Qui sont les 38 finalistes français en Coupe du monde ?

Publié le 25 février 2022 - Bruno Colombari

En 1998, 2006 et 2018, ils sont 60 à avoir figuré sur les feuilles de match à Saint-Denis, Berlin et Moscou, plus deux suspendus. Et 38 à avoir eu du temps de jeu, comme titulaire ou remplaçant. Voici le détail joueur par joueur.

Mise à jour d’un article initialement paru en janvier 2018.

Si tout se passe bien en décembre prochain, il faudra actualiser ce tableau au matin du 19 décembre, en y ajoutant quelques noms, puisque la majorité de ceux de 2018 y sera sans doute encore. Pour l’instant, ils sont 38 internationaux français à avoir disputé une finale de Coupe du monde. Les deux premières ayant eu lieu à huit ans d’intervalle, quatre joueurs ont participé aux deux (Barthez, Thuram, Vieira et Zidane) tandis que deux autres avaient suivi la première sur le banc et joué la seconde (Henry et Trezeguet). Soit 24 joueurs différents (14 en 1998 et 10 autres en 2006). En 2018, le renouvellement était complet : le seul cumulard était le sélectionneur, Didier Deschamps. Ce qui faisait 14 nouveaux finalistes, donc 38 en tout. Si les Bleus jouent la finale 2022, on peut imaginer que 8 d’entre eux auront déjà disputé celle de Moscou (Lloris, Pavard, Varane, Hernandez, Kanté, Pogba, Griezmann et Mbappé), auxquels s’ajouteraient sans doute 8 autres (avec cinq changements autorisés). Ce qui porterait le total de finalistes à 46 environ.

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Barthez et Thuram, les inamovibles

Le premier a détenu le record de sélections pour un gardien pendant près de 15 ans [1], le second est toujours titulaire de celui du nombre de matchs joués en équipe de France. Il était donc logique qu’on les retrouve tous deux en tête du nombre de minutes jouées en finale mondiale : 210 chacun, soit les 90 minutes contre le Brésil en 1998 et les 120 face à l’Italie en 2006.

Barthez a été parfait lors de la première finale, hormis une sortie aux poings aventureuse en deuxième mi-temps qui aurait pu coûter un but. Il a été plus en difficulté à Berlin, battu deux fois en première période sur des têtes de Materazzi (égalisation italienne) et Toni (repoussée par la barre). Avec le brassard de capitaine récupéré à la sortie de Zidane, il n’a rien pu faire lors de la séance des tirs au but, en encaissant cinq sur cinq.

Thuram aura fait deux énormes finales à deux postes différents. Contre le Brésil, il joue dans le couloir droit où il ne laisse rien passer et lance des contres ravageurs en première mi-temps. Face à l’Italie, il forme avec Gallas une charnière centrale redoutable contre laquelle Toni ne trouve pas de solution.

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Vieira et Zidane, la symphonie interrompue

Patrick Vieira aura connu la particularité de disputer deux finales mondiales, mais aucune en intégralité. Avec 70 minutes au compteur, il est même dans les huit Bleus qui ont passé le moins de temps sur le terrain. Contre le Brésil, il entre à un quart d’heure de la fin suite à l’expulsion de Desailly, et délivre une passe décisive à Petit lors de l’ultime contre français. Face à l’Italie, il est le meilleur bleu en première mi-temps mais abandonne dix minutes après la reprise, victime de contractures aux cuisses.

Zidane aura vécu lors de ses deux finales mondiales une sorte de concentré de sa carrière : trois buts improbables (deux de la tête sur corner, pas vraiment une spécialité française, et une panenka presque ratée), des actions de grande classe, et une sortie de route inexplicable, le douzième et ultime carton rouge de sa vie de footballeur professionnel. A dix minutes d’un éventuel deuxième sacre mondial.

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Sagnol, Gallas, Abidal, Makelele, Malouda : Berlin n’était pas mûr

Ces cinq-là ont également joué l’intégralité de la finale de 2006, et s’en sont globalement bien tirés. Si Eric Abidal et Florent Malouda ont semblé un peu tétanisés en première période, il faut mettre au crédit du premier d’avoir transformé un tir au but et au second d’avoir provoqué le pénalty. Sagnol a lui aussi marqué un tir au but et failli donner une passe décisive à Zidane en prolongation. Makelele a pour sa part bien contrôlé le milieu italien.

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Henry, Trezeguet : sur le banc quand il ne fallait pas

Avec Thuram, Barthez, Vieira et Zidane, ils font partie des six joueurs à avoir vécu les deux finales sur la feuille de match. Mais en 1998, Henry et Trezeguet sont restés sur le banc pour la seule fois de la compétition. Huit ans après, Henry est titulaire en pointe, mais ne réussit pas sa finale. Trop isolé devant, il se crée deux occasions nettes en début de deuxième mi-temps sans arriver à les convertir. Il sort juste avant l’expulsion de Zidane.

Le sort de Trezeguet est encore plus cruel. Domenech ne compte pas sur lui en 2006 et s’il remplace Ribéry après dix minutes de prolongations, c’est sans doute parce que le sélectionneur, superstitieux, espère refaire aux Italiens le coup de l’Euro 2000 (d’autant que Wiltord vient de remplacer Henry). David aura une occasion, une seule, quand Wiltord percera côté droit mais ne parviendra pas à redresser la trajectoire de son centre alors que Trezeguet arrivait seul devant Buffon. Et le tir au but du Turinois tapera le dessous de la barre avant de rebondir devant la ligne.

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Lloris, Varane, Pogba, Griezmann et Umtiti : la deuxième fois est la bonne

Si Hugo Lloris dispute sa troisième Coupe du monde en Russie, il joue sa deuxième finale, deux ans après celle perdue contre le Portugal à l’Euro. C’est également le cas de Paul Pogba, d’Antoine Griezmann (qui étaient tous deux présents au Brésil en 2014) et de Samuel Umtiti. Le cas de Raphaël Varane est un peu atypique, puisque s’il a joué la Coupe du monde 2014, il a manqué l’Euro 2016 et dispute donc sa première finale à Moscou.

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Guivarc’h, Ribéry, Hernandez, Pavard et Mbappé : les petits derniers

L’avant-centre d’Auxerre dispute face au Brésil sa 13e sélection seulement. Ce sera aussi l’avant-dernière, Roger Lemerre ne l’appelant qu’une seule fois pour une deuxième mi-temps amicale contre la Croatie, en novembre 1999. Franck Ribéry, lui, fait encore mieux puisque la finale de Berlin contre l’Italie n’est que son dixième match international. A 23 ans, il lui reste près de 8 années de carrière avec les Bleus. Lucas Hernandez et Benjamin Pavard ont 22 ans et seulement 12 sélections au compteur lors de la finale 2018, alors que Kylian Mbappé, qui a déjà porté 22 fois le maillot bleu, dispute sa première phase finale en A.

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Lizarazu, Lebœuf, Deschamps, Petit : l’occasion de leur vie

Trois de ces quatre-là seront encore dans la liste en 2002, Deschamps ayant mis un terme à sa carrière internationale après l’Euro 2000. Mais ils savent bien que le 12 juillet 1998, ils ont une occasion unique d’entrer dans l’histoire, et il ne faut pas la manquer. Des quatre, Franck Lebœuf est le moins attendu. Il remplace au pied levé Laurent Blanc, suspendu, et gère presque sans souci un Ronaldo très diminué. Manu Petit offre une passe décisive pour le premier but de Zidane, voit un tir du droit frôler le poteau de Taffarel et marque le troisième but qui est aussi le millième de l’histoire des Bleus. Chapeau.

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Djorkaeff, Desailly, Karembeu, Kanté, Matuidi, Giroud : sortis avant l’heure

Auteur d’une prestation très brouillonne, et averti par l’arbitre, Christian Karembeu est remplacé à la 57e minute par Alain Boghossian. un changement défensif alors que lors des matchs précédents, le Kanak sortait au profit de Thierry Henry plutôt. Marcel Desailly, lui, est victime de deux cartons jaunes à vingt minutes d’intervalle (48e et 68e), le premier pour contestation, le second pour un tacle sur Cafu au-delà de la ligne médiane. Enfin, Youri Djorkaeff sort pour compenser le recul de Petit en défense centrale, Patrick Vieira prenant sa place au milieu.

En 2018, si les sorties de Matuidi (pour Tolisso) et Giroud (pour Fekir) sont purement tactiques afin de préserver le score qui est alors de 4-2 pour les Bleus, celle de Kanté dix minutes après la pause n’était pas prévue et ressemble beaucoup à celle de Vieira en 2006, qui a eu lieu au même moment. Avec des causes (contractures pour Vieira, stress pour Kanté) et des conséquences différentes, puisque en 2018 la sortie du milieu défensif a été bénéfique.

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Boghossian, Dugarry, Diarra, Wiltord, Nzonzi, Tolisso, Fekir : entrants, pas décisifs

Les quatre premiers remplaçants (en plus de Vieira et Trezeguet) ont fait le job, sans plus. Deux d’entre eux, Alain Boghossian et Alou Diarra, ne pensaient certainement pas être de la fête : le premier, titulaire une fois sur les quatre premiers matchs, n’avait joué ni en quart ni en demi. Quant au second, son expérience en Coupe du monde se limitait à neuf minutes en fin de rencontre contre le Togo. Dugarry aura eu une balle de 3-0 à neuf minutes de la fin, gâchée devant Taffarel, tandis que Wiltord marquera son tir au but contre Buffon.

En 2018, on l’a dit, l’entrée de Nzonzi a rééquilibré le milieu de terrain français qui prenait l’eau avec un Kanté dépassé et hors de forme. Mais celles de Tolisso et de Fekir ont été neutres, à un moment du match (le dernier quart d’heure) où les Bleus s’appliquaient surtout à garder le ballon et à contenir les velléités croates.

Et les 24 qui n’ont pas joué

22 autres joueurs ont assisté à une finale mondiale depuis le banc de touche. Il s’agit des gardiens Bernard Lama, Lionel Charbonnier (1998), Grégory Coupet, Mickaël Landreau (2006) Steve Mandanda et Alphonse Areola (2018), des défenseurs Vincent Candela (1998), Gaël Givet, Jean-Alain Boumsong, Pascal Chimbonda, Mikaël Silvestre (2006) Djibril Sidibé, Adil Rami, Presnel Kimpembe et Benjamin Mendy (2018), des milieux Robert Pirès (1998), Vikash Dhorasoo (2006) et Thomas Lemar (2018) et des attaquants Bernard Diomède (1998), Sidney Govou (2006), Florian Thauvin et Ousmane Dembélé (2018). Deux autres joueurs étaient suspendus : Laurent Blanc (1998) et Louis Saha (2006).

Le tableau des 38 finalistes

Ils sont triés d’abord par nombre de finales jouées, puis par temps de jeu en finale, puis par nombre total de sélections. En gras, les joueurs encore en activité en 2022.

Joueur J
fin.
Temps
de jeu
finales
Temps
de jeu
1998
Temps
de jeu
2006
Temps
de jeu
2018
J
CM
Temps
de jeu
CM
total sel
Lilian Thuram 2 210 120 90 0 16 1524 142
Fabien Barthez 2 210 120 90 0  17 1614 87
Zinedine Zidane 2 200 90  110 0 12 1109 108
Patrick Vieira 2 70 15 55  0 12 941 107
William Gallas 1  120 0 120 0 10 930 84
Florent Malouda 1 120 0 120 0 9 655 80
Claude Makelele 1 120 0 120 0 8 750 71
Willy Sagnol 1 120 0 120 0 7 660 58
Eric Abidal 1 120 0 120 0 8 750 65
Thierry Henry 1 107 0 107 0 17 1168 123
Franck Ribéry 1 100 0 100 0 10 786 81
  Hugo Lloris 1 90 0 0 90 14 1260 136
Didier Deschamps 1 90 90 0 0 6 594 103
 Antoine Griezmann 1 90 0 0 90 12 866 102
Bixente Lizarazu 1 90 90 0 0 9 864 97
 Paul Pogba 1 90 0 0 90 11 805 89
 Raphaël Varane 1 90 0 0 90 12 1019 83
Emmanuel Petit 1 90 90 0 0 8 688 63
 Benjamin Pavard 1 90 0 0 90 6 540 42
 Kylian Mbappé 1 90 0 0 90 7 535 53
Franck Lebœuf 1 90 90 0 0 5 301 50
 Samuel Umtiti 1 90 0 0 90 6 540 31
 Lucas Hernandez 1 90 0 0 90 7 590 30
 Olivier Giroud 1 81 0 0 81 12 649 110
Youri Djorkaeff 1 75 75 0 0 9 657 82
 Blaise Matuidi 1 73 0 0 73 10 763 84
Marcel Desailly 1 68 68 0 0 10 932 116
Stéphane Guivarc’h 1  66 66 0 0 6 267 14
Alou Diarra 1 65 0 65 3 0 156 43
Christian Karembeu 1 57 57 0 0 4 243 53
 N’Golo Kanté 1 55 0 0 55 7 595 51
 Steven Nzonzi 1 35 0 0 35 5 141 20
Alain Boghossian 1 33 33 0 0 5 209 26
Christophe Dugarry 1 24 24 0 0 6 202 55
David Trezeguet 1 20 0 20 0 12 716 71
 Corentin Tolisso 1 17 0 0 17 5 195 28
Sylvain Wiltord 1 13 0 13 0 10 459 92
 Nabil Fekir 1 9 0 0 9 6 68 25
Voir le tableau des joueurs en Coupe du monde 

[1Il a dépassé celui de Bats (50 capes) en juin 2002, avant d’être dépassé par Lloris en juin 2017 (88 contre 87).

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