France-Australie (2-1) : avec des semelles de plomb

Publié le 16 juin 2018

En mode Roumanie 2016, les Bleus ont souffert (et nous avec) pour venir à bout d’Australiens prêts au combat. C’est le strict minimum attendu, mais pour la troisième fois d’affilée, l’équipe de France de Didier Deschamps remporte son premier match.

Le résultat était-il prévisible ?

La victoire ne faisait guère de doutes, mais on l’attendait avec un score plus confortable, sans même parler de la manière. Moyennant quoi, en guise de France-Afrique du Sud 1998 ou France-Honduras 2014, on a eu un remake crispant de France-Roumanie 2016, voire du France-Canada 1986.

On dira au final que le résultat est bien l’essentiel, et on remarquera au passage qu’avec Deschamps les Bleus ne laissent jamais de point en ouverture de phase finale (victoires en 2014 contre le Honduras et en 2016 contre la Roumanie), contrairement à Hidalgo (une victoire et des deux défaites entre 1978 et 1984) et à Domenech (trois nuls entre 2006 et 2010). Seul Aimé Jacquet avait fait aussi bien, mais en deux phases finales seulement (1996 et 1998).

L’équipe est-elle en progrès ?

C’est peu dire que non, tant le match de Kazan est en droite ligne avec celui de Lyon contre les Etats-Unis, au résultat près évidemment. Après un quart d’heure encourageant, les Bleus sont retombés dans leurs travers : jeu trop lent derrière et trop brouillon devant.

Mentalement aussi, il y a un problème : alors que le pénalty de Griezmann aurait pu libérer les esprits et permettre enfin d’avoir l’emprise sur le match, les minutes suivantes n’ont débouché que sur une occasion vendangée par Mbappé et Griezmann et la main d’Umtiti offrant l’égalisation aux Australiens.

Surtout, l’option vitesse et mobilité choisie par Deschamps, écartant Matuidi et Giroud pour Tolisso et Dembélé, n’a pas fonctionné. Le manque criant d’appels et le déchet considérable dans le jeu court ont bien facilité le travail des Australiens, qui n’en demandaient pas tant. Avec un jeu aussi pauvre, les Bleus n’ont aucune chance d’aller loin dans la compétition. Il semble bien tard pour l’améliorer, mais qui sait ?

Quels sont les joueurs en vue ?

Benjamin Pavard est de loin le meilleur bleu, avec N’Golo Kanté. Pour leurs débuts en Coupe du monde, ils ont joué tous les coups à fond, le premier omniprésent dans son couloir, le second en récupérant tout ce qui trainait dans l’entre jeu. Raphaël Varane est toujours un peu timoré dans les relances, mais il a veillé pour deux derrière. Et Lucas Hernandez s’est battu avec courage et un peu de vice, même s’il n’a pas assez apporté offensivement. Hugo Lloris est encore battu sur pénalty, mais il avait sorti un ballon dévié par Tolisso qui ne demandait qu’à rentrer en début de match.

Pour le reste, hormis le sang-froid de Griezmann sur penalty et la réussite de Pogba sur le second but, pas grand chose à retenir. L’entrée de Giroud a toutefois été importante.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Ousmane Dembélé avait une occasion unique de se rendre indispensable. Il est passé complètement à travers, invisible en première mi-temps, maladroit en seconde. Idem pour Corentin Tolisso dont on louait la créativité et la vision du jeu. Où les avait-il laissées ?

Samuel Umtiti n’a pas seulement fait une main absurde qui aurait pu coûter très cher : il n’a pas été rassurant derrière ni été audacieux dans les relances.

Enfin, Kylian Mbappé a pu mesurer la hauteur de la marche en Coupe du monde : briller avec le PSG contre le quinzième de Ligue 1 est une chose. Faire des différences en phase finale mondiale en est une autre.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Sur le papier, le France-Pérou du 21 juin est le match-clé du premier tour, encore plus après la victoire initiale contre l’Australie. La Blanquirroja impressionne depuis 18 mois (quinze matchs sans défaite et une défense de fer) : la vitesse de ses joueurs offensifs, la force du collectif et la ferveur populaire qui l’entoure en fait l’adversaire piège par excellence.

On attend des coéquipiers d’Antoine Griezmann qu’ils haussent très rapidement leur jeu pour négocier sereinement cette deuxième étape, comme ils l’avaient fait en 2014 contre la Suisse (5-2) et moins laborieusement qu’en 2016 à l’Euro (2-0 face à l’Albanie dans les trois dernières minutes). Dans ce cas, ils pourront aborder la troisième étape contre le Danemark en faisant tourner pour reprendre des forces avant les huitièmes. Sinon, ils peuvent se préparer à un match couperet le 26 juin, avec les conséquences que l’on sait pour la suite de la compétition.

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