Longue vie au comité central

Publié le 18 novembre 2010, mis à jour le 9 août 2017

Article initialement publié le 18 octobre 2007 sur le site des Cahiers du football.

Le premier ne perd jamais ou presque, le deuxième travaille plus pour gagner plus : Gallas-Thuram, c’est mieux qu’une assurance-vie.

Gallas, ton univers impitoyable

En cinquante-sept sélections, William Gallas a perdu autant de fois qu’il a marqué, c’est à dire deux. La première, c’était en février 2003 contre la République tchèque (0-2), où il était associé en défense centrale à Desailly, avec Thuram à droite et Bréchet à gauche. La deuxième, c’était en juin 2004 contre la Grèce (0-1) en quart de finale de l’Euro. Il jouait arrière droit, avec une défense centrale Thuram-Silvestre et Lizarazu côté gauche. C’était sa vingtième sélection. Depuis, le défenseur d’Arsenal a enchaîné trente-sept matches sans défaite, tous joués sous les ordres de Domenech.

La charnière centrale Thuram-Gallas, coulée dans le même métal que le modèle déposé Blanc-Desailly, ne compte pourtant que dix-huit sélections en commun : avant qu’elle ne se mette en place, Gallas avait dû jouer arrière droit (comme à l’époque de Santini), arrière gauche (où il a pu faire admirer son crochet intérieur pour se placer sur son pied droit avant de centrer) ou partager la défense centrale avec Desailly, Mickaël Silvestre, Squillaci ou Boumsong. Depuis le retour en sélection de Thuram, seul Abidal (une mi-temps face à l’Autriche) s’est intercalé. Inauguré contre le Mexique au printemps 2006, le duo n’a pas laissé grand chose aux attaquants adverses : cinq buts en dix-huit matches, dont deux seulement ont eu une incidence sur le résultat (à la Coupe du monde, contre la Corée du Sud et l’Italie, 1-1 à chaque fois).

Thuram a fait le trou

Certains le prédisaient lorsqu’il a gagné sa place de titulaire, à l’Euro 2000 à 24 ans et 26 matches joués : Patrick Vieira devrait un jour détenir le record de sélections en équipe de France. Sept ans plus tard, l’Interiste a dépassé Didier Deschamps et pointe désormais à la quatrième place du classement, derrière Zidane (108), Desailly (116) et Thuram (134). S’il est quasi certain qu’il ne fera qu’une bouchée du Maestro, probablement dès le printemps prochain, et de l’homme au portable d’ici la fin 2008, la quête du record est loin d’être assurée.

Tout d’abord parce que Thuram est toujours là, avec une avance confortable de 30 sélections. Sauf blessure, on peut présumer qu’il sera en Bleu jusqu’à l’été prochain, ce qui pourrait le mener aux environs de 145 capes. Il faudrait donc que Vieira, qui aura trente-deux ans en juin 2008, avale une trentaine de matches supplémentaires pour le dépasser, ce qui risque de prendre trois ans. Au-delà donc de l’horizon 2010 et de la Coupe du monde sud-africaine.

Son temps de passage aux 103 sélections est le meilleur des cinq joueurs « centenaires ». Deschamps avait huit mois de plus que lui, Thuram quinze, Zidane trente-quatre et Desailly trente-neuf. Mais, autant Vieira avait enchaîné une série record de 44 matches consécutifs entre 1999 et 2002, autant ces dernières années, les blessures ne l’ont pas épargné : absent 9 fois sur 14 en 2003, 4 fois sur 15 en 2004, 4 fois sur 11 en 2005 et 6 fois sur 10 cette année. En 2006, toutefois, il a participé aux 17 matches des Bleus. Autant dire que son grand gabarit, sollicité très tôt (il a débuté comme international à vingt ans), risque de coincer souvent dans les années à venir.

Derrière, le prochain « centenaire » sera Henry, peut-être en mars contre l’Angleterre. Mais c’est un attaquant, et il est peu probable qu’il joue encore en bleu au-delà de 2010. Après lui, Gallas semble le plus apte à s’approcher des cent sélections, mais il a déjà trente ans et à son âge, Thuram comptait 77 sélections (57 pour Gallas). Malouda (vingt-sept ans, 34 sélections) et surtout Ribéry (vingt-quatre ans, 23 sélections en dix-huit mois) ont eux aussi le temps d’engranger. Nasri (vingt ans, 5 sélections) et Benzema (dix-neuf ans, 6 sélections) sont partis fort également. Mais le record de Thuram devrait tenir longtemps.

Les états désunis

Nul besoin d’être nostalgique du bolchevisme pour constater que, au moins en foot, l’URSS c’était mieux avant. Depuis la disparition de la sélection soviétique et l’arrivée d’autant d’équipes nationales que de républiques indépendantes, rien de brillant n’est venu de l’Est, hormis une place en quart de finale obtenue par l’Ukraine l’an dernier à la Coupe du monde. Les résultats des Bleus contre les ex-républiques soviétiques confirment la tendance, un mois avant d’aller chercher un point en Ukraine.

Le dernier match de l’équipe de France contre l’URSS date de 1987. Face à l’équipe au maillot CCCP, les Bleus ont toujours souffert, comptant deux victoires (la dernière en 1972) pour quatre défaites et six nuls. Depuis l’éclatement de l’Union soviétique, les résultats sont bien meilleurs avec 13 victoires, deux défaites et trois nuls engrangés contre l’Ukraine (deux victoires et deux nuls), l’Arménie (trois victoires), l’Azerbaïdjan (deux victoires), la Géorgie (deux victoires) et la Lituanie (deux victoires). Seule la Russie, logiquement, a un bilan équilibré contre les Bleus, avec deux victoires, deux défaites et un nul. On pourrait ajouter à ce palmarès une victoire française contre la Lettonie, mais elle date de 1924, à l’époque où les pays baltes étaient indépendants de leur voisin soviétique.

A paraître le 25 octobre

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