Le premier qui marquera...

Publié le 14 décembre 2010, mis à jour le 9 août 2017

Article initialement publié le 13 septembre 2008 sur le site des Cahiers du football.

Peut-on se qualifier en commençant par une défaite ? Mandanda encaisse-t-il trop de buts ? La Yougoslavie, c’était mieux avant ?

Une chance sur quatre

Avec une défaite et une victoire pour leurs deux premiers matches de poule qualificative, les Bleus ont pris un mauvais départ, du moins au regar de leur histoire. Les quatre précédents aboutissent à une conclusion qui n’est guère optimiste : trois éliminations, une qualification.

La première fois, c’est en 1966. Après la Coupe du monde anglaise, les Bleus préparent l’Euro 68 et débutent par une victoire contre la Pologne (2-1) et une défaite en Belgique (1-2). Au final, ils se qualifient pour les quarts de finale en battant deux fois le Luxembourg. Ce sera la seule fois qu’une défaite dans les deux premiers matches n’aura pas de conséquence.
Deux ans plus tard, la Norvège vient gagner à Strasbourg (1-0) le premier match qualificatif pour la coupe du monde au Mexique. La victoire des Bleus un an plus tard (!) à Oslo (3-1) ne suffira pas.

En octobre 1972, les coéquipiers de Bereta commencent bien en qualifications pour l’Allemagne, avec une victoire 1-0 contre l’URSS. Mais la défaite à Dublin contre l’Eire (1-2, but de Jean-Michel Larqué) ne sera jamais rattrapée.

En septembre 1992, avec le nouveau sélectionneur Gérard Houllier, les Bleus s’inclinent d’entrée à Sofia contre la Bulgarie (0-2). La victoire suivante contre… l’Autriche (2-0) semble redonner toutes ses chances à la France, mais elles s’évaporeront un an plus tard dans les circonstances que l’on connaît.

Gaël Clichy, 829

Si Rod Fanni, Hugo Lloris et Jimmy Briand devront patienter encore, Gaël Clichy est devenu contre la Serbie le 829ème joueur à porter le maillot de la sélection nationale, qui plus est comme titulaire. Avant lui, depuis 2004, Sébastien Frey, Samir Nasri, Lassana Diarra, Jérémy Toulalan, Julien Escudé, Jonathan Zebina, Florent Malouda, Sébastien Squillaci, Rio Mavuba, Patrice Evra et Eric Abidal avaient chanté la Marseillaise pour leurs grands débuts. Si Frey, Zebina et Mavuba n’ont fait que passer, les huit autres sont toujours dans le groupe.

Autre originalité de cette entrée de Clichy : une ligne défensive composée de trois joueurs d’Arsenal (avec Sagna et Gallas). Ce n’était plus arrivé depuis Féroé-France de septembre 2004, où trois Monégasques (Squillaci, Givet et Evra) étaient alignés au coup d’envoi avec Gallas qui jouait alors à droite. Arsenal était bien représenté contre la Serbie, puisqu’aux trois défenseurs déjà cités, on pouvait ajouter des anciens comme Lassana Diarra, Thierry Henry, Nicolas Anelka et Mathieu Flamini, voire même Samir Nasri dans les tribunes (et bien sûr Arsène Wenger aux commentaires).

Messieurs les Français, tirez les premiers !

Sur 57 matches depuis l’été 2004, les Bleus ont donc ouvert la marque 33 fois. Sur ces 33 matches, ils en ont gagné 28 et fait 5 nuls (Bosnie 2004, Israël 2005, Suisse 2005, Corée du Sud 2006 et Italie 2006). Et surtout, ils n’ont jamais perdu. Depuis la finale de la Coupe du monde à Berlin, les Bleus ont ouvert le score 15 fois et ont toujours gagné. Ils n’ont encaissé que deux buts dans ces matches-là, contre l’Italie en septembre 2006 et la Serbie ce mois-ci.

Depuis quatre ans, l’adversaire a ouvert le score à quinze reprises. Les Bleus ont perdu huit fois, fait trois matches nuls et l’ont emporté quatre fois. Autrement dit, si certaines équipes fondent leur légende sur leur capacité à renverser des situations compromises, ce n’est pas le cas de celle de Domenech.
Année par année, les mauvais départs sont même de plus en plus difficiles à rattraper : les Bleus n’ont jamais été menés au score en six matches au deuxième semestre 2004, deux fois en 11 matches (18%) en 2005 (une victoire, un nul), quatre fois en 17 matches (24%) en 2006 (deux victoires, deux nuls), quatre fois en 12 matches (33%) en 2007 (deux nuls, deux défaites) et cinq fois en 11 matches (45%) en 2008 (une victoire, quatre défaites.)

On constate une augmentation régulière, chaque année, du nombre de matches où le score est ouvert par l’adversaire (sept fois sur les treize dernières rencontres) , ainsi que de la proportion de ces matches qui finissent par une défaite. Quatre fois seulement, les Bleus ont renversé le score : contre le Costa-Rica en 2005 (3-2), l’Espagne en 2006 (3-1), la Bosnie en 2006 (2-1) et la Suède en août dernier (3-2).

Le filet de Mandanda est-il trop bien garni ?

Steve Mandanda a encaissé contre la Serbie son sixième but en quatre sélections, dont trois comme titulaire. Combien de temps a-t-il fallu à ses principaux prédécesseurs pour encaisser leur sixième but ? Et où en étaient-ils à leur quatrième sélection ?

Joël Bats commence plutôt mal avec quatre buts pour ses deux premiers matches en tant que titulaire en 1983 (Danemark 1-3, Espagne 1-1). Puis il reste invaincu pendant sept rencontres, jusqu’à sa dixième sélection, au cours de laquelle il encaisse ses cinquième et sixième buts (Yougoslavie 1984, 3-2).

Après avoir débuté lors des cinq dernières minutes contre l’Allemagne en 1987, Bruno Martini encaisse quatre buts pour ses quatre premières titularisations en 1987-88 et son sixième but à son neuvième match contre la Hongrie en mars 1990 (3-1).

Bernard Lama encaisse deux buts au cours de ses quatre premiers matchs en tant que titulaire en 1993 (il ne joue que la deuxième mi- temps pour sa quatrième sélection contre la Russie), puis trois pour sa septième sélection contre Israël en 1993 (2-3). Ses sixième et septième but sont gracieusement offerts par Emil Kostadinov pour sa huitième sélection contre la Bulgarie en 1993 (1-2).

Fabien Barthez s’incline deux fois pour ses quatre premiers matches entre 1994 et 1996. Son sixième but arrive (accompagné du septième et du huitième) à son onzième match contre la Norvège en 1998 (3-3).

Grégory Coupet prend trois buts lors de ses quatre premiers matches entre 2001 et 2003. Il concède son sixième but à son onzième match contre la Suède en 2005 (1-1).

Les Slaves désunis sont meilleurs à prendre

Au temps de la grande équipe de Yougoslavie, les Bleus ont souffert plus souvent qu’à leur tour. En 25 matches, ils ont perdu dix fois, pour sept nuls et huit victoires. Contre cet adversaire particulièrement coriace et qui plus est, le dernier par ordre alphabétique (en attendant un match contre le Zimbabwe), les anciens ont des souvenirs cuisants comme lors d’un fameux barrage à Florence en 1949 (2-3) qui coûta une place à la coupe du monde au Brésil, ou à Lausanne en 1954 au premier tour de l’édition 1954. En 1960, les citoyens de Tito remontaient trois buts en trois minutes à une défense française à l’agonie (4-5) en demi-finale de la Coupe d’Europe des nations et en 1968 ils ridiculisèrent l’équipe de Bosquier et Djorkaeff (le père, Youri venant à peine de naître) en quart de finale de la même coupe des nations.

Si les résultats se sont nettement améliorés ensuite (les Bleus ayant évité les Yougoslaves pendant quinze ans), c’est contre les nations issues de la guerre de 1992-1995 que la France a vraiment pris le dessus. Une victoire contre la Serbie, trois victoires et un nul contre la Croatie, une victoire et un nul contre la Bosnie, trois victoires contre la Slovénie et une contre une sélection yougoslave qui ne comprenait déjà plus que des Serbes et des Monténégrins, en 2002.

A paraître le 25 octobre

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