L’aloi des séries

Publié le 12 décembre 2010, mis à jour le 9 août 2017

Article initialement publié le 24 août 2007 sur le site des Cahiers du football.

La dernière fois, à l’occasion de Slovaquie-France, il était question d’une cinquième victoire d’affilée inédite pour Domenech, des débuts de Sagna en bleu et d’un retour sur l’époque lointaine (enfin, pas tant que ça) où les Bleus mettaient la leçon aux clubs allemands pendant les grandes vacances.

Quinte flush

Cinquième victoire d’affilée pour Domenech : c’est la meilleure série depuis ses débuts en 2004. Les Bleus en avaient enchaîné quatre en 2005 contre la Hongrie, la Côte d’Ivoire, les Féroé et l’Eire, puis encore quatre l’an dernier avec le Togo, l’Espagne, le Brésil et le Portugal en 2006. La série actuelle, moins prestigieuse (Lituanie, Autriche, Ukraine, Géorgie et Slovaquie) se double d’une invincibilité en défense, loin toutefois du record établi en juin 2004 (11). À noter, enfin, que Landreau n’a toujours pas encaissé de but en six sélections.

Bacary Sagna, matricule 822

Comme il est improbable de voir des nouveaux Bleus dans les prochains matches, saluons l’arrivée de Bacary Sagna dans la longue liste des internationaux A, qui compte désormais 822 membres. Le Gunner est aussi le 22e joueur lancé par Domenech depuis août 2004. On lui souhaite plus de réussite que Faubert, Zebina, Jurietti, Chimbonda et Piquionne, qui attendent toujours une deuxième sélection pour quitter enfin le statut d’éphémère (lire le Carnet du 7 juin).

Quand les Bleus jouaient contre les clubs

Entre 1973 et 1984, la rentrée des Bleus se faisait contre une équipe de club, à domicile. Elle ne comptait pas pour une sélection et n’apparaît donc pas dans les statistiques (hormis le 0-4 contre la Pologne en 1982). C’est ainsi que la France a battu, avec la manière, des cadors de l’époque comme le Real Madrid de Netzer, Breitner, Santillana et Camacho (3-1), le Borussia Mönchengladbach de Bonhof, Simonsen et Vogts (5-0), le Hambourg de Kaltz, Keegan et Magath (4-2) ou le Bayern de Hoeness et Rummenigge (4-1). La recette du match était reversée à l’UNFP (syndicat des joueurs), sans retransmission télévisée – ce qui n’empêchait pas le spectacle.

Et le Parc siffla Platini...

Si ces rencontres ne sont pas entrées dans l’histoire, l’une d’elles mérite qu’on s’y arrête. Le 18 août 1981, les Bleus reçoivent au Parc le VfB Stuttgart que Didier Six allait bientôt rejoindre. Au bout d’une heure de jeu, Michel Platini sort sous la bronca du public parisien et cède sa place à Genghini. Après le match (perdu 1-3), Michel Hidalgo, pourtant surnommé « robinet d’eau tiède » par les médias, sort le kärcher et déclare : « Michel Platini a raté son match. Il est certain que s’il ne retrouve pas rapidement les énormes moyens qui sont les siens, l’équipe de France devra se passer de lui ». Ça ne l’empêchera pas de qualifier les Bleus pour la Coupe du monde espagnole, trois mois plus tard, sur un coup franc d’école.

À noter en passant que sur les cinq matches contre des clubs qu’il a disputés sous le maillot bleu, le futur triple Ballon d’Or a marqué cinq buts, dont un triplé tête-gauche-droit contre Hambourg en 1977 (prémonitoire de ceux réussis contre la Belgique et la Yougoslavie en 1984). Si ces matches avaient été officiels (comme le sera le bizarre France-FIFA All Stars d’août 2000), Platini compterait aujourd’hui 77 sélections et 46 buts.

A paraître le 2 novembre

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