Quinze questions pour 2015

Publié le 1er janvier 2015, mis à jour le 11 décembre 2016

Un article à lire avec attention, à mettre de côté et à relire en décembre prochain, histoire de voir s’il ne raconte pas trop de bêtises. Voici comme chaque 1er janvier les questions pour l’année nouvelle, que nous vous souhaitons toute bleue, évidemment.

2015, une année vraiment amicale ?

La dernière année sans aucun match de compétition remonte à 1997, puisqu’en 2001, les Bleus qualifiés d’office pour la coupe du monde en Asie avaient disputé la coupe des Confédérations. En 1997 donc, l’équipe de France d’Aimé Jacquet avait compté cinq victoires (Portugal, Pays-Bas, Suède, Afrique du Sud et Ecosse) pour deux nuls (Brésil et Italie) et une défaite (Angleterre). La fois précédente, en 1983, la bande à Hidalgo n’avait gagné que deux fois (Portugal et Yougoslavie) et perdu face au Danemark, pour quatre nuls (URSS, Belgique, Espagne et Yougoslavie).

Et il faut remonter à 1955, soit avant la mise en place d’un championnat d’Europe intercalé avec la coupe du monde (1960) pour trouver trace d’une autre année 100% amicale. Une année qui avait très bien commencé avec une victoire de prestige en Espagne grâce à un Kopa phénoménal, suivie par trois succès contre la Suède, l’Angleterre et la Suisse. La fin serait un peu moins bonne, avec un nul en URSS, un autre face à la Yougoslavie puis une défaite en Belgique.

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Brésil, Italie, Angleterre : la tournée des champions ?

Comme en 1997, les Bleus vont affronter cette année trois anciens champions du monde, le Brésil (en mars), l’Italie (en juin, à confirmer) et l’Angleterre (en novembre). Trois sélections qui ont traversé la coupe du monde 2014 avec plus de plaies et de bosses que de gloire, même si les Brésiliens ont atteint le dernier carré (mais dans quel état !). Aujourd’hui, il apparaît évident que les Bleus sont supérieurs à ces trois-là, qu’ils ont d’ailleurs battu récemment en amical en 2010 (Angleterre), 2011 (Brésil) et 2012 (Italie). Ils auront sûrement à cœur de prendre leur revanche sur la défaite très sèche de Porto Alegre contre les Auriverde (0-3 en juin 2013).

La France peut-elle terminer en tête de son groupe qualificatif ?

Après deux victoires (Portugal et Arménie) et deux nuls (Serbie et Albanie) en 2014, les Bleus sont virtuellement en tête du groupe I avec 8 points. Virtuellement, car leurs matches étant comptés comme des amicaux, ils n’apparaissent pas dans le classement. Le Danemark, que l’équipe de France rencontrera le 29 mars, est actuellement premier (avec 7 points) devant le Portugal (6) et l’Albanie (4), ces deux deniers n’ayant joué que trois matches. Rappelons que les deux premiers seront qualifiés pour l’Euro, le troisième disputant les barrages.

Une année parfaite (que des victoires) est-elle possible ?

Ce n’est plus arrivé depuis 1991 (six victoires sur six), le record ayant été établi en 1984 (douze sur douze). Il sera difficile de faire aussi bien : les Bleus vont jouer le Brésil, le Danemark et l’Italie à domicile, le Portugal et l’Angleterre à l’extérieur, le tout avec une pression minimale peu propice à des renversements de situation. On l’a vu cette année avec les matches en Serbie et contre l’Albanie.

Les Bleus termineront-ils l’année invaincus ?

Le vrai challenge de 2015 est sans doute celui-là. Didier Deschamps va probablement motiver ses troupes pour établir une série d’invincibilité jusqu’en juin 2016 et s’approcher du score de Laurent Blanc (23 matches entre septembre 2010 et juin 2012). La série en cours compte six rencontres. Il devrait y en avoir dix cette année, et probablement quatre matches de préparation avant l’Euro. Soit une vingtaine de parties entre la coupe du monde et le championnat d’Europe. Un sans faute sur cette période serait déjà une belle performance, même avec quelques matches nuls au milieu.

Reste-t-il des places à gagner pour l’Euro ?

C’est une évidence. Jamais un groupe convoqué à une phase finale n’a été figé dix-huit mois avant. Mais ces places seront chères. D’une part en raison de la jeunesse de cette équipe et donc du très petit nombre de joueurs en fin de carrière : dans le groupe actuel, seul Patrick Evra (et dans une moindre mesure, Rio Mavuba), qui aura 34 ans en mai, risque d’être un peu court pour 2016.

D’autre part tout simplement parce que le niveau actuel de l’équipe est satisfaisant, avec une marge de progression certaine. Ce qui ne veut pas dire que tout est parfait, loin de là : près de la moitié des postes ne disposent pas encore de titulaire indiscutable, notamment les latéraux, le deuxième défenseur central et le récupérateur. Mais la solution ne viendra pas forcément de nouveaux joueurs.

La passe de trois à Wembley ?

On se souvient que l’équipe de Laurent Blanc avait remporté une victoire de prestige contre l’Angleterre à Wembley en novembre 2010 (2-1), face il est vrai à une sélection de seconds couteaux. C’était la deuxième fois que les Bleus s’imposaient là-bas, après le succès encore plus net acquis par les hommes de Roger Lemerre en mars 1999 (2-0).

 


 

Le prochain match, en novembre, verra-t-il les Bleus l’emporter pour la troisième fois consécutive ? C’est tout à fait possible, compte tenu de l’écart important entre les deux sélections. L’Angleterre ne fait plus peur à personne, même dans son stade fétiche. Les temps changent.

Et de dix contre le Portugal ?

On se souvient qu’à l’automne 2013, Cristiano Ronaldo avait formulé le vœu d’éviter à tout prix l’équipe de France lors des barrages de la zone Europe. On comprend pourquoi : le Portugal restait alors sur huit défaites consécutives contre les Bleus, et depuis une neuvième est venue compléter la collection.

 


 

Autant dire que les Portugais seront remontés comme des pendules le 4 septembre quand ils accueilleront Pogba et compagnie à Lisbonne. Et ils auront un sérieux argument pour ça : sur les neuf défaites de rang depuis 1978, deux seulement ont été concédées à domicile (Guimaraes en 1983 et Braga en 1997). Deux l’ont été à Saint Denis (2001 et 2014), deux au Parc (1978 et 1996), une à Marseille (1984) et deux sur terrain neutre, à Bruxelles (2000) et à Munich (2006).

Qui sera la révélation 2015 ?

Si on part du principe qu’il s’agit d’un nouveau joueur — ce qui élimine Layvin Kurzawa — les prévisions pour 2015 sont plus difficiles que celles des deux années précédentes, où l’émergence de Pogba et Varane (en 2013) et de Digne et Griezmann (l’an dernier) relevaient presque de l’évidence. On citera quand même Benjamin Stambouli, Sébastien Corchia et Florian Thauvin (déjà envisagé l’an dernier), mais sans aucune certitude.

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Qui marquera un coup franc en 2015 ?

Oui, bon, celle-là, je vous l’ai déjà faite l’an dernier. Mais est-ce ma faute, si en 2014 personne n’a été capable de mettre au fond un coup-franc direct ? Les tireurs ne sont pas si nombreux : Benzema, Valbuena, Cabaye, le tour est vite fait. On se répète, mais le dernier date d’octobre 2007 et il était l’œuvre de Jérôme Rothen, qui a trouvé le moyen de marquer l’histoire des Bleus à sa façon.

Qui marquera un triplé en 2015 ?

Celle-là aussi, elle commence à se répéter. Et pour cause : le dernier triplé en équipe de France date du XXe siècle, et c’est David Trezeguet qui en est l’auteur. Mais c’était contre une sélection Fifa composée de touristes (pour mémoire, Köpke dans les buts, une défense Aldaïr-Kuffour-Song-West, un milieu Njanka-Dunga-Winter et une attaque Nakata-Baggio-Su. Impressionnant, non ?

En 2014, il n’a pas manqué grand chose pour voir enfin un triplé : Giroud a marqué deux fois contre la Norvège, Matuidi et Griezmann en ont fait autant face à la Jamaïque et Benzema de même contre le Honduras. C’est ce dernier qui est d’ailleurs passé le plus près du bat-trick deux fois d’affilée, mais contre le Honduras un de ses tirs a été dévié dans le but par le gardien, et face à la Suisse il a manqué un pénalty avant de voir son second but invalidé car marqué deux secondes après le coup de sifflet final.

 


 

Qui tirera les pénalties en 2015 ?

Jusqu’à la fin 2013, Franck Ribéry était le tireur préférentiel chez les Bleus. Son absence sur blessure l’an dernier a donné sa chance à Karim Benzema, qui en a tiré trois (Honduras, Suisse et Suède) mais qui en a manqué deux. Benzema en avait déjà tiré un (réussi) contre la Turquie en amical en juin 2009. André-Pierre Gignac a pour sa part transformé le sien face à l’Arménie. Sachant qu’un tireur de pénalty est forcément un titulaire, il est quasi-certain que le Madrilène conservera ce statut cette année. En espérant qu’il soit moins maladroit qu’en 2014.
 


 

C’est pas bientôt fini, ces coupes ridicules ?

Si la France n’a pas gagné la coupe du monde, elle a également échoué dans son projet de conquérir le monde avec sa coupe (de cheveux). Après Pogba, Debuchy, Giroud et Griezmann sont allés très loin dans le n’importe quoi. Espérons qu’en 2015 ces fantaisies capillaires d’un goût fort douteux (les tempes rasées et la mèche rabattue sur le crâne évoquant à beaucoup le Troisième Reich) retombent dans les oubliettes d’où elles n’auraient jamais dû sortir.

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Et pour mémoire, voici à quoi ressemblaient les Bleus il y a dix, vingt, trente et quarante ans. C’est déjà beaucoup plus sobre, non ?

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La France peut-elle gagner des places au classement Fifa ?

Il y a un an, les Bleus étaient vingtièmes. Ils débutent l’année 2015 à la septième place (classement de décembre 2014). Leur bon Mondial brésilien les a fait entrer dans le top 10, où ils ont croisé l’Espagne en plein décrochage. Désormais à la hauteur du Portugal (à égalité de points), ils peuvent viser le top 5 cette année. Mais ce sera difficile : le statut amical de tous leurs matches les pénalisent par rapport aux autres nations européennes qui jouent les qualifications pour l’Euro.

Michel Platini : un Bleu à la tête de la Fifa ?

Les prochaines élections à la tête de l’instance mondiale auront lieu à Zurich le 29 mai. Pour l’instant, deux candidats sont déclarés, le président actuel Sepp Blatter et le Français Jérôme Champagne. Mais les remous nauséabonds qui secouent la Fédération internationale — le dernier en date étant la démission de Michael Garcia, directeur de la chambre d’instruction du comité d’éthique de la Fifa — pourraient pousser Michel Platini à se présenter dès cette année plutôt qu’en 2019. S’il était élu, il deviendrait le troisième français à ce poste après Robert Guérin (1904-1906) et Jules Rimet (1921-1954). Si Platini choisit plus vraisemblablement de rester président de l’UEFA (il est actuellement le seul candidat déclaré pour l’élection du 24 mars prochain à Vienne), ce sera lui qui remettra la coupe Henri-Delaunay au vainqueur de l’Euro le 10 juillet 2016. On peut imaginer qu’il aimerait bien la donner à Hugo Lloris ou Raphaël Varane...

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A paraître le 2 novembre

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