Combien de nouveaux joueurs après 4 matchs de phase finale ?

Publié le 4 juillet 2024 - Bruno Colombari

Les Bleus qui n’ont pas encore joué la moindre minute à l’Euro vont-ils pouvoir le faire lors des prochains matchs ? C’est très improbable, quand on regarde les précédents tournois où l’équipe de France a joué sept fois.

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Après les quatre premiers matchs des Bleus à l’Euro, il reste 7 joueurs sur les 25 de la liste qui n’ont pas eu de temps de jeu. Les deux gardiens remplaçants Brice Samba et Alphonse Aréola, les quatre défenseurs Benjamin Pavard, Jonathan Clauss, Ibrahima Konaté et Ferland Mendy et le milieu relayeur Warren Zaïre-Emery. Pour Clauss, Mendy et WZE c’était prévisible, mais pour Pavard, champion du monde 2018 et comptant 54 sélections, ça l’était un peu moins, d’autant qu’il avait été convaincant dans l’axe. Et pour Ibrahima Konaté, c’est une surprise, puisqu’il était régulièrement titulaire depuis la fin de la Coupe du monde 2022, succédant à Varane.

Y a-t-il une chance de les voir, ou d’en voir un ou deux, d’ici la fin de l’Euro, alors qu’ils n’ont pas été utilisés lors du troisième match, celui où, une fois la qualification acquise, le sélectionneur procède à une large revue d’effectifs ? Si l’on regarde les 7 précédents tournois où les Bleus ont joué 7 fois, la réponse est claire.

1982 : Castaneda, Mahut et Bellone pour la troisième place

Comme il l’avait fait en 1978, où il avait réussi à utiliser ses 22 joueurs uniquement au premier tour, Michel Hidalgo fait beaucoup tourner en Espagne, mais dans une moindre mesure, car le troisième match (contre la Tchécoslovaquie) est décisif. 18 joueurs participent au premier tour : 13 contre l’Angleterre, 4 autres face au Koweït (Gérard Janvion, Manuel Amoros, Bernard Genghini et Bernard Lacombe) et un contre les Tchèques (Alain Couriol).

Mais le défenseur central Philippe Mahut et l’ailier gauche Bruno Bellone attendront le septième match, celui pour la troisième place contre la Pologne, pour avoir enfin du temps de jeu, ainsi que le gardien Jean Castaneda. Finalement, seul Dominique Baratelli, qui se voyait titulaire avant le tournoi, n’aura pas joué en 1982.

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1986 : Xuereb en demi-finale, Rust, Bibard, Le Roux et Genghini pour la troisième place

Quatre ans plus tard, Henri Michel est plus conservateur en n’utilisant que 16 joueurs lors du premier tour : 12 face au Canada, 3 autres contre l’URSS (William Ayache, Bruno Bellone et Philippe Vercruysse) et un devant la Hongrie (Jean-Marc Ferreri), match décisif également pour la qualification. Mais il fait entrer l’attaquant Daniel Xuereb, qui n’avait pas encore joué, contre la RFA en demi-finale. Quatre autres, le gardien Albert Rust, les défenseurs Michel Bibard et Yvon Le Roux et le milieu Bernard Genghini doivent se contenter, comme en 1982, du match des coiffeurs face aux Belges. Le troisième gardien, Philippe Bergeroo, est le seul à ne pas jouer du tout.

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1998 : tous les joueurs de champ utilisés au premier tour

L’avantage de gagner les deux premiers matchs, c’est qu’il est facile et sans risque de faire tourner au troisième. C’est ce que fait Aimé Jacquet contre le Danemark en intégrant 4 joueurs (Vincent Candela, Christian Karembeu, Frank Lebœuf et Patrick Vieira), mais il en avait déjà utilisé 14 contre l’Afrique du Sud et deux autres devant l’Arabie Saoudite (Robert Pirès et Bernard Diomède). Au moment des quarts de finale, seuls les deux gardiens n’ont pas joué : Bernard Lama et Lionel Charbonnier. On ne les verra pas de tout le tournoi.

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2006 : le sacrifice des défenseurs

Pour sa première Coupe du monde, Raymond Domenech est extrêmement conservateur : après les 13 joueurs utilisés face à la Suisse, il en fait entrer 2 contre la Corée du Sud (Florent Malouda et David Trezeguet) et 3 autres face au Togo (Mickaël Silvestre, Alou Diarra et Sidney Govou), match où les Bleus ont besoin impérativement de gagner. Les cinq laissés sur le banc ne le quitteront pas : les gardiens Grégory Coupet et Mickaël Landreau et les trois défenseurs Pascal Chimbonda, Jean-Alain Boumsong et Gaël Givet.

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2016 : Umtiti et Mangala en quart de finale

C’est la lueur d’espoir pour les remplaçants de 2024 : en 2016, Didier Deschamps n’a utilisé que 16 joueurs au premier tour : 14 contre la Roumanie, un de plus face à l’Albanie (André-Pierre Gignac) et un autre contre la Suisse (Yohan Cabaye).

Mais pour pallier la suspension d’Adil Rami, il fait appel en quart de finale à Samuel Umtiti, qui ne compte aucune sélection. Ce dernier sera remplacé en fin de match par Eliaquim Mangala, mais Umtiti restera titulaire pour les trois derniers matchs. Cinq joueurs n’ont pas eu de temps de jeu : les gardiens Steve Mandanda et Benoît Costil, les défenseurs Lucas Dignet et Christophe Jallet et le milieu Morgan Schneiderlin.

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2018 : Adil Rami se frise les moustaches

En Russie, Didier Deschamps utilise encore une fois le troisième match, face au Danemark, pour faire tourner son groupe : cinq nouveaux joueurs sont lancés (Mendy, Sidibé, Kimpembé, Mandanda et ) en plus de Nzonzi contre le Pérou et des 14 autres face à l’Australie en ouverture. Après, ça ne bouge plus ou presque : Thauvin entre en fin de match en huitièmes contre l’Argentine, et c’est fini. Adil Rami tiendra compagnie à Alphonse Aréola sur le banc jusqu’à la finale.

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2022 : tout le monde joue sauf Aréola

Sa liste de 26 ayant été amputée de Karim Benzema avant le début du tournoi, Didier Deschamps fait largement tourner au premier tour, avec 16 joueurs face à l’Australie, un autre contre le Danemark (Raphaël Varane) et 7 devant la Tunisie (Steve Mandanda, Axel Disasi, William Saliba, Eduardo Camavinga, Mattéo Guendouzi, Jordan Veretout et Randal Kolo Muani). A partir des huitièmes de finale, seul Alphonse Aréola n’a pas joué, et il restera sur le banc jusqu’au bout.

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Conclusion : il n’y aura sans doute pas de dernière chance

Tout d’abord, il convient de rappeler qu’on ne sait pas encore, au moment où ce article est publié, si les Bleus joueront cinq, six ou sept matchs en Allemagne. Ensuite, en 2024 le troisième match contre la Pologne n’a pas permis de faire tourner. Enfin, à l’Euro il n’y a pas de match pour la troisième place, contrairement à la Coupe du monde. D’autre part, si on regarde les postes des 17 joueurs restés sur le banc, la plupart (10) sont des gardiens, et la majorité des autres (5) sont des défenseurs, les postes qui tournent le moins, sauf blessure (comme Lucas Hernandez en 2022) ou suspension (Rami en 2016). Les deux derniers sont des milieux défensifs, c’est-à-dire le poste de Warren Zaïre-Emery, qui n’aura sans doute pas l’occasion de devenir le plus jeune Bleu à l’Euro. Et un total de 7 joueurs non utilisés serait un nouveau record du genre, à pondérer par le fait qu’il s’agit d’une liste à 25.

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