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C’est déjà le printemps

Publié le 6 mars 2014, mis à jour le 11 octobre 2016

Face à des Pays-Bas en mode Harlem Globe Trotters, les Bleus ont continué sur leur lancée d’automne avec une première mi-temps brillante (2-0) qui a suffi pour plier le match.

Le résultat était-il prévisible ?

Si une victoire française — plutôt rare en cette période de l’année — était envisageable, on s’attendait tout de même à une opposition plus conséquente de la part des vice-champions du monde. Ce qui était attendu, c’est que la deuxième mi-temps ne ressemblerait pas à grand chose. Mais elle aura été largement compensée par une première période très vivante, où chaque équipe a pris successivement le jeu à son compte avec une belle opposition entre jeu collectif et vitesse. C’est aussi la confirmation que les Bleus sont solides derrière et vifs devant. Et qu’ils peuvent intégrer sans souci de nouveaux arrivants.

L’équipe est-elle en progrès ?

Il y a tout d’abord ce que disent les chiffres : quatre buts encaissés sur les six derniers matches, mais surtout quatre matches (tous à domicile) sans but concédé. Dix-huit buts marqués sur la même période, soit deux par heure en moyenne, et cinq victoires pour une seule défaite. Si l’on compare avec la période précédente (mars-septembre 2013), le contraste est flagrant : une victoire, deux nuls et trois défaites, trois buts marqués pour six encaissés.

Côté jeu, l’équipe a montré qu’elle pouvait tenir le choc derrière même en étant privée de ballon, comme dans le premier quart d’heure, et qu’elle ne se laissait pas intimider par une épreuve de force. La leçon de Kiev semble avoir été retenue. Devant, la vitesse et les enchaînements, ainsi que les prises de risque devant le but, ont payé pendant le temps fort des deuxième et troisième quarts d’heure du match. Quand elle joue comme ça, l’équipe de France peut faire mal. Il faudra s’en souvenir en juin.

Quels joueurs sortent renforcés ?

Hugo Lloris n’a finalement pas grand chose à faire, mais il l’a bien fait, comme sur le tir puissant de Van Persie juste avant l’ouverture du score.
En défense centrale, le duo inédit Mangala-Varane (cinq sélections cumulées avant le coup d’envoi, et 22 ans de moyenne d’âge) semblait être là depuis cinq ans. Justesse technique, sang-froid (face à Robin Van Persie, ce n’est pas rien) et propreté des relances : avec Sakho et Koscielny, Deschamps tient sans doute ses deux charnières pour le Mondial. Lucas Digne aura eu une mi-temps pour se montrer, et il en a profité : il se pose comme prétendant légitime en doublure d’Evra, en attendant mieux.

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Au milieu, Blaise Matuidi aura été partout, ratisseur infatigable, toujours sur le pressing, et tant qu’on y est, passeur décisif sur le but de Benzema et buteur lui-même sur un geste technique improbable mais parfaitement réussi. Devant, Karim Benzema a sans nul doute regagné son statut de titulaire, confirmant qu’il est revenu tout près de son meilleur niveau. Antoine Griezmann a fait des débuts intéressants, même s’il a été plus à l’aise à gauche qu’à droite. On peut en dire autant de Mathieu Valbuena, parfait côté droit, transparent côté gauche. On se demande au passage pourquoi Deschamps les a interverti au début de chaque mi-temps.

Quels joueurs sortent affaiblis ?

Patrice Evra a connu un début de match très compliqué face au remuant Promes qui lui a mis un grand pont en pleine surface. Pas transcendant devant non plus. Mathieu Debuchy a lui aussi souffert côté droit, où il a été passé deux fois en vitesse en fin de match.
Au milieu, Yohan Cabaye a commencé timidement avant de finir plus fort. On aimerait le voir jouer plus haut, et tirer les coups francs directs. Ni Valbuena ni Benzema n’ont été convaincants à cet exercice. Enfin, Paul Pogba a joué plutôt petit bras, ayant du mal à se placer devant Matuidi et Cabaye. Le trio du milieu n’a pas eu le même rendement que face à l’Ukraine.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Les Bleus ne se retrouveront que dans douze semaines, pour commencer la (très longue) préparation à la coupe du monde. D’ici-là, Didier Deschamps devra donner à la FIFA une liste de trente noms (le 13 mai) qui devra être réduite à vingt-trois (le 2 juin). Le bon sens voudrait qu’il donne directement une liste de 23+7 afin de s’épargner un psychodrame à base d’hélicoptère et de taxis. En tout cas, après le match contre les Pays-Bas, et sauf blessures dans les trois mois à venir, la plupart des doutes ont été levés : Digne et Mangala sont des candidats très sérieux derrière, et Griezmann peut être une doublure intéressante pour Ribéry. Au milieu, Mavuba et Guilavogui sont en balance, tandis que devant Rémy semble en avance sur Thauvin, même si le joueur de Newcastle semble toujours aussi emprunté côté droit.



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