Ligue des Nations, un premier bilan

Publié le 23 novembre 2018

Elle a donné lieu à des matchs de qualité, déprécié les rencontres amicales, a été prise au sérieux par les sélectionneurs et a fait tomber les trois premiers de la Coupe du monde. Ligue des Nations, saison un.

Maintenant que la phase qualificative de la Ligue des Nations, qui a occupé les sélections européennes pendant six journées depuis début septembre, est terminée, dressons-en un premier bilan.

Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, moi le premier, cette nouvelle compétition dont la formule ne ressemble pas à grand chose a pourtant été prise au sérieux par les sélectionneurs et a produit de nombreux matchs intéressants. Pour la Ligue A, qui ne comptait que des groupes de trois équipes, le suspens est resté entier jusqu’aux deux dernières journées de novembre. Les quatre vainqueurs de groupes, qui se rencontreront en juin 2019 lors d’un mini-tournoi à quatre calqué sur la première Coupe d’Europe des Nations en 1960, n’ont été connus que lors des journées 5 (Portugal) et 6 (Suisse, Angleterre et Pays-Bas). Avec des chocs passionnants comme ceux qui ont opposés l’Espagne à l’Angleterre (2-3), la Croatie à l’Espagne (3-2) et l’Angleterre à la Croatie (2-1), sans parler d’un incroyable Suisse-Belgique (5-2) et d’un très beau Allemagne-Pays-Bas (2-2).


 

Trois favoris sur quatre tombés, l’Allemagne reléguée

Hormis le Portugal, qui est sorti logiquement en tête d’un groupe à sa main (Italie et Pologne), les autres favoris sont tous tombés, que ce soit le champion du monde (France), le finaliste (Croatie) ou le troisième (Belgique). L’Angleterre a eu le mérite de terminer première (de justesse) dans le groupe le plus relevé qui l’opposait à l’Espagne et la Croatie, alors que les Diables Rouges sont retombés dans leurs travers alors qu’ils avaient un boulevard devant eux (Islande et Suisse).


 

La leçon à tirer de cette première édition, c’est qu’elle sanctionne les équipes qui sont allées loin dans la phase finale précédente, et qu’elle promeut des sélections en devenir, la Suisse étant l’exception qui confirme la règle. Si on ne regarde que la Ligue A, celle des 12 prétendants au titre, l’Allemagne, la Croatie, l’Islande et la Pologne sont reléguées alors que l’Ukraine, la Suède, la Bosnie et le Danemark sont promus.

Pour les Bleus, une décompression fatale

Ce qui était plus prévisible, c’était la difficulté pour les Bleus d’embrayer rapidement contre des adversaires de haut niveau à un moment où ils avaient surtout besoin de décompresser et de digérer leur titre mondial. Ça n’a pas raté : six matchs, trois victoires (par un but d’écart), deux nuls arrachés et une défaite indiscutable, pour sept buts marqués dont trois sur pénalty et six encaissés. Un bilan qui rappelle un peu celui de l’après Coupe du monde 1998, avec deux victoires (3-2 en Russie, 2-0 contre Andorre) et deux nuls (2-2 en Autriche, 1-1 en Islande).

Le comble, c’est que malgré ces prestations poussives, l’équipe de France est passée tout près d’une qualification pour le carré final de la Ligue des Nations qui aurait à coup sûr relancé la polémique sur la chance légendaire du sélectionneur. Mais le but de Van Dijk dans le temps additionnel à Gelsenkirchen a remis les pendules à l’heure. Objectivement, les Bleus ne méritaient pas de se qualifier.


 

La route de l’Euro 2020 passera-t-elle par l’Allemagne ?

Pour eux, il est désormais temps de se tourner vers l’Euro 2020, un tournoi autrement plus prestigieux que la Ligue des Nations. L’année 2019 devrait être entièrement consacrée à la phase qualificative, dont les groupes seront connus le 2 décembre lors du tirage au sort à Dublin. Ce qui exclut les matchs amicaux, sauf si la France tombe dans un groupe de cinq : dans ce cas, les deux dates de juin seraient libérées.

Pour autant, et malgré tout le respect et la tendresse que j’éprouve pour les rencontres amicales, les deux disputées par les Bleus cet automne ont apporté des arguments à ceux (comme à l’UEFA) qui souhaitent les voir disparaître : le 2-2 contre l’Islande à Guingamp et plus encore le 1-0 face à l’Uruguay à Saint-Denis, qui n’a servi strictement à rien, ont grandement souffert de la comparaison avec les deux aller-retour contre les Pays-Bas et l’Allemagne. Une Allemagne que l’équipe de France pourrait d’ailleurs retrouver l’an prochain, puisqu’elle est placée dans le pot numéro 2 et n’est donc pas tête de série. Et comme les deux derniers champions du monde se retrouvent chaque année sans exception depuis 2012…

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