France-Pérou (1-0) : la qualification était à ce prix

Publié le 21 juin 2018

Un quart d’heure de jeu : c’est ce qu’il a fallu aux Bleus pour décrocher la qualification contre des Péruviens volontaires mais trop peu efficaces. Le reste sera vite oublié.

Le résultat était-il prévisible ?

Compte tenu des signaux inquiétants envoyés contre les Etats-Unis puis l’Australie face à des adversaires de seconde zone, et avec un adversaire remonté comme une pendule qui jouait sa place dans la compétition, l’optimisme n’était pas vraiment de rigueur. Le Pérou avait plus besoin de la victoire que les Bleus, et leur cohésion était bien meilleure.

Sur l’ensemble du match, c’est à peu près ce qui s’est passé. Sauf que, comme face au Danemark, les Péruviens ont péché par inefficacité devant, et un quart d’heure de bonne qualité, le troisième, aura suffi aux Bleus pour faire le service minimum. Avec plus de maîtrise et de rigueur que face à l’Australie, mais guère plus d’inspiration et très peu d’occasions, l’équipe de France a obtenu froidement sa qualification. Ce n’est pas exactement ce qu’on attend d’une équipe sensée faire la révolution en attaque, mais il faudra s’en contenter.

L’équipe est-elle en progrès ?

Il y a du mieux que lors des deux derniers matchs, c’est indéniable. En tout cas dans la solidarité, l’implication défensive, la vigilance et l’engagement. C’est déjà ça. En revanche, si on parle fluidité du jeu collectif, construction, maîtrise technique, on est encore très loin du haut niveau, en tout cas de ce qui semble nécessaire pour aller plus loin qu’un huitième de finale.

A moins de suivre l’exemple du Portugal 2016, ou de la Grèce 2004, mais c’était à l’Euro, et le souvenir que ces équipes ont laissé n’a rien d’impérissable. Le plus préoccupant est cette impression de stagnation depuis l’Euro, qui contraste avec l’impressionnant potentiel de joueurs à disposition de Didier Deschamps.

On pouvait penser à la mi-temps que le retour de Blaise Matuidi et d’Olivier Giroud étaient la solution pour redonner une assise collective et du liant à une équipe qui en manquait à ce point. La bouillie de jeu de la deuxième période, alors que les espaces étaient ouverts dans la défense andine, incitent à moins d’optimisme. Au moins, cette qualification acquise au terme du deuxième match (pour la troisième fois consécutive, ce qui n’était jamais arrivé) enlèvera de la pression jusqu’au 30 juin, date du huitième de finale si les Bleus terminent à la première place.

Quels sont les joueurs en vue ?

Olivier Giroud a un peu disparu de la circulation après la pause, mais comme face à l’Australie, il est encore impliqué sur le but de Mbappé, et il s’est battu inlassablement, que ce soit dans les duels aériens ou au pressing. Il a montré à quel point il peut être utile devant.

N’Golo Kanté a été à nouveau impressionnant dans l’abattage et à la récupération, même s’il est dommage de le cantonner sur un côté, ce qui limite (un peu) son rayon d’action). Il a été bien secondé par Paul Pogba qui a beaucoup défendu et ressorti les ballons proprement.

Blaise Matuidi a aussi eu une grosse activité, mais son utilité à un poste aussi haut n’est pas évidente, compte tenu de son déchet dans le jeu offensif.

Raphaël Varane a joué plus vers l’avant que d’habitude, ce qui correspond mieux à ses qualités de relanceur et à son sens du placement.

Lucas Hernandez n’a jamais refusé le combat, et a déjà l’expérience d’un vieux briscard. Dommage qu’en deuxième mi-temps, au plus fort de la domination péruvienne, il ait laissé beaucoup d’espaces dans son dos.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Kylian Mbappé a marqué un but que n’importe quel joueur aurait inscrit tant il était facile. Il a fait aussi de grosses différences balle au pied, mais sans qu’elles ne débouchent sur des vraies occasions. Il y a du mieux par rapport à l’Australie, mais on est encore loin de ses prestations du printemps 2017 en Ligue des Champions.

Antoine Griezmann a fait un début de rencontre intéressant, mais il semble encore très juste physiquement. Il peine à faire des différences dans les duels et pèse assez peu dans le jeu.

Samuel Umtiti a encore semblé fébrile sur plusieurs occasions, et pas toujours rassurant sur son placement. Lui aussi va devoir montrer autre chose dans les prochains matchs. Le pourra-t-il ?

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Contre le Danemark mardi à Moscou, un nul suffira aux Bleus pour assurer la première place, puisqu’ils comptent deux points d’avance sur le Danemark. Logiquement, Didier Deschamps devrait donner du temps de jeu à ceux qu’on a peu ou pas vus jusqu’à présent, comme Steven Nzonzi, Thomas Lemar, Florian Thauvin ou Nabil Fekir. Et éventuellement tester Mendy et Sidibé dans les couloirs, mais c’est moins probable.

On attendra surtout de voir un peu plus de jeu que les tristes 0-0 de 2014 contre l’Equateur et de 2016 face à la Suisse. Même si, compte tenu du contexte et du niveau actuel des deux équipes, c’est un résultat relativement probable.

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