogne and Stefan Kovacs had tried to take the national team to a new level, the first with extensive physical preparation and a lot of defensive work, the second with his experience of Ajax Amsterdam, both in terms of tactics (total football) than on the mental level, an area where the French were weak. But the accumulated delay and the lack of world-class players (French players are not exported, and clubs, apart from Saint-Etienne, are quickly overtaken at European level) lead to serial eliminations, with no European final phase or world contested since 1966.

Suffice to say that the rating of the French team is very low, below the selections of Eastern Europe which beat it regularly. So much so that in the fall of 1975, some asked Kovacs to take on as many Saint-Etienne players as possible, to dress the Greens in blue in a way. He refuses, preferring to retain players for their individual qualities. But he started Dominique Rocheteau, who at the age of twenty is the great hope of French football.

If Kovacs fails, like Boulogne before him, the work of detection and training, as well as the improvement of the national youth teams from which many executives of the Platini generation would come out, will yield results later.

Michel Hidalgo had been assistant to Kovacs, but with no top flight management experience ? Were there other candidates that the press clamored for ?

Yes, because indeed Michel Hidalgo, 42, who had only played one half in the French team in 1962 (but had had a good career in Reims and Monaco), at the end of the Kopa period, had rather the profile of an assistant than a coach. The press had released a few names, as always : Helenio Herrera, who had assisted Gabriel Hanot with the selection between 1946 and 1948 as a physical trainer, Lucien Leduc, champion of France as coach of Monaco then of Marseille, Albert Batteux , undoubtedly the most prestigious coach in France at that time, but whose career is behind him, and finally Robert Herbin, the young coach (36 years old) from Saint-Etienne. But Stefan Kovacs, who wanted Hidalgo as his successor, was heard to by the FFF and its president Fernand Sastre. In October 1975, Hidalgo was officially chosen, while there were two games left for Kovacs who was to return to Romania in December.

The stated objective of Hidalgo was to be the 1978 World Cup. How did the Press assess his chances given that France had missed qualification in 1970 and 1974 ?

The draw for the elimination phase did not help the French team : a group of only three teams (as in 1972-73), with only one qualified which gives no room for error. And two average teams (Bulgaria and the Republic of Ireland) but capable of causing big problems for the Blues : Bulgaria had eliminated the French from the World Cup in 1961, and the Irish had beaten them in 1972, which had cost the Blues their place in Germany two years later. Hidalgo was ambitious, but he knew that if he failed again, he was risking his place : if Ireland had never participated in a world finals, Bulgaria had not missed any of the last four since 1962, even if it had always failed in the first round.

Hidalgo’s first match in charge vs Czechoslovakia could have been made with a different lineup. AS St Etienne were involved in the Champions Cup Semifinals vs. PSV Eindhoven and therefore Hidalgo did not call up their players. This gave an opportunity for Hidalgo to select many uncapped players. Can you talk about the selection process for this match ?

After his appointment, Hidalgo announced that he would consult with club coaches, citing Robert Herbin (Saint-Etienne) and Georges Peyroche (Lille). (cf Année du Football 1976). He formed a mixed team with two experienced players (Marius Trésor, 25 caps and Henri Michel, 46 caps), two beginners but with a good club career at 27 (Patrice Rio, from Nantes and Robert Pintenat, from Sochaux) , three intermediate players with a little international experience (Jean-Paul Bertrand-Demanes, Raymond Domenech and Albert Emon) and four real debutants (Maxime Bossis, Michel Platini, Gilles Rampillon and Gérard Soler). Before the match, he said : “The quality of the player comes before the organization for me, but I believe in complementary players. »

To build his team, he had to take into account the constraints : no players from Saint-Etienne, and several withdrawals like Zimako, Battiston or Huck. He chose to call on many Nantes players, supplemented by strikers from FC Sochaux (Soler and Pintenat) who shone in the French league. But the objective of the friendly match against Czechoslovakia – which is preparing the European Championship in Yugoslavia, which it will also win – is the quarter-final of the European U23 Championship which will be played at the end of April against the USSR . A friendly match of the France A team to prepare for a competitive match of the Under-23s, it is a sense of priorities which may seem strange, but which has its logic : Hidalgo will rely on a new generation, not on the one from the Boulogne-Kovacs years, with a few exceptions (Trésor, Michel, Bertrand-Demanes).

Just three days before this match vs. Czechoslovakia, Platini was in Bucharest with the French Olympic side earning qualification for the Montreal Olympics. Can you talk about his selection for this match and his historic debut as Hidalgo’s destiny is interlinked with Platini ?

In 2019, on the occasion of an exhibition organized in Paris for the centenary of the FFF, I was able to see the letter of convocation sent to AS Nancy-Lorraine, dated March 17, 1976. He was to present himself on March 23 in Saint-Germain en Laye, at the hotel where the French team met (Clairefontaine did not yet exist). Michel Hidalgo had hesitated before summoning him, but it was Platini who insisted. That’s the most amazing thing : we have the impression that this player, who was only 20 years old, entered the French team by his own will. It is the mark of very great players, even if they are not yet.

When he arrived at the hotel on March 25 (the day after the Olympics match in Bucharest), Platini was installed in the room of Henri Michel, who was 28 years old, nine years of international career and who was captain of the Blues. It was quite difficult between them. This is the beginning of a complicated story, which lasted a long time since in November 1988 Henri Michel, then coach, had to give way to Michel Platini, once again.

Of course Michel Hidalgo’s destiny is linked to that of Platini, just as Jacquet’s is linked to that of Zidane, without whom he probably would not have won the World Cup. But the great talent of Michel Hidalgo will have been to leave great freedom to Platini, to defend him when he will be challenged later, especially in 1981, and to listen to him.

Platini was able to participate in the Olympics because he was then in the Millitary(at the Joinville battalion during the week, he joined Nancy on weekends) and his professional contract was suspended. As France did not qualify for the European Championship, participation in the Olympic Games became a priority, like those of the Under-23s in the European Championship in their category.

There was some satisfaction for the match vs. Czechoslovakia. Platini scored on a free kick and France dominated for an hour or so. In addition to Platini, Bossis, Rio and Six also made their International debuts. What is the main takeaway from this match ?

It is that this team of France was without complex, and ignored of the status of the opponent, especially when there was no stake. Two years later, she was given the (mocking) title of world champion in friendly matches, but she had enough quality and audacity to shake up the biggest. She was able to play fast, on the ground and in short passes. It also lacked regularity and realism, and that was nothing new. At 2-0, after Platini’s first National Team goal, the Czechoslovakians came back to 2-2 very quickly, in less than ten minutes, with a defensive error on the equalizer. And what could have been a prestigious victory turned into a draw that left a lot of regrets. It will be like this until 1982.

But the experience was conclusive, and after the match everyone wants to see this team again, whose potential is obvious.

Hidalgo did not even manage his second match in charge vs Poland on April 24, 1976 at Lens. Hidalgo took charge of the Under-23s as they faced the Soviet Union on the days before and after the match vs. Poland. Henri Guerin managed the side against Poland. Can you discuss Hidalgo’s decision to give priority to the Under-23s side ? What is the main takeaway from this match vs. Poland ?

In fact, Michel Hidalgo is building two French teams, one younger than the other. The first must play twice in five days against the USSR as part of the European U23 Championship, the second hosted Poland in Lens in a friendly. But as in March, he has to face two absentees who could have changed things : Michel Platini and Dominique Rocheteau, both injured. Trésor and Michel reinforce the Under-23s, as permitted by the rules. In A, there are two beginners (defenders Carlos Curbelo and Gérard Farison, who is 32) and three experienced players (keeper Dominique Baratelli and midfielders Jean-Marc Guillou and Jean-Michel Larqué). And only three players from the previous match : Patrice Rio, Robert Pintenat and Didier Six. In the substitutes, we find the Lensois Farès Bousdira, of Algerian origin. he will not be recalled, like Farison for that matter.

This team, which is nevertheless playing a very good match thanks to a very technical midfield, is not the one on which Hidalgo will rely later. It is a team of France B, or bis. There will only be three players who will go to Argentina two years later (Baratelli, Rio and Six) against ten for the Under-23s. And some have illusions, like captain Jean-Michel Larqué, who says "it’s the real French team that was in Lens. For one night, I was the boss. I think I can go further now. “He will only play twice in selection.

Hidalgo’s first season ended in disappointment as an unmotivated and uninspired side lost (0-1) at Hungary. The match took days after St Etienne’s loss in Glasgow. What is the main takeaway from this match ?

It was clearly one game too many, as often when friendly matches are placed at the end of the season, when the championship ends and the semi-finals of the Coupe de France approach. Once again, he had to take into account many withdrawals (six St Etienne players, as well as Lacombe and Zimako), he dismissed Henri Michel who missed his return match against the USSR and he learned that UEFA forbids the selection of Carlos Curbelo in competition as he has already played for Uruguay. He put Platini in a defensive midfield position alongside Larqué and Guillou, obviously without much success. When the latter comes out, Platini resumes his place as playmaker, but the Hungarians have already scored. « This Hungary-France is really a match that brought us nothing, » said Hidalgo, disappointed. “A momentum exists, indisputable, of which we have not yet been able to take full advantage. »

What is your assessment of Hidalgo’s first season in charge after three (really two) matches in charge ?

Impossible to take stock of such a short period, without a competitive match, and at a time (end of season) when the players are very mobilized by the objectives to be achieved with their club. But these three matches, including one against the future European champion (Czechoslovakia) and another against the third of the last World Cup (Poland), allowed him to test many players (24, including five whom we will not see again later), to see those on whom he can count in the future (five players from Seville in 1982 are already there) and to observe the limits of the France team. It will be very useful for him before playing the decisive matches of the autumn in Bulgaria and against the Republic of Ireland. This is also where we measure the importance of friendly matches which are disappearing today.

We can also see this period as a summary of the next eight years of the Hidalgo period : a conquering and ambitious French team at home (it only lost four games at home, out of 41 played, and only between May 1981 and August 1982) but tense outside and with a fragile defense, in particular due to insecure goalkeepers, at least until the arrival of Joël Bats in 1983.

There was nevertheless an air of a renaissance with St Etienne’s run in Europe, the revelation of Platini and the progress of the Under-23s that would form the backbone of the new France Team. When asked about this in the 1990s, Platini himself believed that St Etienne’s run was more important in this rebirth than his debut. What are your thoughts ?

Yes, it is certain that in 1976, football fans in France follow Saint-Etienne much more than the French team, as in 1991 they will follow OM much more. Saint-Etienne played a semi-final of the European Champions Cup in 1975 and a final in 1976, beaten each time by Bayern Munich, which itself supplied the West Germany National Team with many internationals. In other words, the probability of seeing a French club win the European Cup was much higher than seeing the French team win a European championship or a World Cup. Lopez, Janvion, Rocheteau or Bathenay would have a fine career in Blue alongside Platini, and he himself would join Saint-Etienne between 1979 and 1982. The European experience acquired by the St Etienne players served in the French team, proved that the French players had the international level, even if with the Blues it will initially result in prestigious victories in friendly matches.

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