2017, un bilan en bleu (2/6) : le sélectionneur

Publié le 7 décembre 2017

Après Michel Hidalgo en 1981 et Raymond Domenech en 2009, Didier Deschamps est donc le troisième sélectionneur français à accéder à deux phases finale de Coupe du monde. Largement suffisant d’un point de vue comptable.

L’objectif de Didier Deschamps — qualification directe pour la Coupe du monde 2018, en évitant les barrages — a été atteint le 10 octobre, après une victoire poussive contre la Biélorussie, au terme du dixième match de qualification. Quelques jours plus tard, le sélectionneur est prolongé jusqu’en 2020. Tout va pour le mieux sur le meilleur des bancs.

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Et pourtant, l’année 2017 n’aura pas été le long fleuve tranquille qu’on aurait pu imaginer après les dix points sur douze glanés à l’automne précédent. Elle aura plutôt alterné le chaud et le froid, le séduisant en attaque et le préoccupant en défense, alors que le milieu n’est toujours pas stabilisé.

La grosse frayeur de juin

On a même cru, le soir du 9 juin au Friends Arena de Solna, que la chance légendaire du capitaine des Bleus de 1998 et 2000 avait tourné. Alors qu’il ne restait qu’une poignée de secondes à jouer, une ultime et hasardeuse relance au pied de Lloris retombait dans le rond central d’où Ola Toivonen ajustait une frappe chirurgicale en plein milieu de la cage française. A cet instant précis, les Bleus étaient deuxièmes de leur poule qualificative, avec en perspective un automne très compliqué et, sans doute, un nouveau barrage à négocier en novembre.

83 jours plus tard, à Saint-Denis, changement total de perspective. Face à des Néerlandais en bout de course, l’équipe de France souffre, reste longtemps à la portée d’un exploit de Robben, puis bénéficie de l’expulsion de Strootman à l’heure de jeu pour s’envoler (4-0) alors que dans le même temps, à Sofia, les Suédois se font piéger dans les dix dernières minutes (2-3). Et revoilà les Bleus sur le bon chemin de la qualification directe, qu’ils ne laisseront plus échapper malgré un saugrenu 0-0 contre le Luxembourg.

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D’un point de vue purement pragmatique, l’année 2017 est une réussite. Et dans le détail ?

Le 9 juin, après la défaite en Suède autant imputable à l’erreur technique de Lloris qu’à une stratégie trop prudente (avec un milieu Matuidi-Pogba-Sissoko), Deschamps évoquait un scénario catastrophe : « Quand on perd ça fait toujours mal, dans ces circonstances encore plus. On a eu des situations mais c’était un match assez fermé. On a eu deux ou trois occasions, mais quand on ne marque pas... je me serais contenté de ce match nul, malheureusement vous savez ce qui s’est passé. »

Des options plus ambitieuses, pas retenues

Vue la prestation du duo Mbappé-Dembélé quatre jours plus tard contre l’Angleterre, avec Kanté au milieu, on se dit qu’il y avait d’autres options possibles, plus ambitieuses, et qu’elles n’ont pas été retenues. La bouillie de match à Sofia le 7 octobre, après pourtant une entame réussie (but de Matuidi à la 3e), n’est pas plus rassurante, sauf si l’on s’en tient encore une fois au résultat sec (1-0 à l’extérieur).

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« On a très bien commencé, on a concédé une grosse occasion, c’est tout. On était plus laborieux après. On a usé de qualités morales. On doit faire mieux, garder le ballon. Il y a eu beaucoup de fautes et d’agressivité. On a répondu dans le combat. » Autant de valeurs sans doute utiles en phase de qualification, mais seront-elles suffisantes au premier tour de la Coupe du monde, quand il faudra faire le jeu face à l’Australie, le Pérou et le Danemark ? Sans même parler des matchs à élimination directe où le niveau montera brusquement.

Un groupe sous contrôle

Il faut toutefois faire crédit à Didier Deschamps de l’habileté avec laquelle il gère son groupe : retour de Steve Mandanda, émergence de Corentin Tolisso, débuts intéressants et inattendus de Benjamin Pavard, confiance renouvelée en Antoine Griezmann, imperméabilité face à la pression médiatique pour le retour en sélection de Karim Benzema, maitien sur le banc de Presnel Kimpembe et Alphonse Areola... D’autres s’y seraient cassé les dents, lui tient bon et assume ses choix.

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A ceux qui reprochent à l’actuel sélectionneur ses options plutôt minimalistes, il va falloir de la patience. Ou espérer que lors des cinq matchs amicaux préparatoires d’ici juin, une alternative plus ambitieuse soit mise en place, jouant prioritairement sur le point fort du groupe (l’attaque). Ce qui implique une prise de risque, mais n’est-ce pas le moment de la prendre ?

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