Histoire du Parc des Princes

Publié le 29 septembre 2019, mis à jour le 5 février 2020

Suite de la série sur les principaux stades des Bleus avec le Parc des Princes qui a connu trois vies et accueilli l’équipe de France 129 fois, record à battre.

Pour tous ceux qui ont plus d’une quarantaine d’années, le Parc c’est avant tout le jardin de Platini qui avait déclaré un jour qu’il planterait une rose à l’endroit où il a si souvent marqué sur coup franc, un peu à gauche de l’arc de cercle de la surface de réparation, côté Auteuil. Il en a transformé six (sur onze réussis en sélection) au Parc des Princes, contre la Tchécoslovaquie en mars 1976, les Etats-Unis en octobre 1979, les Pays-Bas en novembre 1981, l’Angleterre en février 1984, l’Espagne en juin 1984 et la Yougoslavie en novembre 1985.

Le dernier des six coups francs victorieux de Platini au Parc, contre la Yougoslavie en novembre 1985.
Le dernier des six coups francs victorieux de Platini au Parc, contre la Yougoslavie en novembre 1985.

Mais cette époque dorée, la plus riche de l’enceinte de la porte d’Auteuil, ne représente qu’une petite fraction de l’histoire d’un stade qui s’est métamorphosé tout au long du 20ème siècle pour devenir celui qui a le plus souvent accueilli l’équipe de France, soit 129 fois sur 441.

Capacité et record d’affluence

Le Parc des Princes, édifié en bordure du bois de Boulogne au niveau de la Porte d’Auteuil, a été construit en juillet 1897. Il s’agit d’un terrain en herbe entouré d’une piste cycliste de 666 mètres, c’est donc un stade… vélodrome. Il compte environ 15 000 places dont seulement 3200 assises. Sa capacité est portée à 20 000 places en 1924, à l’occasion des JO de Paris, même si le stade principal est Colombes. Le club résident est le Racing Club de France.

En avril 1932, après neuf mois de travaux, est inauguré le deuxième Parc des Princes. Celui-ci compte désormais 40 000 places dont 26 000 assises, et la piste cycliste est réduite à 454 mètres. Le club résident est le RC Paris. Celui-là ne verra pas beaucoup les Bleus, qui élisent domicile essentiellement à Colombes.

Le Parc des Princes deuxième version, en 1932.

Enfin, le troisième Parc, celui que l’on connaît aujourd’hui, ouvre ses portes en mai 1972. Sa réalisation est confiée à l’architecte Roger Taillibert et nécessite près de cinq ans de travaux en raison du chantier du périphérique parisien qui passe en dessous. C’est le Paris Saint-Germain qui s’y installe. La capacité est modeste (50 000 places), mais c’est le premier stade en Europe dont l’éclairage est intégré à la toiture, celle-ci ne comportant pas de pilier pour améliorer la visibilité. Toutes les places sont assises.


 

Son affluence record, toutes époques confondues, est liée à ce qui reste sans doute comme le pire souvenir de l’histoire des Bleus : le France-Bulgarie du 17 novembre 1993, avec 48 402 spectateurs.

La Suisse et une première victoire pour commencer

Le tout premier match de l’équipe de France au Parc des Princes, le 12 février 1905, cumule trois caractéristiques : c’est le premier joué par les Bleus (qui évoluaient alors en blanc) à domicile, c’est la première victoire de l’histoire (1-0) et le premier clean-sheet à une époque où ceux-ci n’étaient pas courants : il faudra attendre près de 8 ans et 25 matchs pour voir le suivant (Italie, janvier 1913). C’est Gaston Cyprès qui est le premier buteur français au Parc.

Sa période hégémonique : entre 1972 et 1997

Si le tout premier Parc a été peu utilisé jusqu’en 1931 (6 fois sur 59 à domicile), le deuxième a concurrencé Colombes entre 1932 et 1970, avec 47 rencontres accueillies sur 116 jouées à domicile (40% du total). Mais c’est entre 1972 et 1997 que le troisième Parc a vraiment été la maison des Bleus, avec 74 matchs sur 107, soit 69% du total. Depuis 1998, il n’a servi que deux fois, en 2007 et 2013.

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Bilan : 58% de victoires, deux défaites cuisantes

Avec 74 matchs gagnés sur 129 (dont 28 défaites), on peut considérer que le Parc des Princes a bien servi les Bleus. Surtout dans la période récente : depuis 1972, l’équipe de France y a gagné 48 des 76 matchs qu’elle y a joué (11 défaites). Mais c’est là aussi qu’elle y a subi coup sur coup les deux pires revers de son histoire récente, ceux contre Israël (2-3) et la Bulgarie (1-2) en octobre et novembre 1993. Sur cette période, elle n’a perdu que trois autres fois en compétition : en octobre 1986 (URSS, 0-2), en novembre 1987 (RDA, 0-1) et en septembre 2007 (Ecosse, 0-1).

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Platini loin devant la concurrence

Je l’ai dit ci-dessous, le Parc était le jardin de Platini. Il y a marqué 17 buts en 27 matchs joués (dont seulement deux défaites, contre le Pérou en 1982 et l’URSS en 1986), loin devant Jean-Pierre Papin (10 buts), Dominique Rocheteau et Just Fontaine (9) ou Eric Cantona (8).

Bossis y a joué le plus souvent

Le grand Max est l’international français qui compte le plus de matchs au Parc : 30, devant Manuel Amoros et Michel Platini (27), Marius Trésor (24) et Luis Fernandez (22), qui y jouait également en club avec le PSG. Les grands noms de 1958 y ont été beaucoup moins souvent : 8 fois pour Jean Vincent, 6 pour Just Fontaine, 5 pour Roger Piantoni et seulement 4 pour Raymond Kopa. Au total, 441 joueurs ont évolué au Parc des Princes, soit près de la moitié des internationaux français depuis 1904.

Battiston n’y a jamais perdu

Les Bleus ayant très rarement été battus au Parc entre 1972 et la fin de la génération Platini (en avril 1987), le nombre de joueurs invaincus est conséquent. En tête de ce classement arrive Patrick Battiston, avec 20 matchs joués pour 16 victoires et 4 nuls. Alain Giresse vient ensuite avec 17 matchs sans défaite (dont 3 nuls), suivi du duo Bernard Casoni-Thierry Tusseau (10) et de José Touré (8).

A l’inverse, Raymond Domenech (3 nuls), Jean-Claude Piumi et Dominique Bijotat (2 défaites et un nul) et Bernard Blanchet (3 défaites) n’y ont jamais gagné en jouant au moins trois fois.

Diego Maradona avec l'Argentine en mars 1986, trois mois avant de devenir champion du monde à Mexico.
Diego Maradona avec l’Argentine en mars 1986, trois mois avant de devenir champion du monde à Mexico.

Une pléiade de stars étrangères

Si lors de sa première époque, jusqu’en 1932, le Parc n’a pas vu de grands noms venus de l’étranger, la deuxième version du stade a accueilli porte d’Auteuil l’Espagnol Zamora (1933), l’Autrichien Sindelar (1933) et les champions du monde italiens Piola et Meazza (1937). Après-guerre, le public a pu admirer les internationaux espagnol Kubala, Di Stéfano et Suarez (en 1958 et 1959), les Anglais Moore, Greaves et Bobby Charlton (en 1963), les Italiens Riva, Rivera et Mazzola en 1966 ou le Soviétique Yachine en 1967.

La troisième version du Parc est celle qui a vu passer le plus de stars étrangères : le Portugais Eusebio (1973), les Allemands Maier et Beckenbauer (1977), les Brésiliens Junior, Socrates, Zico (1981), Careca et Romario (1992), les Néerlandais Krol, Neeskens (1981) Van der Sar et Bergkamp (1997), les Italiens Zoff, Scirea, Cabrini (1982), Maldini, Cannavaro et Del Piero (1997), les Soviétiques Blokhine (1983), Dassaev, Belanov et Zavarov (1986), l’Anglais Shilton (1984), le Danois Simonsen (1984), l’Uruguayen Francescoli (1985), les Argentins Passarella et Maradona (1986), l’Espagnol Butragueno (1991) ou le Bulgare Stoïchkov (1993).

L'équipe de France victorieuse de l'Allemagne en février 1977 : debouts Rey, Rio, Janvion, Battiston, Lopez, Bathenay. Accroupis Rouyer, Lacombe, Platini, Amisse, Synaeghel.
L’équipe de France victorieuse de l’Allemagne en février 1977 : debouts Rey, Rio, Janvion, Battiston, Lopez, Bathenay. Accroupis Rouyer, Lacombe, Platini, Amisse, Synaeghel.

Seulement deux champions du monde en titre accueillis, pour deux clean-sheets

Le Parc n’a pas vu passer beaucoup d’équipes ayant gagné la précédente Coupe du monde. Ce n’est arrivé que deux fois : la première en décembre 1937 contre l’Italie (0-0) et la deuxième, quarante ans plus tard, contre la RFA en février 1977 (1-0). A noter que les deux fois, les gardiens français Laurent Di Lorto et André Rey (qui fêtait sa première sélection) n’ont encaissé aucun but.

Italie, 5 décembre 1937 : 0-0 (amical)
RFA, 23 février 1977 : 1-0 (amical)

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