[869] France-Bulgarie (3-0) : et qui revoilà ?

Publié le 9 juin 2021 - Bruno Colombari

D’abord maladroits, les Bleus ont fini par administrer aux Bulgares le tarif habituel, celui estampillé Brésil 1998. Avec au passage un doublé du phénix grenoblois Olivier Giroud, qui vous donne bien le bonjour.

Le résultat était-il prévisible ?

Face à une sélection bulgare 71e au classement FIFA, derrière le Salvador et le Canada, les Bleus n’avaient a priori pas grand chose à redouter sinon un relâchement de concentration doublé d’un manque maximal de réussite. C’est ce qui a failli se passer au cours d’une première mi-temps joueuse mais inefficace au possible, avec en prime une sortie prématurée de Karim Benzema, victime d’une béquille à la cuisse apparemment sans gravité. Heureusement qu’Antoine Griezmann, jamais rassasié visiblement, avait converti en but un ballon repoussé dans la surface d’une jolie bicyclette déviée de la tête par Chochev. Il faudra toutefois attendre les dix dernières minutes pour que Giroud, très efficace, signe un doublé sur deux caviars délivrés de la droite par Pavard et de la gauche par Ben Yedder. 3-0, score logique.

L’équipe est-elle en progrès ?

A onze contre onze, mais avec un adversaire plus faible que le pays de Galles, les Bleus n’ont pas vraiment souffert. Mais ils ont péché par manque de réalisme devant, avec un nombre insuffisant de frappes de l’extérieur de la surface. Ils se sont perdus parfois dans un petit jeu qui venait buter sur la défense bulgare, et n’ont pas exploité au mieux les corners et autres coups de pied arrêtés. A l’Euro dans une semaine, les occasions seront sans doute moins nombreuses et il s’agira de régler la mire.

La complémentarité des trois du milieu n’a pas été flagrante et demande à être travaillée, même s’il n’est pas certain que Tolisso ait gagné sa place à Saint-Denis, d’autant qu’il est en reprise et ne pourra sans doute pas enchaîner des matchs à haute intensité tous les quatre jours. La défense a encore montré des signes de fébrilité, notamment un Raphaël Varane pas vraiment serein et coupable de trop de fautes qui pourraient lui valoir des avertissements et donc une suspension.

Côté offensif, la sortie prématurée de Benzema n’a pas permis de voir évoluer le trio titulaire sur la durée, mais le banc français — pourtant privé de Coman et Thuram dans ce secteur — est particulièrement riche. Comme en 2000 (avec Dugarry, Djorkaeff, Henry, Trezeguet, Wiltord et Anelka), ce sera évidemment le point fort de l’équipe de France à l’Euro. Dommage qu’il manque sans doute deux ou trois matchs pour affiner les automatismes.

Quels sont les joueurs en vue ?

C’est une fois de plus (la 37e) Antoine Griezmann qui a débloqué l’affaire d’un très joli retourné, et même s’il s’est montré inhabituellement maladroit sur corner, il a été omniprésent, allant même jusqu’à gratifier le public du SdF d’un tacle glissé plein d’autorité en première mi-temps.

Kylian Mbappé n’a pas marqué mais il aura beaucoup touché le ballon et tenté de combiner avec ses partenaires, parfois un peu trop, manquant de spontanéité et voulant un peu trop assurer ses frappes captées sans difficulté par Naumov. Il est sorti visiblement contrarié, alors que Giroud venait d’inscrire le deuxième but du match.

Olivier Giroud se doutait qu’il allait avoir du temps de jeu, mais pas aussi tôt. Il se crée une occasion d’entrée (44e) et disparaît un peu de la circulation en deuxième période, il est vrai très peu recherché par ses partenaires. Mais il finit en trombe avec un but au premier poteau sur un centre de Pavard, et un autre de près à la réception d’un service de Ben Yedder. Il est toujours là, et mérite de jouer.

Paul Pogba aura testé un peu tous les postes du milieu, même si sa complémentarité avec Tolisso n’a pas été flagrante. Mais jouer aux côtés de Kanté est extrêmement rassurant. Et encore, le nouveau champion d’Europe n’a pas tout bien fait, mais son volume de jeu est toujours phénoménal. S’il monte en puissance dans une semaine, on plaint sincèrement les Allemands.

Quels sont les joueurs en retrait ?

C’est la deuxième fois d’affilée que Lucas Hernandez sort à la mi-temps, ce qui pour un défenseur n’est jamais bon signe. Sera-t-il en mesure de jouer tout le match à Munich, contre l’essentiel de ses coéquipiers et dans un stade où il a ses repères ? Raphaël Varane a lui aussi déçu et devra sérieusement hausser son niveau de jeu à l’Euro.

Karim Benzema a encore joué de malchance malgré plusieurs occasions dans la première demi-heure, mais il a semblé souvent mal placé et peu inspiré dans ses décisions. Il sort touché à la cuisse droite, remplacé par Giroud comme c’était souvent le cas entre 2011 et 2015. Un but lui aurait fait du bien avant de commencer l’Euro, mais sans doute l’a-t-il trop cherché.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

La préparation raccourcie est terminée. Place désormais aux choses sérieuses. Avec un groupe très relevé composé du champion du monde 2014, du champion d’Europe 2016 et d’une équipe hongroise en progression qui jouera chez elle, les Bleus ne pourront pas s’offrir le luxe d’un premier tour en mode diesel comme ils l’avaient fait en 2016 et 2018. L’entrée en matière contre l’Allemagne mardi prochain donnera le ton. Mais une victoire initiale ne sera pas pour autant décisive : on se souvient de celle en trompe l’oeil de 2004 contre l’Angleterre qui n’avait pas empêché les Bleus de caler douze jours plus tard contre la Grèce.

On espère surtout que Benzema, Rabiot et Coman seront disponibles, les deux premiers en tant que titulaires, et le troisième comme remplaçant de luxe, à l’instar de Dembélé ou Giroud. Car c’est sans doute là que l’équipe de France la différence, par la richesse de son banc.

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