Une petite dernière pour la route

Publié le 9 juin 2011 - Bruno Colombari - 1

Déjà un peu en vacances, les Bleus assurent le coup (1-0) à Varsovie contre une Pologne rapide en contre et plutôt joueuse. On regrettera quelques maladresses en attaque, compensées par du sérieux derrière et un jeu plus rapide au milieu après la pause.

Après chaque match de l’équipe de France, et avant de publier les tableaux de bord, une petite liste des enseignements à en tirer, en cinq questions.

Le résultat était-il prévisible ?

Après un match soporifique en Biélorussie et un autre terminé pied au plancher en Ukraine, on pouvait s’attendre à une gestion tranquille du dernier match de l’année en Pologne. Un stade bien garni, une ambiance dynamique et un adversaire tentant de mettre de la vitesse dans ses contres n’ont pas suffi pousser les Bleus dans leurs derniers retranchements. Le but rapide de N’Zogbia, une rareté cette saison, a paradoxalement figé le match sur ce score minimaliste. La défense a tenu bon, même si la sortie prématurée de Kaboul n’a pas permis de tester vraiment une charnière alternative au duo Mexès-Rami. Mais malgré un léger mieux dans les vingt dernières minutes, le jeu offensif a encore péché par trop d’imprécisions dans la dernière passe. Dommage, car il y avait sans doute la place pour un score plus large.

L’équipe est-elle en progrès ?

Il ne va pas être facile de tirer des conclusions de cette mini-tournée faite de matches très décousus, face à des adversaires moyens, et avec des Bleus manquant singulièrement de fraîcheur au moment d’accélérer le jeu. Le feu d’artifice des dernières minutes à Donetsk n’a pas eu de suite à Varsovie, même si on peut considérer que le dernier quart d’heure face à la Pologne a été sans doute le plus animé aux deux extrémités du terrain. Il reste encore beaucoup à faire pour donner à cette équipe un style de jeu et une certaine forme de constance sur au moins la durée d’une mi-temps. Ces trois matches auront en tout cas permis de voir de nouvelles têtes et de bousculer un peu les titulaires installés depuis l’automne.

Quels joueurs sortent de ce match renforcés ?

Pour sa première sélection après deux années de patience, Cédric Carrasso s’en est bien tiré, même s’il a été sauvé sur sa ligne par Sagna à un quart d’heure de la fin. Sans menacer Lloris, il peut prétendre à une place de numéro deux.

La rentrée de Diaby en deuxième mi-temps a apporté quelque chose au milieu français, même si le joueur d’Arsenal a parfois du mal à sortir proprement de ses enchaînements diaboliques. Sur les côtés, N’Zogbia et Valbuena ont contribué à animer le jeu et n’ont pas hésiter à prendre leur chance à l’entrée de la surface. Tout comme Ménez, ils gagnent des places dans le rôle de suppléants à Ribéry et Malouda.

On aurait aimé voir Kevin Gameiro plus longtemps, on aurait aussi aimé que Rémy ne l’oublie pas sur une très belle occasion à la 83e gâchée par le Marseillais. Lui aussi aura marqué des points pour s’installer comme solution de rechange à Benzema.

Sans avoir raté son match, Marvin Martin a eu un peu du mal à confirmer l’excellente impression laissée à Donetsk. Après un bon début, le Sochalien a disparu de la circulation pendant une bonne demi-heure, jouant beaucoup plus bas au moment où Valbuena et N’Zogbia harcelaient la défense polonaise. Puis il s’est à nouveau montré dans le dernier quart d’heure, avec quelques belles passes, un coup franc bien dosé et une percée plein axe qui aurait mérité mieux. Encore un peu tendre pour une place de titulaire, mais assurément intéressant dans un rôle de détonateur en deuxième période.

Quels joueurs sortent de ce match affaiblis ?

Devant, Guillaume Hoarau a été remarquablement statique, prenant bien soin de n’appuyer aucune de ses prises de balle, et réussissant un joli plat du pied en pleine figure de Szczesny en première période. Depuis le mois d’août dernier, la question reste posée : que fait-il en équipe de France, à part accrocher le filet à la transversale au début de l’entraînement ? En seconde période, soyons juste, il a réussi quelques beaux gestes, en position de défenseur central., avant de gâcher une ultime occasion face au gardien polonais.

Alou Diarra mérite-t-il le statut de titulaire (et le brassard) que Laurent Blanc lui accorde ? Le Bordelais a disputé une mi-temps quelconque, bien loin de ce que pouvait apporter un Vieira en état de marche.

Bakary Sagna a livré un match correct derrière, mais encore une fois exaspérant devant, avec des centres balancés n’importe où. Plus sobre, Anthony Réveillère semble offrir plus de garanties que le Londonien dans le couloir droit. En attendant de voir Debuchy ?

Quelles sont les attentes pour la prochaine rencontre ?

Après les vacances, on retrouvera les Bleus dans deux mois, le 10 août, pour un match amical sans doute pas facile à Montpellier contre le Chili, qui aura disputé en juillet la Copa America. On peut imaginer que Laurent Blanc testera une charnière centrale alternative (Rami sera suspendu pour le match en Albanie début septembre, et Mexès sera en phase de reprise). On attend aussi de voir qui il choisira pour animer le jeu : Nasri, Gourcuff, Cabaye ou Martin ? Il y a trois mois, la question ne se serait pas posée. Désormais les choix sont beaucoup plus ouverts.

Vos commentaires

  • Le 18 juin 2011 à 13:07, par Lou En réponse à : Une petite dernière pour la route

    Ah, oui, il y a un enseignement majeur à tirer de ces trois matchs.
    Le principal c’est que le 4/3/3 fonctionne beaucoup mieux que le 4/2/3/1 bien pourri qui a été utilisé contre la Biélorussie (et qui était le schéma fétiche du non moins pourri Domenech).
    D’ailleurs ce n’est pas compliqué, les seuls matchs convaincants sur le plan du jeu de l’EdF avec L Blanc l’ont été en 4/3/3 (Bosnie, Roumanie, Angleterre, Ukraine et Pologne). Même avec une équipe Française B en Ukraine les Bleus ont montré un jeu plus probant que contre la Biélorussie qui avait pourtant alignée son équipe B.
    La Pologne qui était l’opposition la plus sérieuse des trois équipes de l’est (et qui va en embêter plus d’un à l’Euro) a été largement dominée à domicile par l’EdF.
    Il est évident que si Blanc persiste avec le 4/3/3 les Bleus vendront chèrement leur peau à l’Euro.

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