Tirage de l’Euro 2020 : un premier tour sur un air de revanche(s)

Publié le 30 novembre 2019

Allemagne, Portugal, et probablement Hongrie ou Islande : le premier tour de l’Euro 2020 offre un groupe F trois étoiles avec les deux derniers champions du monde et le dernier champion d’Europe. Et deux affiches inédites à ce niveau de la compétition.

A tous ceux qui ne gardent pas un souvenir ému des premiers tours 2016 et 2018, le tirage particulièrement gratiné de Bucarest devrait faire plaisir : le champion du monde 2014 en ouverture, peut-être la Hongrie à Budapest ensuite et le tenant du titre en clôture : une chose est sûre, les Bleus seront chaud bouillant en huitièmes s’ils y arrivent. Et, ce qui ne gâche rien, on aura droit à deux revanches : celle de la demi-finale de l’Euro 2016 (même si Français et Allemands se sont croisés deux fois trois fois depuis) et celle de la finale 2016 qui est restée particulièrement en travers de la gorge de Deschamps et de ses cadres.

Surtout, gagner le deuxième match le 20 juin

On peut déjà anticiper le fait que le sélectionneur français dira qu’il n’y a pas de revanche qui tienne, et il aura raison : entre 2016 et 2020, les équipes ne seront pas les mêmes, et un premier tour n’est pas une demi-finale ou une finale. De plus, la configuration particulière d’un tournoi à 24 qui débouche sur des huitièmes de finale laisse une marge d’erreur conséquente, puisque quatre des six troisièmes pourront se qualifier. C’est d’ailleurs ce qui avait permis aux Portugais de prolonger leur séjour en France, en 2016, malgré un premier tour médiocre sans victoire (Islande 1-1, Autriche 0-0, Hongrie 3-3).

L’ordre des matchs a son importance : les Bleus débuteront le 16 juin à Munich contre l’Allemagne, puis joueront deux fois à Budapest, le 20 contre la Hongrie ou l’Islande (ou la Bulgarie, mais c’est très improbable) et le 24 face au Portugal. Autrement dit, il faudra remporter le deuxième match et si possible ne pas perdre le premier. La probabilité d’un bon vieux 0-0 au troisième, comme en 2014 (Equateur), 2016 (Suisse) et 2018 (Danemark) n’est pas négligeable, surtout si le Portugal a lui aussi battu l’équipe la plus faible du groupe.

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Le groupe de la mort n’est pas toujours mortel

Dans l’histoire récente des Bleus, depuis 1978, trois fois l’équipe de France avait tiré un groupe très relevé, et deux fois elle ne s’en était pas remise : en 1978, elle s’est retrouvée avec l’Argentine, l’Italie et la Hongrie (deux défaites et une victoire), et en 2008 le sort l’avait placée dans le groupe des Pays-Bas, de l’Italie et de la Roumanie (un nul et deux défaites).

Mais en 2000, juste après son titre mondial donc, elle s’était retrouvée avec les Pays-Bas, la République tchèque et le Danemark, soit le demi-finaliste et le quart finaliste de la dernière Coupe du monde et le vice-champion d’Europe sortant. On le rappelle, il n’y avait que deux qualifiés par groupe. En battant les Danois et les Tchèques, les Bleus avaient assuré leur place en quart avant même une rencontre sans enjeu contre les Néerlandais (défaite).

A l’inverse, nul besoin de remonter loin en arrière pour trouver trace de groupes très abordables au moment du tirage (Uruguay, Mexique, Afrique du Sud en 2010, Sénégal, Uruguay et Danemark en 2002, ou Suède, Angleterre et Danemark en 1992) et très urticants au moment du grattage, sept mois plus tard.

Les précédents : plutôt des affiches de demi-finales

L’Allemagne et le Portugal sont des adversaires fréquents de l’équipe de France, mais pas au premier tour : les Bleus ont croisé la route de la Mannschaft quatre fois en Coupe du monde et une fois à l’Euro. Et celle de la Seleçao une fois en Coupe du monde et trois fois à l’Euro. Sur ces neuf confrontations, on compte un quart de finale (Allemagne 2014, 0-1), un match pour la troisième place (Allemagne 1958, 6-3), une finale (Portugal 2016, 0-1) et pas moins de six demi-finales : trois contre les Portugais, toutes gagnées (3-2 en 1984, 2-1 en 2000 et 1-0 en 2006) et trois face aux Allemands (3-3 en 1982, 0-2 en 1986 et 2-0 en 2016).

Si c’est la Hongrie qui sort vainqueur des barrages de mars, c’est un adversaire plus classique en premier tour, mais plutôt en Coupe du monde, comme en 1978 (3-1 à Mar del Plata) et en 1986 (3-0 à Leon). A chaque fois, les Bleus l’avait rencontrée en troisième position. Le dernier amical France-Hongrie date de mai 2005 (2-1), juste avant le retour du trio Zidane-Thuram-Makelele.

On peut déjà extrapoler le parcours des Bleus en imaginant leurs adversaires potentiels s’ils terminent premiers ou deuxièmes du groupe F. On l’a dit, une troisième place pourrait aussi être qualificative, mais ce n’est pas certain, compte tenu du niveau général.

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En terminant premier : la Suisse en huitième, la Croatie en quart, la Belgique en demi, l’Angleterre en finale ?

Faire des pronostics à sept mois de la compétition et alors qu’il manque encore quatre équipes dans le tableau (mais qui ne joueront très probablement pas le titre), c’est un peu l’équivalent du billard à trois bandes, tant les paramètres et les variables sont légion. Imaginons tout de même que l’équipe de France termine en tête de son groupe, ce qui serait un signal fort envoyé à la concurrence. Elle affronterait un troisième de groupe en huitième à Bucarest le 29 juin, et ça pourrait être la Suisse (la Turquie pouvant finir devant en jouant à Bakou avec le soutien de nombreux supporters). En quarts, ce pourrait être le vainqueur de Suède-Croatie en quarts à Saint-Petersbourg le 3 juillet, avec l’avantage aux Croates. En demi à Wembley le 7, la Belgique plutôt que l’Italie, ce qui ferait un parcours parallèle avec celui de 2018 (mais pas dans le même ordre). Et en finale, entre l’Espagne, les Pays-Bas et l’Angleterre, on mettra une pièce sur ces derniers qui auront joué déjà quatre fois sur six à domicile.

En terminant deuxième : l’Angleterre en huitièmes, l’Espagne en quart, les Pays-Bas en demi et l’Allemagne en finale ?

Vous avez aimé le premier tour ? Vous allez adorer ce qui attend les Bleus s’ils finissent deuxièmes. En supposant que les favoris l’emportent sur les outsiders, ils retrouveraient l’Angleterre à Dublin le 30 juin, puis l’Espagne en quart à Rome le 4 juillet, les Pays-Bas à Wembley le 8, et l’Allemagne (ou la Belgique) en finale le 12. Un parcours hors catégorie qui ressemblerait beaucoup à celui de l’Euro 2000, qui comptait quand même une marche en moins.

Autant dire que pour réussir le double double qui fait de l’oeil à Didier Deschamps (enchaîner Coupe du monde et Euro comme sélectionneur vingt ans après l’avoir fait en tant que capitaine), il va falloir que les Bleus soient au sommet de leur forme et bénéficient d’un petit coup de pouce du destin. On leur fait confiance.

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