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La malédiction continue

Publié le 9 juin 2017

Cinquième défaite (1-2) en six matches en juin d’une année impaire pour Didier Deschamps. Alors qu’ils avaient fait le plus difficile, les Bleus ont laissé filer un match imperdable contre des Suédois revanchards.

Le résultat était-il prévisible ?

Alors que le match nul auquel on pouvait s’attendre arrivait tranquillement, Hugo Lloris a décidé de sortir la plus belle boulette de sa carrière pour le plus grand plaisir de Toivonen. Impossible d’anticiper un scénario pareil tant il semblait hautement improbable, alors même que les Suédois avaient passé l’essentiel de la deuxième période à défendre d’arrache-pied. Mais le football est ainsi fait, et c’est son charme. Tout comme il était farfelu d’imaginer Eder marquer le but victorieux du Portugal en finale de l’Euro, bien malin qui aurait pensé que les deux remplaçants toulousains allaient gâcher l’été des supporters des Bleus.

L’équipe est-elle en progrès ?

Perdre une rencontre aussi importante contre un adversaire accrocheur mais finalement bien plus inoffensif qu’à l’aller, voilà qui situe les limites d’une équipe qui promet énormément mais qui peine à franchir le dernier palier. Le calendrier n’était certes pas des plus judicieux (il aurait mieux valu jouer le Luxembourg à ce moment de la saison) mais les déconvenues de juin 2013 et juin 2015 (quatre défaites en quatre matches) auraient dû alerter tout le monde.

Plus qu’un collectif très en dessous de son niveau habituel, sans même parler de ses potentialités, c’est plutôt les choix frileux du sélectionneur qui interrogent. Avoir reconduit à l’identique l’équipe finaliste de l’Euro (hormis dans sa ligne défensive), alors que sur le banc se bousculent les pépites, c’était privilégier l’expérience à la fraîcheur, la sécurité à la prise de risque. On a vu le résultat.

Quels sont les joueurs les plus en vue ?

Si Raphaël Varane a fait un match très propre, avec une qualité de relance largement au-dessus de la moyenne et quelques contrôles millimétrés, Benjamin Mendy a abattu un gros travail offensif dans le couloir gauche. Mais il n’a pas été aidé par Matuidi et Payet sur le premier but suédois. Olivier Giroud s’est procuré la première occasion française et a marqué son vingt-septième but d’une superbe volée extérieur gauche en lucarne opposée. Il s’est aussi constamment battu mais n’a pas été servi par Griezmann et Payet. Enfin, Thomas Lemar a fait une rentrée remarquée, touchant de très nombreux ballons, créant des brèches dans la défense adverse et tirant au but sans succès. Il aurait mérité de jouer beaucoup plus longtemps.

Quels sont les joueurs en retrait ?

On passera sur l’énorme bourde de Lloris, tant ce genre de chose lui est inhabituel, même si ça met en évidence l’insuffisance criante de son jeu au pied. Encore une fois, Blaise Matuidi aura déçu au milieu, tout comme Paul Pogba. Avec Kanté et Rabiot sur le banc, on se dit qu’il existe pourtant des alternatives et qu’il serait temps de s’en servir. Le choix de Moussa Sissoko à droite était plutôt curieux, et on ne peut pas dire que sa prestation moyenne l’ait validé. Enfin, Griezmann et Payet ont tout deux raté leur match dans les grandes largeurs, multipliant les mauvais choix et les erreurs techniques, alors que de nombreux ballons étaient récupérés au milieu de terrain en première mi-temps.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Absolument aucune. Ce France-Angleterre du 13 juin est l’exemple même du match qui ne sert à rien, sinon sans doute à faire une recette au Stade de France. Placé au bout du bout d’une saison déjà bien chargée alors que se profile une autre encore pire, il sera l’occasion d’une vaste rotation d’effectif qui aura peut-être le mérite de faire débuter Alphonse Aréola et Presnel Kimpenbe. Auquel cas il pourrait ressembler dès le coup d’envoi à l’habituel défilé de la dernière demi-heure d’un match amical, où l’on baille fermement en regardant défiler les minutes. Dommage, car l’affiche pourrait être belle, d’autant que c’est le deuxième France-Angleterre consécutif (après celui du 16 novembre 2015) à pâtir d’un contexte défavorable.



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