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Au révélateur de la compétition

Publié le 16 février 2014

Quel est le bilan des Bleus sur leurs 306 matches de compétition ? Une fois nettoyée de ses 468 rencontres amicales, l’histoire de l’équipe de France change d’aspect.

La période qui s’annonce va être pauvre en matches de compétition. Entre le France-Pays-Bas du 5 mars prochain et la dernière rencontre de préparation avant l’Euro 2016, les Bleus ne vont jouer qu’au maximum sept rencontres à enjeu, et encore s’ils atteignent les demi-finales au Brésil. Avant, il y aura eu quatre matches amicaux, et après une vingtaine de rencontres pour du beurre, parmi lesquelles dix matches disputés dans les cadres de la qualification pour l’Euro, mais qui n’auront pas le statut de compétition.

C’est donc l’occasion de regarder de plus près le bilan récent des Bleus lors des matches à enjeu. Nous allons comparer la période actuelle (depuis septembre 2006) avec les précédentes, et détailler les séries de victoires consécutives ou de matches sans défaite.

Les années pour du beurre

L’histoire des Bleus s’est longtemps jouée sur un mode amical : entre 1904 et 1949, l’équipe de France n’a disputé que 14 matches de compétition sur 186 disputés (7,5% du total). Sept de ces matches ont été joués en coupe du monde dont six en phase finale en Uruguay (1930), en Italie (1934) et en France (1938) et un en qualification (1934) et sept lors des Jeux olympiques de Londres (1908), Anvers (1920), Paris (1924) et Amsterdam (1928). Au total, cinq victoires et neuf défaites, et rien de mieux qu’un quart de finale mondial en 1938, perdu contre l’Italie.

A partir de la coupe du monde 1950, les choses changent. Entre septembre 1949 et l’été 1958, en moins de neuf ans donc, les Bleus jouent 19 matches de compétition sur 64. La proportion monte désormais à presque 30%. Le bilan est nettement meilleur, avec 12 victoires pour 3 nuls et 4 défaites. La coupe du monde 1958 et sa troisième place sont passées par là.

La création en 1960 d’une coupe d’Europe des Nations intercalée entre deux coupes du monde va donner un second coup d’accélérateur aux matches de compétition. Jusqu’en 1978, les Bleus jouent désormais 140 matches, dont 62 en compétition (44% du total). Le bilan se détériore par rapport au précédent : 27 victoires, 12 nuls et 23 défaites et rien de mieux qu’une demi-finale perdue en 1960.

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L’équipe qui ne gagnait jamais : Angleterre-France 1966.

Tout pour la compétition

A partir de 1980 se met en place un Euro à 8 participants, tandis que la coupe du monde passe de 16 à 24 pays. Entre l’été 1978 et la fin 1993, les Bleus jouent 78 fois en compétition sur 131 matches (59,5 % du total). Le bilan est brillant avec 44 victoires, 16 nuls et 18 défaites. Et au passage, un titre de champion d’Europe et deux demi-finales mondiales.

Enfin, l’Euro 1996 marque le passage à 16 équipes, tandis que la coupe du monde accueille 32 nations deux ans plus tard. Entre 1994 et 2006, les Bleus vont jouer 82 fois en compétition sur 165 matches (49,6%). Sur cette période, l’équipe de France est souveraine : 54 victoires, 22 nuls et seulement 6 défaites. Et un titre de champion du monde, un autre de champion d’Europe, deux coupes des confédérations et une finale mondiale.

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L’équipe qui gagnait tout : France-Brésil 1998

Depuis septembre 2006 et la défaite en Ecosse, les Bleus sont nettement rentrés dans le rang : 93 matches disputés dont 52 en compétition (56 % du total) et 27 victoires, 13 nuls et 12 défaites. Et rien de mieux à signaler qu’un quart de finale d’Euro en 2012.

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14 victoires, qui dit mieux ?

Venons-en maintenant aux séries de victoires consécutives. La plus impressionnante est celle qui va de septembre 2002 à juin 2004. Jacques Santini enchaîne ainsi huit rencontres qualificatives pour l’Euro, les cinq matches de la coupe des confédérations (à domicile, il est vrai) et le premier match de l’Euro au Portugal. Quatorze victoires de rang, un total qui sera très difficile à égaler.

Michel Platini avait pour sa part enchaîné dix victoires de rang en tant que sélectionneur entre octobre 1989 et novembre 1991, avec deux succès en qualification pour le Mondial 1990 (mais les Bleus étaient déjà éliminés) et huit autres en qualification pour l’Euro 1992.

En 1984, il avait fait presque aussi bien en tant que joueur, avec huit victoires d’affilée lors de l’Euro (cinq) et des qualifications pour le Mundial 1986 (trois).

Enfin, si on élargit cette étude aux périodes sans défaite, la plus longue s’étale sur quatre ans et demi, entre septembre 1994 et mars 1999 avec 27 matches dont 16 victoires. A noter toutefois que, les matches terminés aux tirs au but étant enregistrés comme des nuls, les Bleus en ont perdu un en 1996 contre la République tchèque et remportés deux contre les Pays-Bas (1996) et l’Italie (1998).

Raymond Domenech avait approché ce total avec une série d’invicibilité de 19 matches entre septembre 2004 et septembre 2006, tout comme Jacques Santini, puisque la série de 14 victoires de rang a été complétée par un nul (Croatie 2004) et une autre victoire (Suisse 2004).

Raymond Domenech encore (12 matches entre septembre 2008 et juin 2010) et Laurent Blanc (11 entre septembre 2010 et juin 2012) complètent le tableau.

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Didier Deschamps n’a quasiment aucune chance d’améliorer ces résultats, sauf s’il reste en place après l’Euro 2016. D’ici là, on l’a dit, il ne dirigera au maximum que 14 matches de compétition. Ajoutés à la victoire au retour contre l’Ukraine, ça pourrait faire dans l’idéal quinze victoires d’affilée. On peut toujours rêver.



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