Un dix dans le dos : les années Platini (1976-1987)

Publié le 8 mars 2021 - Bruno Colombari

Entre mars 1976 et avril 1987, Michel Platini a disputé 72 des 98 matchs des Bleus. Dont 64 avec le numéro 10 sur le dos. Onze autres joueurs ont porté ce numéro mythique pendant cette période. Les voici.

C’est contre le Danemark, le 1er septembre 1976, que Michel Platini s’est vu attribuer pour la première fois un numéro qu’il allait rendre mythique en équipe de France, au point d’en devenir une marque de vêtements. A 21 ans et deux mois, et pour sa troisième sélection, il s’installait définitivement chez les Bleus.

Lors de ses deux premières sélections, il avait porté le numéro 8 contre la Tchécoslovaquie au Parc en mars, et le 6 face à la Hongrie à Budapest en mai. Il lui arrivera encore six fois de porter un autre numéro en équipe de France : en juin 1977 lors de la tournée en Argentine et au Brésil (il portait le 12), en mai 1978 contre la Tunisie à Villeneuve d’Ascq (remplaçant et entré en jeu à la mi-temps, il avait le 14) et en juin de la même année en Argentine, où il portait le 15.

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Platini, 64 fois sur 72 avec le numéro 10

Toutes les autres fois, il a joué avec le 10, soit à 64 reprises. Un total qui ne sera dépassé que par Zidane en octobre 2001 (qui portera le 10 104 fois entre 1995 et 2006) et par Benzema, d’un cheveu, en octobre 2015 (67 fois depuis 2007).

Il faut rappeler au passage qu’à l’époque, les onze titulaires jouaient avec des maillots de 1 à 11, et généralement en fonction de leur poste : le gardien avait le 1, les arrières latéraux le 2 (droit) et le 3 (gauche), les défenseurs centraux le 4 et le 5, les milieux le 6, le 8 et le 10 et les attaquants le 7 (ailier droit), le 9 (avant-centre) et le 11 (ailier gauche).

Quand Michel Platini ne jouait pas, et c’est donc arrivé 26 fois sur 98 pendant les onze années de sa carrière internationale, ou quand il avait un autre numéro (8 fois), onze joueurs différents ont porté le 10.

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Rampillon, 10 de coeur contre les Tchécoslovaques

Le tout premier est le Nantais Gilles Rampillon contre la Tchécoslovaquie au Parc en mars 1976 qui débute en sélection ce jour-là, comme Platini, Six ou Bossis. Il portera le numéro 10 une autre fois, trois ans plus tard, encore face à la Tchécoslovaquie et toujours au Parc, en novembre 1979. Ce n’est que sa deuxième sélection, et il marquera le but de la victoire (2-1).


 

Vient ensuite le Niçois Jean-Marc Guillou contre la Pologne à Lens en avril 1976 (Platini est absent). Il garde le 10 face à la Hongrie à Budapest en mai 1976 et le retrouve contre la Tunisie en mai 1978 à Villeneuve d’Ascq. C’est lui qui le porte en Argentine, où il ne jouera que le premier match à Mar del Plata contre l’Italie en juin 1978, son tout dernier match en équipe de France. Entre temps, Alain Giresse en avait hérité lors de la tournée sud-américaine de juin 1977. Il avait joué contre l’Argentine mais pas face au Brésil.

Claude Papi avec le 10 de Kimberley

Le Lavallois Raymond Kéruzoré a assuré un bref intérim à Toulouse contre l’Iran en mai 1978. Le cas de Claude Papi est particulier : à la Coupe du monde 1978, le Bastiais est porteur du 12, Jean-Marc Guillou ayant le 10 (et Platini le 15). Lors du troisième match du premier tour, contre la Hongrie à Mar del Plata, l’équipe de France doit se rabattre en catastrophe sur les maillots du club local de Kimberley, rayés verticalement en vert et blanc. Mais ils ne sont numérotés que jusqu’à 16. Titularisé, Claude Papi porte ainsi le 10 sur le maillot. Il sera remplacé par Platini à la mi-temps.

Quatre mois plus tard, alors que Platini s’est blessé en championnat avec Nancy, le Strasbourgeois Roger Jouve récupère le 10 contre la Suède au Parc. Puis c’est son coéquipier Francis Piasecki qui le porte au Luxembourg en octobre 1978, contre l’Espagne en novembre et encore face au Luxembourg en février 1979. Ce sont les trois seules sélections de Piasecki en équipe de France.

Bernard Genghini, le plus fréquent

Il faudra attendre plus de deux ans pour voir un autre joueur en 10 chez les Bleus, hormis Platini évidemment, qui entre-temps est devenu capitaine. C’est le Bordelais Bernard Lacombe qui le porte à Rotterdam contre les Pays-Bas en mars 1981. Lors des deux matchs suivants, Platini forfait est remplacé par le Sochalien Bernard Genghini qui joue avec le 10 contre la Belgique en avril et face au Brésil en mai.


 

Désormais, et jusqu’à l’été 1982, Genghini garde ce numéro fétiche quand Platini est absent : contre Chypre en novembre 1981, l’Irlande Nord en mars 1982, la Bulgarie en mai et la Pologne en août. On le reverra avec encore deux fois, face à la Belgique en mai 1983 et contre la RFA en avril 1984, où il marquera le but de la victoire (1-0).

Entre temps, le Nantais José Touré aura le privilège de jouer en 10 pour sa première sélection face à la Yougoslavie en avril 1983, où il marquera d’ailleurs le quatrième but. Alain Giresse le portera deux autres fois, en novembre 1983 à Zagreb contre la Yougoslavie, et en mars 1984 à Bordeaux face à l’Autriche.

Le tout dernier porteur alternatif du 10 de l’ère Platini sera le Lensois puis Bordelais Philippe Vercruysse contre l’Argentine en mars 1986 puis face à la Suisse en août et à Reykjavik contre l’Islande en septembre.

Sauf exception, ce sont des meneurs de jeu

C’est donc Bernard Genghini qui a porté le plus souvent le numéro 10, huit fois, devant Jean-Marc Guillou 4 fois, Francis Piasecki, Alain Giresse et Philippe Vercruysse 3 fois, Gilles Rampillon deux fois. Lors de sept matchs, aucun des joueurs participants ne l’a porté : contre le Brésil en 1977, face au Portugal et à l’Argentine en 1978, face à l’Autriche et la Pologne lors du Mondial 1982 et contre la Belgique au Mexique en 1986.

La plupart sont des meneurs de jeu, donc de vrais numéros 10 quand ceux-ci correspondaient à ce poste (notamment dans un milieu à trois, derrière trois attaquants). Les exceptions dans cette liste sont Bernard Lacombe, pur avant-centre et qui a échangé son numéro 9 avec Jean-François Larios contre les Pays-Bas en mars 1981, et José Touré, qui était plutôt un attaquant libre.

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