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Bleus, saignants ou à point ?

Publié le 21 mars 2005, mis à jour le 26 août 2010

Les 26 et 30 mars, l’équipe de France essaiera d’avancer sur la route de la Weltmeisterschaft 2006 contre la Suisse et Israël. Si vous avez d’autres projets pour ces deux soirées, les Cahiers vous racontent tout avec trois scénarios au choix...

SCÉNARIO BLEU

Les matches
Deux victoires. Barthez, indisposé par un rhume des foins la veille du match, est forfait. Coupet dans la cage, Boumsong et Gallas sont associés en défense centrale, Sagnol et Abidal sur les côtés, Pedretti-Vieira à la récupération, Meriem meneur de jeu axial, Malouda et Wiltord attaquants latéraux, Trezeguet en pointe. Henry, pas rétabli, est préservé pour le match contre Israël.

Contre la Suisse, victoire 4 à 0, deux buts de Trezeguet, un de Meriem, un de Pedretti sur coup franc. Le duo sochalien Pedretti-Meriem est reconstitué, ce qui accélère le jeu au milieu de terrain. La charnière centrale se montre intraitable, même si Gallas ne se crée aucune occasion de but pour la première fois depuis près d’un an. Les latéraux participent à la construction, bien relayés par Wiltord et Malouda. Devant, David Trezeguet se crée une bonne demi-douzaine d’occasions franches, mais il trouve la barre et le poteau. Dans les travées du Stade de France, Robert Pires fête sa trente-deuxième coupe de champagne avec le secrétaire général de la Cogedip dont il squatte la loge. Les Suisses, dégoûtés, ne veulent plus voir les Bleus en peinture et rappellent leur neutralité.

À Tel-Aviv, Barthez va mieux, mais Domenech le laisse sur la touche, au risque d’aggraver sa sinusite dans les courants d’air. Henry est encore sur le banc au coup d’envoi. Les Bleus, qui retrouvent Dhorasoo au milieu (à la place de Malouda), jouent en pleine confiance et en toute décontraction. D’entrée, Wiltord marque et oblige les Israéliens à sortir. Au final, victoire 3 à 0, doublé de Wiltord et but de Trezeguet, qui porte son total personnel à 33 sur une passe décisive de Thierry Henry. Le Juventino, qui voulait le remercier, ne parviendra pas à rattraper son coéquipier parti fêter ça tout seul à l’autre bout du terrain.

Les réactions
Domenech se félicite des progrès de son équipe : « Encore une fois, on construit dans la continuité, on s’améliore, c’est bien. Les adversaires ont été valeureux, ils ont essayé de gagner. Nous aussi ». Selon lui, les cinq matches nuls étaient en fait « une montée en puissance planifiée ». Il commence à parler du schéma tactique de la finale de la Coupe du monde comme de son « objectif ultime », et confirme l’arrivée d’Élisabeth Teissier comme préparatrice mentale. Jean-Pierre Escalettes constate en passant que depuis qu’il est à la tête de la FFF, l’équipe de France ne fait que gagner.

Les conséquences
Pires annonce sa retraite internationale, Barthez aussi. Meriem s’impose en n°10, Coupet est désormais le gardien titulaire. Trezeguet a retrouvé l’efficacité devant, et Sylvain Wiltord semble rajeuni de quatre ans. Plus personne ne parle de Johan Micoud ou Nicolas Anelka. Pour la première fois le « oui à Domenech » passe devant le « non » dans un sondage exclusif de la Sofres publié dans Les Cahiers du foot. Le sondage d’Ipsos pour L’Équipe continue pour sa part de donner le « non » vainqueur à 82%.

SCÉNARIO BLANC

Les matches
Un nul à domicile contre la Suisse et une victoire étriquée à Tel-Aviv.
Contre la Suisse, l’attaque Giuly-Henry-Trezeguet ne passe pas face à une défense helvète verrouillée comme un coffre-fort. Meriem est forfait, Dhorasoo dépassé physiquement. Vieira et Pedretti ont du mal à maîtriser le milieu suisse. Zebina et Gallas sont alignés sur les côtés, avec une charnière Abidal-Givet. La défense est mise en difficulté par le duo Frei-Vonlanthen. Les sifflets commencent au bout d’un quart d’heure et le public réclame Henry, pourtant titularisé. Score final : 0 à 0.

À Tel-Aviv, une boulette de Barthez au bout de dix minutes rend les Bleus fébriles. La partie s’équilibre en deuxième mi-temps, jusqu’au but de Gallas contre son camp. Wiltord, titulaire en attaque à la place d’Henry, marque dans le dernier quart d’heure, avant que Pedretti ne donne la victoire sur un penalty litigieux à cinq minutes de la fin.

Les réactions
Domenech rappelle après la Suisse que « les six premières minutes de la deuxième demi-heure ont été excellentes », que son équipe « se construit petit à petit : ce résultat est encourageant pour la Suisse, euh, pardon, pour la suite ».

Après Israël, il constate que « peu d’équipes gagneront ici, c’est notre troisième victoire consécutive à l’extérieur, ce qui tombe bien puisqu’il faudra gagner en Irlande et en Suisse à l’automne. Les progrès sont encourageants, surtout pour une équipe en construction ».

Dans un entretien exclusif à France Football, Robert Pires explique pourquoi, sans lui, les Bleus ne peuvent pas se qualifier.

Les conséquences
La qualification est compromise. Les choix défensifs de Domenech sont vivement critiqués, ainsi que l’attitude de Barthez (qui est arrivé avec deux jours de retard au rassemblement de Clairefontaine). Henry est en voie de piresisation.

La presse spécialisée reparle de Tigana et de Blanc, ou de Wenger. Rolland Courbis se porte candidat, ainsi que Vahid Halilhodzic, qui propose un nouveau règlement intérieur pour les Bleus, jugé néanmoins non-conforme à la convention de Genève par Amnesty International.

SCÉNARIO ROUGE

Les matches
Nul à domicile contre la Suisse et défaite à Tel Aviv.
Contre les Helvètes confédérés, la défense centrale de la paire Givet-Gallas multiplie les approximations, pour le plus grand plaisir de Yakin et de Frei, qui trouvent deux fois l’ouverture en première mi-temps, plein axe. Sur le deuxième but, Barthez se plaint de l’arrière de la cuisse gauche et sort au profit de Coupet.

Au milieu, Rio Mavuba qui remplace Pedretti forfait (il est tombé de son booster dans la forêt de Clairefontaine) est débordé au milieu et se fait même tacler accidentellement par Vieira qui venait de percuter Cabanas. Giuly se blesse au bout de cinq minutes. À la mi-temps, Sydney Govou est remplacé par Trezeguet, qui réduit le score et provoque un penalty transformé par Henry. Score final : 2 à 2.

À Tel-Aviv, Vieira est expulsé au bout d’un quart d’heure pour un coup de coude ravageur sur Badeer, qui promet de revenir avec sa bande. Trezeguet, qui a retrouvé ses automatismes de l’Euro (bouger le moins possible) est remplacé par Wiltord qui ne se procure aucune occasion. Les Israéliens marquent deux fois par Golan (servi sur un plateau), juste avant et juste après la mi-temps.

Les réactions
Domenech constate que « mathématiquement, il reste encore une chance d’accrocher la deuxième place, ce qui n’est pas mal pour une équipe en reconstruction qui doit encore progresser. On a marqué deux buts au stade de France, le double de la dernière fois, ce qui montre qu’il y a du mieux. La défaite en Israël, après une invincibilité de huit matches, montre qu’il nous reste du travail à accomplir ».

Quant à Claude Simonet, il remarque que quand il était président, jamais la France n’avait perdu contre Israël, ce que son prédécesseur et son successeur ne peuvent pas prétendre.

Les conséquences
La qualification s’éloigne, comme lors des éliminatoires 90 et 94. Raymond Domenech est très contesté, Vieira et Barthez aussi. On parle de Deschamps ou de Le Guen pour prendre la tête d’une opération commando à l’automne. Mais c’est finalement Luis Fernandez qui hérite du poste. TF1 annonce que les matches de l’équipe de France seront désormais diffusés sur Eurosport.



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